Qu’est-ce qui déchaine les passions dans cette affaire ?
La dangerosité de l’ours ? sûrement pas, pas plus que celle du loup, du lynx du vautour fauve ou du Gypaète barbu...
Le chien errant à cet égard est autrement plus dévastateur ! (exemple : deux bergers allemands en goguette par une chaude nuit de juillet = 28 brebis mortes + 17 supplémentaires mordues, soit la plupart du temps irrécupérables Perte sèche : autour de 4300€)
Le fond du problème est que les éleveurs surchauffés par cette affaire, qui sont essentiellement des gens du cru, voient là dedans une ingérance insupportable à leurs yeux d’un ensemble de personnes qu’ils perçoivent comme des donneurs de leçons du genre « écolo-pantoufles » ou « écolo-j’ai tout lu sur le sujet » pour qui la réintroduction des espèces est un dogme, « parce que c’est bien » alors qu’eux mêmes se vivent comme les gardiens/utilisateurs du milieu naturel, au quotidien.
C’est à dire pas seulement l’été quand il fait beau, mais aussi quand il pleut, que la boue rentre partout ou que les fermes reculées sont coupées du monde une quinzaine de jours par la neige, et autres joyeusetés qui font si sympa et romantique au cinéma, mais quand on y est vraiment, c’est une autre paire de manches !
Imaginez l’état d’esprit de ces gens qui sont nés « à la terre », éduqués dans le culte du travail, physique, dur, à qui la société avait confié il y a trente ans encore, la noble mission de nourrir la population française et qui se sont aperçu petit à petit que leur production n’avait plus de valeur, ni pécuniaire, ni symbolique, maintenus sous perfusion financière de Bruxelles, et à qui l’on dit maintenant qu’ils doivent être les « Jardiniers du Paysage » !
Quelle déchéance morale ! Ils ne sont peut être pas toujours très fûtés dans leurs paroles, ils n’ont sûrement pas la manière politiquement correcte, mais à mon sens, ils méritent un certain respect.