La course au triple A
Impossible de se sortir de ce véritable feuilleton d’horreur du triple A, entretenu à grands renforts de presse, d’éditos et de débats TV ! Pourtant les explications sont tellement simple qu’il ne devrait plus paniquer les esprits.
Simple ? Evidemment !
La dette dite souveraine (quel beau nom) représente une véritable manne pour les banques prêteuses. Pourquoi voudriez-vous que ces établissements, dont la fonction est de faire de l’argent avec de l’argent, se privent de taux d’intérêt plus élevés ? Puisque les Etats se sont interdits d’emprunter à leurs banques centrales (sauf aux US), ces enseignes prêteuses obligatoires seraient bien idiotes de ne pas profiter de l’occasion. A coup de sermons en provenance des agences de notation, il est ainsi orchestré une surévaluation des risques pour permettre la hausse des taux d’intérêt exigés en fonction de ces risques surévalués. Pas plus compliqué que cela ! Je réitère : les banquiers décident, s'appuyant sur les rapports des agences à la solde, que nos dettes sont à haut risque. En conséquence les taux pratiqués seraient trop faibles et il est nécessaire de les augmenter … Simple vous dis-je.
La manœuvre est tellement grossière qu’elle en devient caricaturale . Il suffirait de couvrir la dette par des emprunts d’Etat, comme au Japon par exemple, ou d’emprunter par le truchement des banques centrales (création monétaire) pour renvoyer ceux qui manipulent actuellement les taux d’intérêt à leurs petits guichets. Alors pourquoi cette continuité dans la course au AAA ? Je ne comprends pas … Ou trop bien ? Mais étant d’une grande nullité en la matière je suis certain que nos commentateurs zélés m’expliqueront ces éventuelles errances. Dans ce contexte de chantage permanent, il n’est pas question pour autant de continuer la course à la dette. Les efforts de rigueur budgétaire, de diminution des dépenses et parallèlement de relance des investissements productifs d’avenir, sont nécessaires. Cette rigueur doit être maîtrisée et équitablement répartie. Les investissements doivent être judicieusement choisis, en évitant les « Concorde » ou les « Rafales », et en privilégiant la reconquête d’une production Nationale de qualité performante à l’exportation. A l’évidence les palinodies autour de la « règle d’or » ne sont pas sérieuses : maintenant tout de suite, pour les uns, après l’élection présidentielle pour les autres. Nos concitoyens comprennent parfaitement que la course effrénée à la dette est terminée, mais en revanche saisissent mal ces discussions politiciennes sans véritable objet.
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