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Les jumelles et la diversité selon Yazid Sabeg

Voila quatre petites Allemandes qui bien que deux fois jumelles ont la particularité d’être différemment pigmentées car la mère est germanique et le père d’origine ghanéenne. Si jamais un jour s’applique en Allemagne les propositions faites par notre nouveau Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances et que la déclaration d’appartenance à une minorité se fait sur base volontaire, nous risquons d’avoir dans la même famille : une blanche et une noire qui se considèrent comme telles, une blanche qui se croit noire et une noire qui se prend pour une blanche.

Certes, il s’agit d’une exception, mais elle montre les limites de l’auto déclaration et les conséquences qui peuvent découler de ce genre d’initiative dans un pays où le métissage est de plus en plus important numériquement.

Deux articles sur Agoravox ont repris le thème des jumelles sans toutefois aborder son aspect clivant à l’intérieur des familles. Celui assez ancien de Luc, du 11 juillet 2006 et celui plus récent d’Allain Jules du 9 janvier 2009. 

Si l’on suit le raisonnement de M. Yazid Sabeg, l’auto déclaration et la photo de groupe en entreprise, permettraient aux minorités visibles de s’affirmer et de faire face aux discriminations. Le CV anonyme est une autre piste pour mette à mal les velléités racistes et discriminatoires des chefs d’entreprises. On peut rêver, mais ce n’est pas ce type de mesures qui arrivera à permettre un meilleur accès à l’embauche aux postulants à un emploi.

Reprenons point par point ses trois propositions :

 L’auto déclaration que l’on peut qualifier de fausse bonne idée amène plus de problèmes que de solutions pratiques. En effet, pour rester dans le cadre républicain, démocratique et constitutionnel, on ne peut demander à certains citoyens et pas à d’autres, ou mêmes à des résidents étrangers de se déclarer appartenir à une minorité (dont il faut encore définir les critères). Il faudrait que chacun sur le territoire français puisse déclarer ou non s’il souhaite être membre de telle ou telle minorité.

Comment définir une minorité ? Noir ou Africain, Antillais, Mélanésien ? Arabe, Maghrébin ou Moyen-oriental ? Sous continent indien (Pakistanais, Indien, Sri lankais, Bengali ? Jaunes ou Chinois, Lao, Khmer, Vietnamien ?

Et pour ces catégories, doit-on introduire des sous-catégories, comme Antillais ou Réunionnais d’origine indienne, où vont se mettre les Kabyles, les Kurdes qui refuseront d’être classifiés comme une sous-catégorie de Turcs !

A moins d’accepter l’auto déclaration dans plusieurs catégories, ce qui ne résoudra pas tout, se posera ensuite la question des métis. Car s’il s’agit de ressenti, les familles seront souvent divisées, sans considérer uniquement les jumelles « discordantes » de l’exemple allemand. Aux Etats-Unis, l’affirmative action a incité un certain nombre de latinos ayant vaguement un ancêtre noir à se déclarer afro-américain dans l’espoir d’obtenir des avantages qui n’étaient pas accordés aux minorités hispaniques. L’affirmative action a ainsi entraîné la sélection de treize astronautes, car le candidat noir ayant fini treizième aux sélections pour dix places, la NASA n’a pas voulu éliminer les trois qui étaient mieux placés (cf. l’Etoffe des Héros de Tom Wolfe).

Ensuite se pose la question délicate de la visibilité. A partir de quel moment devient-on visible ? Quel degré de métissage et de dilution ethnique est-il acceptable ? Il faut se souvenir que les descendants de Thomas Jefferson, le président américain ayant eu des enfants avec une esclave noire, se sont retrouvés au bout de deux ou trois générations avec des frères et des cousins noirs et d’autres blancs tant du fait de leur pigmentation cutanée que de leur mise dans une catégorie par l’administration américaine. (cf. le livre La Virginienne de Barbara Chase-Riboud)

Question encore de visibilité : le juif est-il visible ? Quand ils ne l’étaient pas assez, certains ont eu l’idée de leur faire porter l’étoile (certes sur une base qui n’avait rien du volontariat). Et le régime de Vichy a organisé une exposition sur le thème : comment reconnaître un juif avec caricatures et descriptions anthropomorphiques à l’appui. Et puis, malgré l’engouement de nombreux jeunes juifs pour le football et les nombreux clubs Machabi en France, on ne retrouve que très peu de joueurs de haut niveau se réclamant du judaïsme. Faudra t’il alors un amendement "Georges Frêche" pour diminuer le nombre des noirs et augmenter celui des juifs en équipe de France pour rétablir l’équilibre en faveur d’une minorité desservie dans ce sport ? Et revenant encore à Frêche, où va t’on mettre les Harkis qui sont plus une minorité identitaire qu’une catégorie ethnique ?

 Reste aussi les autres minorités qui veulent s’affirmer dans la République. Si jamais un citoyen ou un étranger a le droit de se déclarer noir, pourquoi ne pourrait-on se déclarer Corse, Breton, Polonais, et c’est devenu la mode, pourquoi pas Chti’ ! On devient très visible quand on décide d’arriver habillée en Alsacienne ou en Bigoudène à un entretien d’embauche. Enfin, il existe d’autres minorités plus ou moins visibles qui ne reposent pas sur l’origine ethnique, les gros, les nains, les moches (définir encore les critères de laideur) sans parler des Gays et lesbiennes et des handicapés qui ont déjà leur quota.

A moins de voir défiler ces catégories marginalisées en cortège bruyant dans les rues pour réclamer un statut identique ou comparable à celui des « ethniques », il faudra prendre en compte leurs revendications. Oublions pour simplifier les Drag Queens, les Punks, les Gothics, les albinos qui quand ils sont de parents noirs sont souvent rejetés par leur communauté d’origine et les naturistes qui sont visibles au premier coup d’œil. En ratissant large, il est facile d’arriver à plusieurs centaines de catégories d’individus plus ou moins identifiables au faciès ou à l’aspect pouvant se sentir à tors ou à raison discriminés.

 La photo de groupe en entreprise risque de déclencher une avalanche de réactions racistes digne de l’époque de Gobineau. Reconnaître ceux qui sont « un peu » noir, « un peu » arabes deviendra un jeu malsain. Et puis, la photo devra être en couleur et non surexposée, un Wilfried Tsonga au troisième rang en noir et blanc peut très bien passer pour un polynésien.

En entrant les employés dans une catégorie éthique sur leur aspect physique on peut très bien dériver sur la répartition des tâches. Imaginons une assurance, une banque ou une auto-école où toute considération mise à part de la maîtrise de la langue française par les clients, l’employé noir ne traiterait que des clients noirs, idem pour l’arabe et le chinois. A la fin, les clients blancs n’auraient plus accès qu’à des employés de même teint et de fait une sorte de nouvel apartheid s’installerait en entreprise, là où il n’avait jamais eu droit de cité auparavant.

 Le CV anonyme est censé permettre l’accès à un premier entretien pour des personnes dont le patronyme ou l’aspect sur photographie pourrait fermer la porte d’une éventuelle carrière. Le résultat sera peut-être un entretien, mais ne débouchera pas forcement sur une embauche. Un patron, un directeur de ressources humaines ayant des préjugés ethniques mais ne voulant pas s’attirer les foudres de la justice acceptera de « perdre du temps » avec des candidats typés, et les évincera poliment et hypocritement pour des raisons n’ayant rien à voir officiellement avec la pigmentation. A moins de faire passer les entretiens avec une cagoule et des gants, n’importe qui pourra imaginer les origines du candidat avant même qu’il n’ait dit son nom. Cette approche à la fois surréaliste et irréalisable transformerait les entretiens d’embauche en interrogatoires à Guantanamo.

Et puis, s’il s’installe des quotas (sur quels critères techniques légaux et techniques est encore à définir) rien n’empêche de recruter le nombre requis de « divers » et de les évincer ensuite après le mois de préavis. Car si jamais il devient une obligation d’engager des employés issu d’une minorité ethnique, aucun texte ne fera obligation de les garder dans l’entreprise après la période d’essai.

 Le plus gros obstacle à l’emploi n’est pas l’origine ethnique (exception faite pour une petite minorité de racistes irrédentistes qui arriveront toujours à trouver une parade) mais l’origine sociale et culturelle, le niveau d’éducation et le comportement, la gestuelle, la manière de se vêtir et le langage (le verlan et la pauvreté de vocabulaire sont bien plus rédhibitoires que la langue d’origine et l’accent). Un diplômé d’origine étrangère, même s’il est français a plus de mal a trouver un premier emploi c’est certain. Mais ce qui rebute le plus la majorité des patrons et des chefs de petites entreprises, c’est l’aspect, la tenue, le langage de cité plus que l’accent étranger et la couleur de la peau. Une adresse dans un « Ghetto » de banlieue, une tenue street wear un vocabulaire de « cité », évinceront de même un postulant blanc au patronyme « bien français » s’il sollicite un poste de vente de luxe, de représentation ou d’accueil clientèle. Et cet aspect du problème est plus modifiable par l’éducation nationale, la diversité sociale de l’habitat et la lutte contre le communautarisme que par la classification des individus en groupes ethniques.

Monsieur Yazid Sabeg se prend pour Georges Moustaki , s’il arrive à ses fins nous aurons bientôt des catégories de « métèques » de « juifs errants » et de « pâtres grecs » auto déclarés pour le plus grand bien de la République !

 


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6 réactions à cet article    


  • Dubrovac 27 janvier 2009 13:40

    Yazid Sabeg où l’art d’aggraver les problèmes à l’infini.


    • Marsupilami Marsupilami 27 janvier 2009 13:49

       @ George Yang

      Très bon billet. L’exemple est limite, mais pointe bien du doigt un problème majeur. Avec ce genre de proposition, on s’expose aux problèmes souvent ubuesques que connaissent par exemple les USA : il y a des Blancs qui se déclarent Peau-Rouges pour bénéficier de certains programmes d’affirmative action qui sont spécifiques à ces derniers, des Peau-Rouges qui se déclarent Noirs pour bénéficier d’autres avantages, etc, c’est un sacré bordel. Voir sur ce sujet ici et ici.


      • la_gata la_gata 27 janvier 2009 17:45

        :D dans le cas ou s’appliqueraient les mesures de Y Sabeg .. c’est clair que les personnes que sommes comme moi ’ inclasificables ’ pour la diversité de nos ancetres , aurons plus de choix de nous declarer dans la categorie qui nous convient le plus ..


        • Internaute Internaute 27 janvier 2009 18:48

          « Voilà quatre petites allemandes... » je suppose que vous vouliez dire « Voilà quatre petites citoyennes allemandes... » ce qui n’est pas la même chose. Comme l’explique bien l’article, le métissage est souvent vécu comme un malaise par ceux qui le subissent. Les femmes blanches sont en général abandonnées avec les gosses sur les bras et les enfants ne savent pas à quoi se raccrocher. Il faudrait faire une campagne éducative dans les écoles sur les problèmes liés au métissage et inciter les enfants à se marier au sein de leur race. Cela nous éviterait des mesures racistes comme celles proposées par ce ministre.

          Jacques Vergès qui est pourtant une réussite d’assimilation a trés bien décrit ce mal vivre. Au fond, dans le cas extrême qui est présenté les petites filles ont de la chance. La noire se sentira noire et la blanche se sentira blanche.

          La propagande pour le métissage a une finalité trés précise. Faire disparaître le lien entre l’individu et son groupe de façon à obtenir une main d’oeuvre taillable et corvéable à souhait, qui n’a plus ni racines ni nationalité ni culture propre, employable à bas prix, des consommateurs fidèles qui privés de références familiales et de la transmission des cultures est incapable de choisir par elle-même et un électorat que l’on pourra berner sans se fatiguer. Le métissage est la condition nécessaire à l’avènement sans douleur d’un pouvoir mondial.

          Ne vous y trompez pas, derrière les slogans ronflants sur l’égalité, la liberté individuelle et tutti-quanti se cache le pire des pièges.


          • fouadraiden fouadraiden 27 janvier 2009 23:13


            Texte idiot. les métèques vous les avez déjà sans besoin de chercher à les définir , la société le fait très bien.

             Vous êtes dans une société qui use et abuse de la ségrégation sans meme se poser la question de qui est qui .


            • JONAS JONAS 27 janvier 2009 23:42

              @ L’Auteur :

              Mon cher Monsieur, la couleur de sa peau ou des yeux, n’a jamais fait la supériorité ou la valeur d’un homme !

              Elle obéit à son environnement et elle est propice à sa survie dans l’environnement en question.

              Le métissage fera perdre aux enfants une grande partie de ces facultés d’adaptations.

              Si l’égoïsme de l’homme ne banalisait pas certaines différences en pensant qu’à la satisfaction de ses désirs, des cas de ce type ne seraient pas légions.

              La domination des désirs sur la raison, rapproche l’homme de l’animal !  smiley

              Un couple de couleurs différentes, ne se pose pas la plupart du temps de question sur les problèmes psychologiques des enfants à venir, ils ne les ont pas vécus !

              Se poser ce genre de question n’est pas du racisme, mais, ce que l’on appelait dans le temps, du bon sens.

              Ce genre de réflexion est aujourd’hui considéré comme rétrograde… !

              Lorsque je vois la sauvagerie mentale de certains Occidentaux, j’en suis à admirer les valeurs de certains pays en voies de développement, en espérant qu’ils ne perdent pas leurs valeurs.

              Bien à vous.

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