Je réponds ici à différentes remarques et critiques , que j’ai, avec plaisir, trouvées constructives.
Pourquoi proposer de racheter les peines des 6 Français ?
Parce que :
1. Les mois qu’ils viennent de passer dans l’angoisse devrait leur avoir permis de réfléchir à leurs excès. De plus, s’ils étaient hors de prison, ce serait alors plus facile pour les familles en demande d’un enfant à adopter de mener leurs actions en justice contre l’arche de Zoé. Et là, le procès français ne serait pas politique. (je suis en total désaccord avec le commentaire qui place ces familles comme ayant une part de culpabilité dans ce drame : il s’agit de couples qui demeurent pour moi des modèles de générosité et de courage. Ce sont des personnes qui ont décidé d’adopter un enfant qui a peut-être vu un massacre se dérouler devant ses yeux n’est pas anodin)
2. Justement, mon argument principal est que c’est en partie la France qui a été jugée lors de ce procès, et non ces 6 personnes, que par ailleurs, je trouve très fautives. Mais ce n’est pas mon jugement qui compte, mais celui d’une Justice impartiale.
3. La France profite économiquement de toute cette mainmise sur les pays africains-anciennes colonies (mainmise qu’elle perd peu à peu, et c’est heureux à mon avis), dont elle a joui pendant de nombreuses années pour défendre ses intérêts. Pendant que nos médias critiquaient la politique internationale des Etats-Unis depuis une quinzaine d’années, qui entendait parler des méfaits commis au nom de la France dans ces pays ?
C’est sur ce plan que les commentaires ont été les plus tranchants et les plus opposés à mon article et je le comprends. Je persiste et signe : notre pays a dans son ensemble profité de cet aveuglement de notre information nationale. L’opinion publique française commence tout juste à comprendre que nous ne sommes pas tant que ça les bienvenus en Afrique. On va nous faire gober que c’est à cause du passé de la colonisation et aussi de notre condescendance (l’émission « C dans l’air » du 3 janvier a rappelé qu’en Afrique nous sommes appelés les « donneurs de leçons ») Mais le système appelé « Françafrique » est encore trop méconnu du grand public : Parce que, dans un certain nombre de cas, nous avons maintenu notre influence avec des procédés anti-démocratiques, nous sommes haïs. Or, tout comme les Américains, nous l’avons fait pour l’argent. Pour moi, donc, l’aveuglement français a une part de responsabilité.
Je rappelle d’ailleurs que de nombreux Français ont pensé après le 11 septembre 2001 que l’aveuglement de l’opinion publique américaine sur les agissements des Etats-Unis dans le monde en expliquait en partie les attentats. Pourquoi ne pas s’appliquer cette théorie à nous-mêmes ?
En outre, oui, je parle d’argent, et pourtant je pense bien sûr qu’aucune valeur ne s’achète. Ce n’est pas un paradoxe car je dis d’abord que c’est la relation qui compte. C’est dans le cadre de relations plus justes que je parle d’argent. Sinon, effectivement, utiliser l’argent est néfaste. Mais lorsque c’est fait avec respect, alors l’échange d’argent devient responsabilité, et pour celui qui le donne, et pour celui qui le reçoit. Ainsi,je trouverais intéressant qu’une fois que la France ait payé, elle se pose la question de « comment faire pour que des Français ne commettent plus ces horreurs et ces stupidités ? »
Mais je n’ai fait ici que poser cette question - n’ayant pas de chance de se poser réellement dans un débat national - pour apporter un argument politique à une réflexion sur la place et le comportement de la France en Afrique.
Enfin dans cet article, mon idée fondamentale est surtout celle-là : Notre histoire « partagée » est trop mal connue. Prenons le temps de la regarder ensemble.
L’auteur, G. Desrosiers .
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