Que voulez vous, rien n’est ni tout noir ni tout blanc. Les chinois le savent et se moquent bien de notre définition du « bien » et du « mal » : un concept pour eux très bizarre car rien ne peut être que bon ou que mauvais.
Pour la Chine il en est pareil :
Avant même d’être un problème économique (et le problème dont vous parlez est réel), la gréve en question est le message de paysan qui signalent qu’ils en ont marre de se faire fister à chaque fois qu’ils ont un conflit avec plus gros qu’eux. Si leurs terres avaient été payées avec un juste prix ou tout au moins que la procédure d’expropriation avait été transparente, ces gens la ne se seraient probablement pas révoltés. Lorsqu’au contraire ils ont l’impression qu’ils se sont fait flouer parce qu’ils n’ont pas pu payer un pot de vin au maire, ils sont furieux. Cela se comprend.
Ce qui manque en Chine, c’est un système judiciaire capable de faire appliquer des lois écrites qui soient identiques pour tous. Paradoxalement cela renforcerait le pouvoir central et permettrait de réduire considérablement la corruption. Mais cela montrerait aussi au chinois moyen qu’il a des droits et que l’état lui garantit ses droits y compris face à des fonctionnaires véreux. Cela améliorerait beaucoup la stabilité du pays et la confiance dans ses dirigeants. Mais il semble dixit les chinois avec qui j’en ai discuté qu’il soit très difficile de faire une telle réforme car beaucoup de mauvaises habitudes et qu’il faudrait beaucoup d’énergie pour imposer un tel changement. Or, les grands noms de la politique chinoise comme Mao (qui quoi que l’on en penses ici est encore respecté la bas) et Deng Xiaoping (qui a pu lancer des réformes ambitieuses à lui tout seul) ne sont plus la. Parmis les dirigeants actuels, aucun ne semble avoir l’aura nécéssaire pour entrainer le pays dans cette réforme nécéssaire. Et la situation ne semble pas assez grave pour qu’il puisse l’imposer.
Car souvent c’est la nécéssité qui fait les réformes dans ce pays. Lorsque Deng a souhaité réintroduire le capitalisme, il avait une forte opposition face à lui. Mais le pays était tellement dans la merde que l’opposition l’a accepté. Paradoxalement la prospérité actuelle nuit aux réformes. Et c’est dommage car cela a si bien commençé !
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