• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


Vipère Vipère 23 février 2014 10:33


Bonjour à tous

On a fait les comptes : en proportion de leur capacité contributive, les pauvres payent plus d’impôts que les riches. Avec la surtaxe de 75% sur les « travailleurs » millionnaires (cherchez l’erreur), le lobby des riches s’est déchaîné, hurlant au prélèvement « confiscatoire ». Enfumage garanti. Les riches en veulent toujours plus (sinon ils ne seraient pas riches). Alors ils regardent les taux d’imposition qui s’appliquent à la partie très supérieure de leurs revenus (taux marginaux) mais non à la totalité (taux moyens). En pratique, le taux marginal supérieur de l’impôt sur le revenu ne s’applique jamais à la totalité du revenu. de plus, ce barème s’applique essentiellement aux revenus du travail, mais pas aux revenus du capital, dont plus de 80% échappe au droit commun de l’impôt progressif. Or, ces revenus du capital représentent l’essentiel des très hauts revenus (plus de la moitié des revenus pour le centième le plus riche de la population). Bonus spécial nantis : les multiples réductions d’impôts existantes (les « niches fiscales ») diminuent considérablement leur progressivité. Pour le centième le plus riche, 30% de l’impôt passe ainsi à la trappe. Bref, l"impôt sur le revenu est un véritable panier percé et les trous s’élargissent bien plus vite que n’augmentent les revenus. Conséquence, le poids de l’impôt est trois à quatre fois plus faible que dans les autres pays européens. Les autres impôts (TVA, CSG, taxes locales…) pèsent bien plus lourd… et surtout sur les pauvres. Résultat : tous impôts confondus (y compris l’ISF et les droits de succession), le taux moyen d’imposition varie de 23% pour les plus bas revenus à 32% pour les mieux lotis. Et il ne dépasse guère un tiers de revenus, même pour les deux cent happy few (caste d’heureux privilégiés) qui doivent chaque mois se creuser les méninges pour boucler leur budget avec à peine plus de 2 millions d’euros (25 millions par an en moyenne). Les taux grimpent un peu avec le revenu, alors tout va bien ? Pas vraiment. Car prendre un tiers de ses revenus à un multimillionnaire, c’est éponger un peu de superflu, tandis que prendre un quart de ses revenus à un smicard, c’est mordre sur le nécessaire. Pour comparer les efforts de l’un et de l’autre, il est plus pertinent de comparer les impôts payés à la capacité contributive des contribuables, c’est-à-dire au revenu qui reste une fois satisfaites les dépenses les plus nécessaires. C’est la bonne vieille idée selon laquelle l’impôt devrait frapper le superflu et non le nécessaire. En fixant le montant de ces ressources nécessaires au niveau des seuils usuels de pauvreté, on constate que l’effort contributif (impôts/capacité contributive) diminue à mesure que l’on grimpe dans l’échelle des revenus *. Il passe de plus de 50% pour les plus bas revenus à moins de 35% pour le centième le plus riche. Une paille ! Avec la défunte surtaxe de 75% sur les « travailleurs » millionnaires, l’effort contributif du millième de la population la plus riche aurait simplement rejoint celui du cinquième de la population la plus pauvre. Juste l’occasion d’offrir aux riches un séjour (temporaire) au pays de la fiscalité réelle. pas de quoi en faire un exil nerveux. Petit rappel. Il y a vingt-cinq ans, le camarade Raymond Barre avait décidé de geler les plus hautes rémunérations pour deux ans. A quel niveau avait-il fixé le seuil ? A environ seize smics, soit cinq fois moins que les 75 smics annuels qui servent aujourd’hui de référence à notre président normal. No comment. * une mesure de l’effort contributif, Document de travail IRES N°01-2013

 


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès