Tout d’abord, encore une fois, rendons hommage à ceux et à celles qui sont tombés pour que nous ayons une vie meilleure. Remercions aussi (encore une fois) l’auteure d’avoir eu le courage d’écrire sur un sujet qui n’intéresse quasiment personne, sauf, des gens comme moi. Remercions aussi l’auteure, par son récit qui se veut truculent, de nous enseigner l’humilité dans ce monde de vanité !
Ensuite, essayons de remettre de l’ordre dans tout cela. La guerre, qu’elle soit justifiée, justifiable ou non, tente toujours de répondre à des objectifs qui n’ont aucun lien avec la guerre elle-même : maîtrise de sources d’approvisionnement, de marchés ou de technologies. Peu importe qui a tort ou raison : ce n’est pas le sujet.
Puis, ne refaisons pas l’Histoire, mais, tentons de rapporter quelques informations factuelles et scientifiques. Bien entendu, j’aurais très bien pu me tromper.
Ainsi,
concernant la Bataille de Stalingrad, considérons d’abord le front
russe (ou de l’Est) dans son ensemble :
1- Sur le
plan militaire :
plus de 600 divisions allemandes
engagées (environ 200 à l’Ouest) et vaincues
Les meilleures
troupes du monde de l’époque (avis personnel) : les Waffen
SS
2- Sur le plan technologique :
Le
meilleur char d’assaut du monde de l’époque (à vérifier !) :
le T34 soviétique
La meilleure technologie militaire
conventionnelle terrestre du monde (avis personnel) :
lance-roquettes multiples plus connu sous les termes affectueux de
« katioucha » et ironique de « orgues de
Staline »
Un des tous premiers avions de combat utilisant
des missiles : l’Ilyouchine 2 Sturmovik
(on dit qu’il est l’avion
de combat le plus produit de tous les temps)
3- Sur
le plan politique :
Haine des Nazis pour le peuple
slave et le bolchevisme
Stalingrad : ville symbole
4-
Sur le plan géostratégique :
Soit les produits
stratégiques suivants :
Agriculture : Grenier à
blé du monde = Ukraine
Pétrole : champs pétrolifères
de Bakou, raffineries de Roumanie (c’est un peu à l’Ouest,
certes)
Métaux : Mines de fer et de manganèse
d’Oural (c’est un peu au Nord-Est, certes)
Certains
faits historiques (oui, je sais, tout le monde connaît !) :
22
juin 1941 : opération Barbarossa (invasion de l’URSS)
décembre
1941 : fin du mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht
devant Moscou (Thank you Soviet
Union !)
vers fin 1942 : le début d’une
série de défaites allemandes
Octobre 1942 à février 1943 :
Stalingrad
juillet à août 1943 : Koursk, opération
Zitadelle, la plus grande bataille
de blindés que le monde ait connu (7000 chars, près de 5000 avions,
près de 3 millions de personnes engagés) qui marquera
irréversiblement la fin de l’initiative allemande à l’Est
Que
dire de Stalingrad ?
Si je devais décider à la
place des nazis, c’est justement la prise de Stalingrad qui serait
un de mes objectifs les plus importants. En cas de succès, ce
serait :
1- une victoire politique (le symbole)
2-
une victoire militaire (prise d’une position stratégique et
formation d’une tête de pont au-delà de la Volga)
3- une
victoire stratégique (sécurisation de l’Ukraine, de Bakou,
etc.)
4- une victoire psychologique (moral des troupes de
part et d’autre et de la population)
Par
ailleurs, j’en profite pour dire que contrairement à ce qu’on a
toujours fait croire, depuis fin 1942, l’Union Soviétique pouvait
sans problème ‒après 1943 en tous cas‒ défaire l’armée
nazie sans l’aide de qui que ce soit. Tout comme chacun sait que le
pacte germano-soviétique n’avait qu’un seul objectif :
gagner du temps. Pas besoin d’être intelligent pour comprendre que
si on est un slave bolchevique détesté par les nazis, on se fera
attaquer un jour ou l’autre, surtout, si on a éliminé ses propres
généraux, donc, il est urgent de gagner du temps.
De même
contrairement à ce que certains voulurent nous faire croire dans ces
commentaires, les Américains n’auraient jamais débarqué en
Normandie s’ils n’avaient pas eu peur que les Soviétiques ne
s’emparent des secrets industriels allemands (technologie des
fusées, recherches sur l’eau lourde, technologie aéronautique,
technologie chimique, etc.) et ne transforment toute l’Europe en
satellites du communisme (fin de l’économie de marché, entre
autres). En d’autres termes, s’ils pouvaient ne jamais débarquer
en Europe, les Américains ne l’auraient jamais fait. En effets, si
j’étais à la place des Américains, je ferais tout pour que
l’Allemagne nazie et l’Union soviétique s’entre-tuent :
je reste et j’attends parce que cela me coûterait moins cher quand
j’aurais à intervenir. L’URSS ne cessa pas de demander un
débarquement à l’Ouest qu’elle n’obtint que par défaut
(c’est-à-dire, quand les Américains furent, par intérêt,
contraints de débarquer). Quand les Américains se rendirent compte
que les Soviétiques n’avaient plus besoin d’eux en termes
d’autonomie militaire, ils se dépêchèrent de débarquer (Sicile,
Normandie) : pragmatisme oblige. C’est ce que je ferais si
j’étais les USA, en tous cas.
Enfin, que nous le voulons ou non, nous devons notre tranquillité à ce moment, résumé dans un seul mot : Stalingrad.
@Agfia :
J’aime
la façon dont vous essayez de présenter les choses : précision
historique (peu connue du public) avec quelques anecdotes qui nous
font réfléchir. Certains commentaires m’ont paru très pertinents
et ont enrichi l’article, d’autres nécessitent plus de
précisions. Je reconnais que mon piètre commentaire ferait
sourire.
J’oubliais ! J’adore « Jeannot, le
lapin »... J’aimerais bien le revoir.
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