La crise grecque
Chapitre 1 : C’est nous, c’est la Grèce, on peut entrer ?
Nous sommes le 19 janvier 1996, le 1er ministre grec Andreas Papandreou est malade, malade au point de démissionner. Il laisse sa place à Costas Simitis, un ancien prof, un opposant à la dictature des colonels qui régnait sur la Grèce à l’époque « Le gars était un vrai rebelle, il a fait de la prison quand même… ». 3 mois plus tard, son ministre des Finances réclame des caractères grecs sur les billets en euro. « Ah quoi bon ? Vous êtes même pas dans la zone euro… », lui réplique un allemand, Costas ne répond pas, il ne cherche pas l’affrontement, son plan est infaillible. Et, sorti de nulle part, un homme va s’avérer être un allié de poids, un mec qui pèse dans l’Europe : Jacques Chirac, « Ouais notre ex-président. », il va lui aussi nous raconter qu’il y a de la place pour des hyéroglyphes grecs sur nos billets verts « Traduisez : il y a de la place pour la Grèce dans la zone euro. ». Et ça, ça enquiquine bien les allemands qui veulent pas se traîner un boulet.
À l’époque, la Grèce était considérée comme un vilain petit canard de l’économie, et Costas va entamer un programme ambitieux « Traduisez : cure d’austérité… le début d’une belle histoire d’amour entre le peuple grec et l’austérité ». Premièrement, il décide de réévaluer la drachme « La monnaie grecque. » au niveau de l’euro, ensuite on connaît la chanson : privatisation d’une quarantaine d’entreprises publiques, hausses d’impôts, gel du salaire des fonctionnaires, etc… Les résultats sont là : l’inflation est tombée « L’inflation, c’est quand tu perds du pouvoir d’achat », le déficit des administrations publiques aussi.
Les louanges pleuvent sur la Grèce, « C’est un miracle ! » crient certains, « Quel exploit ! » s’exclament d’autres. Parmi eux, on retrouve notre bon vieux Chirac, son acolyte Lionel Jospin et nos voisins les luxembourgeois. Pendant ce temps, de l’autre côté du Rhin, les allemands grincheux se méfient, ils trouvent ça louche. Ils avaient aussi des chiffres pour eux : la dette grecque s’élevait à 104% du PIB « La limite fixée par les européens était de 60% » et la balance courante était déjà déficitaire de 7% « C’est comme si ton compte était dans le rouge et que ton loyer et tes factures dépassaient ton salaire… ouais ça craint ». Un employé de la Bundesbank « L’équivalent de notre Banque de France. » aurait déclaré qu’il fallait repousser la date d’entrée de la Grèce dans la zone euro, ce qui aurait fait chuter la bourse d’Athènes. Ces allemands ont toujours ce don pour casser l’ambiance…
La Grèce, c’est des plages de carte postale, du soleil et surtout une histoire qui influence énormément l’Europe « Thalès, Pythagore, Socrate, Platon, Aristote, etc, vous connaissez forcément un de ces noms, et bé c’est tous des grecs », c’est eux qui inventent la démocratie quand même. Comment ne pas vouloir se montrer sympa avec eux ? Beaucoup de dirigeants et de hauts fonctionnaires européens vont se poser la question : « Économiquement ? Ils sont pas top, mais vraiment pas. Est-ce qu’ils vont s’améliorer ? Peut-être, y a rien de sûr. C’est pas grave, il y a 2000 ans c’était des génies, ils méritent de rentrer dans notre union monétaire. »
Pourtant le 25 mars 1998, la commission européenne annonce la liste des onze pays admis dans la zone euro. La Grèce n’en fait pas encore partie mais ce n’est qu’une question de temps. Robert Goebbels « Un député européen, socialiste, luxembourgeois. » lâche un rapport qui encense la bonne dynamique grecque, rapport qui s’appuie sur des avis positifs de l’OCDE et le FMI « Des experts de l’économie quoi, des mecs en costume cravate. ». Costas a le sourire, Goebbels vient de lui donner son ticket d’entrée dans la zone euro.
Nous nous retrouvons maintenant le 19 juin 2000, au Portugal, à Santa Maria de Feira, tous les plus hauts responsables européens sont réunis, on papote, on discute, on place ses pions pour se faire une place dans cette nouvelle Europe. « La Grèce, on en parle ? Pourquoi faire ? On m’a dit que c’était déjà réglé, ils vont embarquer avec nous dans cette nouvelle aventure. J’espère qu’on est pas en train de faire une bêtise. Mais non, mais non. ». 2 textes sont votés. Les résultats ? 380 pour, 80 abstentions et seulement 40 contre. Majorité écrasante, Costas est heureux, le peuple grec aussi… Mais ils ne savent pas encore dans quelle galère ils se sont embarqués.
Voir l'article sur le site : http://l1ghts.fr/la-crise-grecque/
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