Passons sur l’effet d’annonce évident, et sur les droits inexistants des saoudiennes. Ce robot a le mérite d’inciter à un certain nombre de réflexions.
Tout d’abord, il faut comprendre que l’IA n’en n’est qu’à ses balbutiements. Actuellement, on ne sait pas modéliser un réseau de neurone équivalent à celui d’un être humain. Les chercheurs les plus optimistes estiment que cela sera possible dans 20 ans. A mon avis, il faudra bien attendre le double, en général ça fonctionne comme ça avec la recherche. Les IA que l’on nous présente actuellement sont des machines, dédiées à des tâches spécifiques, souvent bien plus performantes que les humains, mais ça reste des machines.
Ensuite, il faut bien comprendre que la vitesse de l’évolution des technologies est immense. Alors que l’être humain, lui, stagne depuis des millénaires. Les nombre premiers sont connus depuis 20 000 ans, les babyloniens extrayaient des racines carrées à l’école 2000 ans avant JC. L’humain moyen actuel est plus préoccupé par le programme télévisé que par la logique. Dit autrement, on va probablement se faire dépasser à un moment ou a un autre, sauf si une guerre où des limitations politiques entrent en jeu.
Dernier point mais pas des moindres, la définition d’un être pensant et les droits qui lui sont associés. Aujourd’hui, on ne sait pas, on n’y a pas réfléchit. Mais il est compliqué (voire impossible) de trouver un ensemble de caractéristiques partagées par les humains qu’une IA ne pourrait pas développer.
L’empathie ?
2% des humains possèdent une version différente d’un gène et n’éprouvent aucune forme d’empathie. La logique ? On sera dépassé, et certains déficients mentaux en sont dépourvus. Les sentiments ? Des bouffées d’hormones qui pourront facilement être modélisées. La conscience de soi ? Une IA est capable d’apprendre son propre fonctionnement et de le modifier. Même les programmes actuels, c’est le b.a.ba. Une âme, un esprit ? Aucune définition expérimentale n’existe de ces mots là, le test de Turing est là pour nous le rappeler.
L’auteur, qui ose appeler un programme qui a coûté plusieurs milliards d’euros et des dizaines de milliers d’heures de travail « un grille pain », outre son manque de respect envers les humains qui ont construit ce robot fantastique, montre quelque chose d’essentiel. Que l’humain moyen n’est pas guidé par la logique, le respect des autres ou l’empathie. Qu’il a une haute opinion de lui même et qu’il a tendance à moquer - critiquer - vouloir détruire - tout ce qui est différent de lui et qu’il ne comprend pas.