Toujours plus

Le titre fait référence au fameux livre de François de Closet au début des années 80 intitulé « toujours plus ». Dans cet ouvrage, à une époque où le mur de Berlin n’était pas tombé, l’auteur remarquait la productivité du monde capitaliste d’un côté et la sous-production du monde socialiste de l’autre. Il remarquait aussi le prix à payer pour la productivité : la non-garantie de l’emploi pour l’essentiel. Il fustigeait alors ceux qui, dans le système capitaliste, bénéficient à la fois des avantages du monde capitaliste en vivant dans une certaine opulence en cumulant les avantages du système socialiste, à savoir une absolue sécurité de l’emploi. Gardons cela en mémoire et abordons le deuxième sujet.
Lors des premiers débats sur la dette de l’État, il y a quelques années maintenant, un chef d’entreprise avait fait remarquer la chose suivante lors d’une interview. Dans une entreprise, si l’on fait trop de dettes ou si l’on gère mal son affaire, le système vous élimine (faillite, etc.). Il semblerait que ce phénomène, somme toute naturel, ne fonctionne pas au niveau des états et de l’état français en particulier. En effet, si l’on considère qu’à la mort de Georges Pompidou la France n’avait aucune dette, en comparant avec la situation actuelle, on ne peut qu’en conclure que nous avons été gouvernés par des personnes, au minimum, peu douées, qu’elles soient de gauche ou de droite. Elles portent aussi, collectivement, la responsabilité historique d’avoir mis notre pays dans la situation critique dans laquelle il se trouve aujourd’hui. Mais passons sur cela et reprenons le fil de notre démonstration.
Un système politique peut, un temps seulement, faire abstraction de la réalité. La crise n’a fait que mettre au grand jour une situation qui était déjà largement latente : une quasi-faillite des états du monde occidental. Personne, probablement, ne voudra mettre cela sur le compte de la mondialisation de l’économie, mais j’en attends une explication : qu’est-ce qui peut justifier une telle situation de l’occident si ce n’est cette fameuse mondialisation alors que ce fut, les 40 dernières années, la seule nouveauté politique qui a été introduite ?
Alors face aux réalités, les états ne vont pas pouvoir faire abstraction de leur situation réelle et ils vont donc devoir, à l’instar de la Grèce aujourd’hui, diminuer sérieusement leur train de vie. Les fonctionnaires ayant une garantie d’emploi, il ne reste donc plus comme solution que de diminuer leurs salaires.
Certains pourraient alors penser que, dans un pays comme la France, avec ce qu’il reste d’industrie, c’est-à-dire très peu, les salaires de cette dernière vont suivre. Il n’en est rien, car, pour l’industrie, si la mondialisation a eu des effets néfastes de cure d’amaigrissement drastique, les salaires y sont au niveau de la compétition internationale. Une bonne entreprise française, compétitive sur le marché mondial, a des salaires qui sont compatibles avec sa compétitivité sur son marché. Les salaires industriels ne diminueront donc pas.
Cela va donc créer des tensions sociales fortes. On remarquera qu’une certaine justice sera revenue puisque les fonctionnaires, qui ne prennent aucun risque, seront alors nettement moins rémunérés que les salariés du privé, qui eux prennent des risques. La tentation de l’état risque alors d’être d’intenter une action visant à mettre en place une taxe sur les entreprises de façon à rétablir un certain équilibre. Mal lui en prendrait, car ajouter des charges à des entreprises qui en ont plutôt déjà davantage qu’ailleurs de par le monde, amènerait à finir de ruiner le peu de richesses (industrielles) que nous produisons encore.
En conclusion, avec encore un budget prévisionnel 2011 en déficit de 96 milliards d’euros, la France se rapproche chaque jour du précipice et de la dislocation.
13 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON