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Commentaire de armand

sur John Cowper Powys, entre givre et sang.


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armand (---.---.41.1) 3 avril 2007 14:10

Nabe est aussi, hélas, le trait d’union d’un certain nombre de courants et d’individus, qui se caractérisent par leur antisémitisme obsessionnel. Ce qui n’enlève rien à la qualité de son écriture, ni à la justesse de ses traits de polémiste : j’ai apprécié tout particulièrement son « Quand Littel nique Angot », véritable charge contre le nombrilisme crade d’une grande partie de la littérature française contemporaine.

Mais le sujet de l’article est Powys : connaissez-vous, Thomas Roussot, son unique roman véritablement arthurien, ’Porius’ ? L’un des seuls à ne pas être traduit en français, essentiellement à cause de son épaisseur.

L’action se déroule au Pays de Galles en 499, lors d’une incursion des envahisseurs saxons. On y rencontre un prince breton féru de philosophie antique, qui déplore l’effacement de l’Empire romain au profit de barbaries celtiques, un Arthur nullement roi mais empereur, bien loin de l’image médiévale, un héros, guerrier breton romanisé qui aura une aventure avec une géante, et toute une méditation sur la confrontation entre paganisme et christianisme, entre peuples neufs et peuples anciens.Il y a surtout une méditation sur la nature du Mal, à ce titre, je me permets de citer un extrait, décrivant le visage du traître arthurien par excellence, ce Mordred ou Medrawd :

« (...) la lune avait éclairé pleinement le visage de l’homme (Medrawd), et, pour la première fois de sa vie il (Porius) connut l’authentique frisson de la terreur surnaturelle. l’expression sur le visage de Medrawd - et il n’avait jamais vu de visage plus beau - avait été absolument terrifiante ! L’homme avait un air que l’on ne devrait jamais voir, en raison de la nature inhérente des choses, sur le visage d’aucun homme né d’une femme ! Non pas que ce fut un air particulièrement cruel, encore moins qu’il ait paru spécialement sauvage. Ce n’était pas non plus un air de machination diabolique (...) Mais il crut appréhender sur le visage de Medrawd un air beaucoup plus inquiétant. ce n’était ni son intellect, ni son corps qui avait été frappé par ce qu’il avait vu : c’était son âme. Il avait ressenti le frisson de ce que l’on pourrait nommer une chair de poule psychique. Et il en éprouva comme une horrible sorte de pitié. »

Powys considérait ce roman comme son préféré.


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