Comment maîtriser son investissement dans l’immobilier locatif ?
Dans l’expression « immobilier défiscalisé », il y a deux termes. L’attractivité de l’avantage fiscal ne doit pas occulter la réalité de l’achat immobilier : cet investissement n’est pas que financier, il dépend aussi de la réalité du marché de l’immobilier locatif. L’idée est donc de ne pas concevoir cet investissement comme un pur produit défiscalisé, mais comme la résultante d’un bon placement immobilier. C’est pourquoi, afin de maîtriser les tenants et aboutissants de son investissement, il est important de se poser les bonnes questions. Pour vous guider dans la prise en main de votre investissement, voici quelques pistes.
• En premier lieu, il est nécessaire d’évaluer le rendement financier de votre investissement. Autrement dit, il convient d’analyser l’effort d’épargne mensuel engendré par cet investissement et d’envisager quel sera son rendement en fonction de divers scenarios allant du plus optimiste au plus pessimiste. Plus que l’économie d’impôt, c’est le taux de rendement de l’épargne qui doit servir à évaluer l’utilité de l’investissement en immobilier défiscalisé.
• De même, il convient de ne pas surestimer la rentabilité locative : un rapport loyer hors charges prévisionnel annuel divisé par prix d’achat supérieur à 5% correspond probablement à un loyer prévisionnel trop élevé.
• Un tel investissement implique un endettement, qui correspond généralement au calcul suivant : 70% à 80% des loyers moins 100% de la mensualité. Cette simulation sert à estimer votre capacité d’endettement et la mensualité pour un crédit. Elle ne doit pas être déconnectée des autres besoins en financement de votre ménage.
• Chercher à louer le plus cher possible pour minimiser l’effort d’épargne mensuel n’est pas une solution viable car cela augmente le risque de ne pas trouver de locataire, et donc de perdre l’avantage fiscal au terme des 12 mois. La proposition de loyer faite par votre conseiller est, s’il s’agit d’un professionnel de qualité, le reflet des enquêtes réalisées sur le terrain auprès d’agences immobilières.
• Il faut également prendre conscience des risques liés à la perte de l’avantage fiscal si l’on ne trouve pas de locataire dans le laps de temps prévu par la loi. Ainsi, la carence locative (absence de premier locataire), de même que la vacance locative (absence de locataires suivants), ne peuvent excéder 12 mois. Dès lors, certaines précautions sont à prendre :
- Vérifiez que le bien immobilier que vous souhaitez acquérir se situe dans une zone validée par le zonage Scellier, lui-même imparfait, et nuancé au printemps et à l’été 2009 par deux autres cartes : celles du Groupe Akerys et du Crédit Foncier.
- Pour ce qui est de la commune où l’on projette d’investir, présentera-t-elle toujours le même intérêt au moment où vous réceptionnerez votre bien immobilier une fois la construction achevée ? Faites vous une idée du dynamisme de la commune, de ses perspectives démographiques, en vous appuyant sur des analyses de l’INSEE, en vous renseignant auprès des pouvoirs publics locaux, etc. De même, si vous vous faites aider par un professionnel du secteur, et qu’il se recommande d’une enseigne de qualité, il aura des informations très précises à vous fournir dans ces domaines.
- Si vous n’avez pas réussi à louer dans les six mois suivant l’acquisition de votre bien / le départ de votre précédent locataire, l’ajustement du loyer est la solution la plus rapide. Dans tous les cas, votre loyer doit être conforme au loyer de marché.
• Dans le but d’estimer votre loyer prévisionnel, renseignez vous sur le loyer de marché. Internet et les agences locales seront vos premières sources d’information : n’hésitez pas à croiser leurs données.
• De la même manière, renseignez-vous sur le prix de l’immobilier. Ainsi, vous vous protégez contre l’erreur qui consisterait à les surévaluer. Il convient de ne pas payer le bien trop cher sous prétexte qu’il permet la défiscalisation, votre rendement total pourrait en pâtir ! D’autre part, une surévaluation du prix du bien vous conduira à exiger un loyer élevé, alors qu’il convient plutôt de minimiser les deux.
Sachez toutefois que certaines formules « clés en main » intègrent les divers frais complémentaires à ce type d’achat (frais de dossier bancaire, frais d’actes notariés, frais d’hypothèque, garantie de la carence locative, prestation ingénierie). Ces formules ont un double avantage : d’une part, le financement porte sur la totalité de l’offre et permet ainsi à l’investisseur de s’engager sur une opération immobilière, 100 % à crédit, sans le moindre apport initial. D’autre part, le montant de la réduction d’impôt est calculé sur l’enveloppe complète permettant ainsi d’optimiser le montant déductible à faire valoir sur ses impôts.
• Renseignez-vous également sur le montant des charges : assurez-vous qu’elles ne sont pas trop élevées.
• Ayez bien à l’esprit que ce ne sont pas les plafonds définis par la loi qui définissent les valeurs locatives mais bien chaque marché qui les détermine, en fonction de l’offre et de la demande solvable. Les plafonds Scellier sont des limites à ne pas dépasser et en aucun cas des niveaux de loyers imposés ou garantis. Dans 95% des cas, les loyers mesurés lors des études d’Akeryssont largement inférieurs à ces plafonds. De rares exceptions apparaissent en zones A ou B1, principalement dans le cas de petits logements (studios ou T1) car leur loyer ramené au m² est plus élevé. Les plafonds de loyer constituent donc la plupart du temps des éléments trompeurs pour les promoteurs ou pour les investisseurs ; la question de leur suppression, qui conduirait à une fixation réaliste et plus responsable des loyers de marché, pourrait se poser.
• Renseignez-vous sur les garanties locatives (en cas de loyer impayé, absence de locataire, etc.) proposées par votre promoteur immobilier et par l’assureur. Renseignez-vous auprès d’eux pour connaître les critères de sélection des locataires, et évitez à votre convenance ceux qui vous semblent trop drastiques.
• Ainsi, vérifiez que l’assureur n’impose pas trop de restrictions aux candidats à la location, qui amèneraient le rejet de la majorité des dossiers.
• Commencez à chercher un locataire 4 mois avant l’obtention de votre bien, même si vous avez souscrit une garantie de carence locative. Ou prenez soin de choisir votre gestionnaire plusieurs mois à l’avance de façon à ce qu’il enclenche rapidement les démarches de prospection nécessaires pour louer votre logement.
• Pour ce qui est de l’emplacement du bien immobilier que vous convoitez, voici quelques derniers conseils de bon sens :
- Qu’il soit proche ou loin de votre domicile, il est fortement recommandé de prendre le temps de visiter ce bien : il n’y a rien de tel pour se faire une idée de la qualité de la construction, de l’emplacement et de l’environnement dans lequel s’inscrit la résidence.
A retenir…
L’investissement dans l’immobilier locatif n’est pas qu’un produit défiscalisé, il s’agit aussi, comme son nom l’indique, d’un investissement immobilier
Les simulations relatives à votre investissement, ainsi que sa scénarisation, sont indispensables
Il est primordial de s’assurer que l’investissement permettra de conserver un avantage fiscal (loyer cohérent, demande locative existante, pragmatisme de l’assureur vis-à-vis des dossiers, etc.)
Philippe DOMAT, Akerys
Source :
Liens :
Vous trouverez des compléments d’information sur les pages suivantes.
http://actualite-immobilier.blogspot.com/2009/07/les-8-autres-pieges-eviter-dans-un.html
http://www.logement.gouv.fr/article.php3?id_article=6731
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