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Inès Sextia Inès Sextia 8 décembre 2011 11:43

Étant donné le nombre de réactions qu’a suscitées cet article, je me permets - en tant qu’ auteure - de répondre sur quelques points qui ont été soulignés.


Je crains que dans 90% des cas, les commentaires manquent l’objet de cet article et donc l’objet du débat et se polarisent sur des vieilles lunes idéologiques : le débat du genre - vers une société asexuée ?, ou celui qui déchaîne les passions de l’opposition entre nature et culture (par quoi une fille parce qu’elle a des « nichons » est « naturellement », forcément attirée ?Par quoi un garçon parce qu’il a des « couilles » - je cite Gaspard de la nuit - est-il naturellement attiré ? etc). Je remercie en passant Élea qui, en citant le livre de Catherine Vidal, a eu le mérite de montrer la vacuité de ce débat du naturel/culturel.

Pour en revenir à l’article, je ne remets pas en cause le fait que les petites filles puissent avoir envie de jouer à la poupée, et les petits garçons aux voitures, je n’ai rien contre ça. Il ne s’agit pas non plus d’ « assexuer » les gens et de dire qu’il n’y a plus de filles et plus de garçons, et que les petits garçons devraient « avoir des rubans dans les cheveux » ! Bon sang, arrêtez de vous caricaturer vous-mêmes !!!!! 

Au risque d’en décevoir certains, je ne suis pas une féministe acharnée à la « scum manifesto », mais simplement une citoyenne engagée, qui essaie un minimum de garder les yeux ouverts et l’esprit critique. 
Je cherchais simplement dans cet article à montrer la contradiction des différents discours dans l’espace public : discours politique vs discours marketing, représentation sociale vs réalité sociale. À travers l’exemple de ce catalogue de jouets, il s’agissait en effet de dénoncer le conditionnement des imaginaires, les clichés qui continuent d’alimenter les imaginaires sociaux et qui proposent une représentation caricaturale et faussée de la réalité, représentation où filles comme garçons sont confinés à des espaces (domestiques pour les filles et publics pour les garçons) et à des rôles sociaux qui ne correspondent plus - ou en tous cas plus vraiment - à la réalité des faits en ce début de XXIème siècle. 

Et je persiste et je signe, il n’y a aucune autre raison, si ce n’est l’idéologie et la caricature, pour que les legos et les jeux de construction soient présentés uniquement dans la section garçon. Je ne vois pas pourquoi une petite fille n’y aurait pas droit, et pourquoi à elle on lui propose seulement de faire des cup cakes en guise de jeux d’éveil.
Si à travers cet exemple, vous ne voyez pas l’implication idéologique (garçons= construction= habiter le monde/filles=cuisine=rester dans son espace domestique) qu’il y a derrière, c’est que vous êtes vous-mêmes aveuglés par vos propres représentations ou que celles proposées par le catalogue entretiennent et valident les vôtres !

Je remarque d’ailleurs - et ce n’est pas un hasard - que l’article a suscité une volée de bois vert du côté des internautes masculins qui y ont tout de suite vu une attaque féministe, et qui malheureusement dans leurs commentaires ont montré la persistance des clichés que je cherchais à dénoncer... 
Parler comme Aldous ou Oncle Archibald de « pouvoir social et culturel » et de « l’influence politique des femmes » quand elles s’occupent des enfants... en dit long sur leur vision patriarcal de la société, sans parler du commentaire d’Éric qui nous offre un superbe exemple d’éloge-dithyrambe machiste autour de l’« héritage latin », le retour des vrais mâles (à poil au torse ?) et des vraies filles (en jupe et frisettes ?)... Ca donne envie de verser une larme, de rire ou de tristesse, je ne sais pas...

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