Ce qui se passe en Libye sont des crimes contre l’humanité. Quand des victimes de crimes contre l’humanité survivent à leurs bourreaux, la logique voudrait qu’ils soient accueillis avec bienveillance, et que chacune de ces victimes soit accompagnée vers un dépôt de plainte. Pour ce qui se passe en Libye, ce n’est jamais le cas.
L’esclavage des personnes sub sahariennes existe effectivement depuis très longtemps en Libye, et, à mon avis, il n’a jamais cessé (sinon il n’aurait pas pu se développer si facilement ces dernières années). Ce n’est pas une raison pour considérer ça comme normal aujourd’hui !
Outre sa très grande violence, cet esclavage a une autre caractéristique : il est absolument exclu de prendre le risque que les victimes restent sur place ; c’est pour cela que, après exploitation, les personnes sont éliminées ou placées dans des bateaux pourris (une autre façon d’éliminer). Au crime de l’esclavage, c’est à dire la traite des être humains, il convient d’ajouter une démarche génocidaire.
Ce dont personne ne parle, c’est des réseaux très actifs qui recrutent les futures victimes en Afrique sub saharienne. C’est un véritable business, extrêmement lucratif ; tant qu’il y aura moyen de s’enrichir rapidement et sans grand risque par ce moyen là, le trafic continuera. Ce trafic finance très largement les différents groupes armés qui sévissent en Afrique.
Bizarrement les médias montrent parfois les pick-up surchargés de « migrants » roulant à vive allure vers le nord... OUVREZ LES YEUX ! Ces êtres humains, serrés comme des sardines, c’est un lot d’esclaves, acheté à Agadès ou ailleurs, grâce à un simple texto ! Et l’histoire ne dit jamais ce que transportent les véhicules au retour (des caisses d’armes ? du carburant ?).
Pour que ce trafic cesse, il faudrait d’abord cesser de traiter les personnes victimes de ces systèmes maffieux comme s’ils étaient coupables de ce qui leur arrive ; il faudrait qu’ils puissent déposer des plaintes, même s’ils ne sont plus en Libye (et pas qu’on rigole si ils essayent). Tant qu’il n’y a aucune reconnaissance du statut de victimes, on ne peut pas agir contre les bourreaux ! Et tant qu’on n’agit pas contre les bourreaux, le système continuera à se développer, comme un cancer.
Hormis ceux qui tirent des bénéfices substantiels de ces trafics maffieux, personne n’a intérêt à voir se développer à notre porte une telle abomination. Étrangement, pour résoudre le « problème », l’Europe fait le choix de maltraiter à son tour les victimes, et de subventionner les pays des bourreaux pour qu’ils gardent bien les victimes chez eux. J’ai beau chercher, je ne trouve aucune justification rationnelle à ce comportement.Pourquoi ne pas consacrer ces sommes à organiser la défense des victimes ?
Les traités internationaux concernant la traite des être humains existent, et la France les a signé. Pourquoi ne pas les appliquer, tout simplement ?
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