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Accueil du site > Actualités > Economie > Dis papa, c’est quoi un trader ?

Dis papa, c’est quoi un trader ?

Zoom sur la réalité de l’espèce TRADER, sous les feux de la rampe actuellement avec les bonus...

Dis papa, un trader c’est quoi exactement ?
 
Quand ma fille de 20 mois m’a posé cette question, je me suis dis qu’il y avait vraiment un problème, car vu tout le foin qu’on fait au journal de 20h, ces enfants qu’on couche bien après l’heure et qui ne vivent que pour la télé devraient quand même avoir compris depuis le temps qu’on les bassine avec ca, ce que sont les traders...
 
Interrogé il y a quelques jours par un journaliste, j’ai enfin compris. C’est justement qu’ils n’y comprennent rien.
 
Et plus encore, c’est qu’on les empêche de comprendre, vous comprenez ?
 
Trêve de plaisanterie. Le journal de 20h a pris tellement de place dans la vie des français qu’on finit par oublier que ceux qui le font ne sont que des collecteurs d’informations. Ils ne peuvent pas être à la fois, médecin, pompier et trader, leurs rôles c’est d’interroger des professionnels, de synthétiser l’information, de la rendre lisible (et là ça se complique pour que l’info primaire ne soit pas déformée) et souvent, la rendre vendeuse (et là on peut vraiment se demander s’ils n’ont pas perdu de vue leur mission).
 
Alors comment fait-on pour collecter de l’information sur les traders ? 
D’abord on appelle les banques. Au cœur du problème elles se refusent à communiquer.
 
Ensuite, on essaie de joindre des traders. Depuis longtemps, il y a des clauses de confidentialités extrêmement strictes sur chaque contrat et plus encore depuis qu’ils sont dans le collimateur.
 
Alors on se tourne vers les indépendants ou vers ceux qui ont été et qui ne sont plus.
L’indépendant n’est certainement pas assez emblématique pour passer au 20h alors depuis plusieurs mois, chaque fois que le sujet des traders revient sur le devant de la scène, on ne voit que des anciens s’exprimer : ancien trader, ancien banquier (pour autant la plupart du temps c’est des anciens mais ils ont 40 ans…)
 
Alors un trader c’est quoi ?
 
Et bien c’est tout et n’importe quoi. C’est un terme générique employé dans le monde anglosaxon pour désigner ceux qui sont en contact direct avec le marché. Ceux qui passent des ordres de bourse, ceux qui appuient sur le bouton d’exécution.
 
Sauf que dans une banque, un organisme de gestion, ou un établissement de gestion de fonds, il y a des tas de gens qui appuient sur un bouton et tous pour des raisons différentes.
 
Prenons quelques exemples : certains répondent au téléphone pour prendre des ordres clients et les passer sur le marché, c’est un trader ; certains appellent des gérants pour les motiver à acheter telle ou telle action, c’est un trader ; certains doivent couvrir les positions de la banque sur un produit ou un marché spécifique, c’est un trader.
Trait commun de tous ces gens-là : marge de liberté quasi nulle !
 
Ce n’est pas eux qui vont faire sauter la banque, ce n’est pas eux qui vont faire gagner ou perdre des millions.
 
Eux sont employés pour appuyer sur un bouton quand on leur demande de le faire avec des contraintes de sécurités très très importantes (sauf à la société générale…).
Tous ces presse-boutons (désolé trader c’est moins prestigieux comme titre mais c’est mieux compris au 20h), permettent à la banque de gagner un peu d’argent mais tellement peu par rapport au reste. Et pourtant quand on cite la profession de trader, il s’agit probablement pour plus de 90% d’entre eux de pousse-boutons.
 
D’ailleurs, pour ceux là, je peux vous assurer qu’on est très loin des salaires que la rumeur veut bien leur prêter (et ils le regrettent bien). Pour autant, on ne va pas les plaindre, ces salaires sont nettement au-dessus de la moyenne. Mais il ne faut pas oublier que ça rémunère un niveau de compétence, des années d’études, du stress, des heures fastidieuses.
 
La réalité est donc nettement moins glamour que ce qu’on nous vend à la télé depuis des mois.
 
Or ceux qu’on pointe du doigt et qui ont l’air de poser un si gros problème de société sont ceux qui ont les pleins pouvoirs quand ils appuient sur le bouton.
 
Ce sont ces fameux 10% restants….
Ces 10% restants sont les seuls à avoir une liberté (encadrée mais liberté quand même) sur les sommes qu’ils gèrent. On appelle cela les « prop trader » ou « proprietary trader ». Ils utilisent les fonds propres de la banque ou de l’établissement pour lequel ils travaillent, pour placer cet argent et essayer d’en gagner (ou d’en perdre).
Eux prennent de vrais risques, eux peuvent véritablement avoir un impact sur les résultats financiers.
 
Alors je résume, d’un côté, on a tout un groupe d’hommes et de femmes dont la tâche quotidienne est très encadrée, de l’autre on a une toute petite minorité qui grâce à son expérience et ses compétences a acquis une liberté au niveau de ses actions.
 
Voilà ma fille ce qu’est un trader !
 
 
Samuel Rondot

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9 réactions à cet article    


  • yoananda 3 septembre 2009 14:14

    Hum, c’est un bon début, mais trop long pour expliquer ce qui aurait pris 2 lignes. Il aurait été plus intéressant d’approfondir ces « props traders » dont on parle tant, qu’on les appelle trader improprement n’a que peu d’importance au fond.


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 4 septembre 2009 08:36

      Les prop traders agissent aussi selon un mandat, c’est a dire selon une ligne de conduite definie a l’avance. Exemple : operer sur tel ou sur tel marché. aMais bon la n’est pas l’important. Le vrai souci est que, ces types etant humains, ils font aussi des erreurs, or leurs controleurs ne somt pas toujours suffisamment outillés pour bien les encadrer .

      les causes : manque de temps, meconnaissance d’un produit ou d’un mecanisme, ou meme marge interne de tolerance d’erreur .


    • Alpo47 Alpo47 4 septembre 2009 13:04

      Ce qui ne va pas, chez ces « traders à risque », c’est précisément qu’ils jouent avec l’argent des autres : S’ils gagnent, ils passent à la caisse avec un gros bonus, mais s’ils perdent, C’EST AVEC L’ARGENT DE LA BANQUE OU DES CLIENTS , aucun souci pour eux .

      On peut vraiment dire que c’est ce principe qui incite à la prise de risque.


    • tchoo 3 septembre 2009 15:03

      Mais bien evidemment que l’on parle de ceux qui engagent les fonds propre de la banque, au risque de la couler et qui affame le monde.
      Le reste n’a aucun intérêt dans les propos qui nous occupent.

      Et je ris vraiment, quand vos évoquer le rôle soi-disant dévolu aux journaux télévisés :

      si c’était du journalisme, cela se saurait et les présentateurs ne seraient pas apyés aussi cher : ils sont là pour faire des images, du spectacles tout simplement.

      Un journal télévisé ne sert à rien ! strictement à rien !


      • L'enfoiré L’enfoiré 3 septembre 2009 16:48

        @L’auteur,
         Je ne connais pas les traders dans toutes les banques, mais celui que je connais par personne interposé vous dira que ce n’est pas exact, quand vous dites « Ces 10% restants sont les seuls à avoir une liberté. Eux prennent de vrais risques, eux peuvent véritablement avoir un impact sur les résultats financiers. »
         En fait, ils ont tous une marge de manoeuvre qui varie en fonction de beaucoup de facteurs et de type d’opérations à effectuer. Le nombres d’années, le grade interviennent.
         Il est clair que quand il y a un gros coup qui sort de ces marges, avec gain ou avec perte, c’est avec l’appui de supérieurs qui ont une marge plus importante.
         C’est un métier très stressant avec de multiples écrans devant les yeux qui évoluent en permanence, 5 ou 6 téléphones devant chacun. Je les ai personnellement vu à l’oeuvre, il y a bien longtemps déjà. J’avais à l’époque un projet d’informatiser leur courtage.
         Dites le à votre fils, évidemment.


        • Webes Webes 4 septembre 2009 09:29

          Bravo Samuel vous avez parfaitement cerne cette profession.

          Vous oubliez comme meme ls teneurs de marches sur derives qui sont sont la source de gain ou perte sur les marches des grands etablissements bancaire.


          • Internaute Internaute 4 septembre 2009 10:21

            Chaque fois que la banque passe un ordre en bourse, que ce soit par l’intermédiaire d’un employé ou suite à la demande d’un client lambda via les logiciels de bourse en ligne, elle touche les frais de courtage, grosso-modo 1/2% du montant. C’est la raison pour laquelle elles essayent toutes de vanter les mérites du « trading » et voudraient que les citoyens passent la journée devant leur écran à acheter et à vendre. Que l’opération soit gagnante ou perdante n’a aucune importance, les frais de courtage sont toujours comptés du bon côté.

            La question qui me vient à l’esprit est la répartition des revenus des banques entre ces frais de courtage et la spéculation avec leurs fonds propres. Quelqu’un a-t-il une idée ?


            • herve33 4 septembre 2009 13:35

              Les traders , ce sont les nouveaux bouc-émissaires qu’on agite devant l’opinion publique pour éviter de règler les problèmes de fond , c’est à dire le role de la finance et sa régulation . 

              Si les traders spéculent et font gagner ou perdre de l’argent à leur banque , et surtout prennent des risques inconsidérés , c’est d’abord avec l’accord de leurs dirigeants et surtout des politiques qui ont levé toutes les règles qui permettait d’éviter un effondrement systémique . La finance étant par nature amorale , il faut que la moralité se situent au niveau des règles comme pour n’importe quel comportement humain ou social . 

              En revanche , les rémunérations des haut - dirigeants de la finance se situe beaucoup plus dans l’immoralité , particulièrement si ces banques ont été sauvées par le contribuable . Mais ce sujet , on a vraiment l’impression que le pouvoir politique ne se donne pas vraiment les moyens de combattre cette immoralité qui pourrait etre à la base d’une véritable explosion sociale .


              • Internaute Internaute 5 septembre 2009 09:29

                En relisant l’article il me semble que l’auteur appelle « trader » plusieurs fonctions.

                Celui qui se contente de passer à la corbeille (même électronique) les ordres des clients s’appelle un « courtier » en français et un « brooker » en anglais.

                Celui qui travaille en continu avec un capital que lui a confié sa banque et son fond d’investissement et qui prend lui-même la décision d’opérer s’appelle un « trader » en anglais comme en français malheureusement. Ce sont deux professions qui n’ont rien à voir.

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