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Un Plan Simple

Les enjeux de la politique de Ben Bernanke, Président de la Réserve Fédérale US, sont limpides et consistent à rétablir le contexte économique et financier préalable à la crise des subprimes déclenchée en 2007. N’est-il pas affligeant de constater que la seule ambition et que l’unique horizon de cette toute puissance institution soit un retour au statu quo ante se traduisant aujourd’hui par une reflation tous azimuts de l’économie ?

La logique de la Fed est imparable : les dettes ne sont pas un problème tant qu’elles sont compensées par des actifs ayant plus ou moins la même valeur ! Monsieur Bernanke considère donc la comptabilité et les cash flows des ménages à l’image du bilan des entreprises ... si ce n’est que la valorisation d’un actif comme une maison ne génère aucune liquidité à disposition d’un ménage dès lors que cette propriété est habitée par cette famille et qu’elle n’est pas louée. Tout intérêt de dettes devant être financé par un cash flow positif, le ménage sera confronté à une situation inextricable en cas de manque de liquidités du fait d’un resserrement du crédit consenti par les Banques ou d’une perte d’emploi...

 Cette clé de compréhension pourtant basique du phénomène subprimes ne rebute pas Monsieur Bernanke qui plaide encore et toujours aujourd’hui pour accroître un endettement et des dépenses théoriquement soutenues par une progression de la valorisation des actifs. Bref, c’est le règne de la richesse en trompe l’oeil induite par l’appréciation des actifs immobiliers et boursiers et par une épargne nécessairement anémique ... et tant pis si les ménages se retrouveront particulièrement vulnérables à toute diminution - même négligeable - de leurs revenus.

 Que le consommateur et que les entreprises US se ruent donc sur le marché du crédit afin de renflouer les valorisations immobilières, afin de gonfler les capitalisations boursières et de relancer la consommation...La croissance économique Américaine reposera donc toujours sur un socle pourri de reflation artificielle contaminant tous les secteurs d’activité !

Pour autant, la schizophrénie des dirigeants US devient carrément effrayante dès lors qu’ils insinuent régulièrement - comme c’est le cas ! - que les marchés se trompent dans leur valorisation actuelle des actifs immobiliers ! Les actifs boursiers et immobiliers auraient ainsi une valeur intrinsèque malencontreusement ignorée ou sous estimée par les marchés. Autrement dit, il n’y aurait donc pas d’actifs sous évalués ou d’actifs pourris car, pour Bernanke et ses acolytes, il n’y aurait que des actifs injustement traités ou mal perçus par les marchés...

Les responsables US ignorent-ils que la valeur d’un bien ou d’une prestation est déterminée par un faisceau - qui évolue dans le temps - de variables sociales ? Les monétaristes, les Marxistes et autres théoriciens de la chose économique en ont pourtant débattu il y a bien longtemps : tout comme il est difficile de quantifier la valeur d’un travail, prétendre attribuer une valorisation appropriée à un actif relève de l’escroquerie intellectuelle ! En conséquence, l’octroi d’un crédit doit dépendre de la capacité de remboursement - et donc des revenus - de son propriétaire et nullement être fonction de la valorisation de l’actif sous jacent, fût-ce un bien immobilier.

Appliquée aux Etats-Unis, cette approche aurait certainement pour conséquence de révolutionner les mentalités tout en freinant une ascension vertigineuse et irraisonnée du marché immobilier mais elle correspondrait néanmoins à la nécessité impérieuse de protéger le consommateur et la société au sens large. Cette philosophie n’exclut à l’évidence nullement de relancer les marchés du crédit même si c’est précisément la négligence et l’ignorance de ces règles sociétales élémentaires qui ont essentiellement déréglé ces marchés du crédit.

Il serait ainsi malsain que le retour à la normalité du crédit suffise à rétablir valorisations immobilière, boursière tout en présidant à un nouvel épisode de croissance ! Les autorités monétaires, financières et politiques se fourvoient donc totalement en conditionnant le rebond du marché immobilier au retour de la confiance si la courroie de transmission est le crédit abusif.


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9 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 9 septembre 2009 11:16

    Le nouveau paramètre à intégrer est la prise de conscience des acteurs extérieurs aux US de l’incapacité de ceux-ci à rembourser leur dette avec le risque croissant sur la valeur des actifs (TBonds) qu’ils ont déjà libellés en dollars. Ces acteurs ne sont pas aux ordres de Bernanke et s’ils ne veulent plus acheter la dette américaine, Bernanke ne pourra rien y faire.

    Les chinois ne s’y trompent pas qui essayent de convertir leur dette en biens réels, c.a.d dans des participations dans les multinationales US travaillant sur du concret comme les matières premières.


    • herve33 9 septembre 2009 11:32

      Disons le franchement , ce système financier et économique US est devenu un vaste système à la Madoff , une gigantesque pyramide de Ponzi .

      Cinq des plus grandes banques US qui ont été sauvées par le contribuable américain , serait responsable de 40 % des échanges à Wall Street , si on y ajoute que 70 % des opérations sont dues à des programmes informatiques réagissant à la millisecondes . ( source http://www.kitco.com/ind/Summers/sep012009.html )

      Pour résumé , la pseudo reprise n’est qu’une véritable arnaque des grandes banques de Wall Street .

      Le problème , c’est que tous les initiés le savent , ils revendraient leurs actions à tour de bras , l’or frise es 1000 dollars , l’euro est entrain de s’envoler à 1,45 dollars . L’effondrement du dollar approche .


      • fwed fwed 9 septembre 2009 16:42

        L’argent est ce qu’il y a de plus facile à créer pour les humains.
        Etant donné la main mise du privée sur la création monétaire, il ne faut pas être surpris que pour garder ce privilège interdit aux états ils choississent la solution la plus simple et la plus facile...créer toujours plus de numéros trocs.

        Tout çà n’est qu’un belle bande de malfrats fainéants qui cherchent à soutenir leur pyramide de ponzi de l’argent dette à interêts.

        Continuez à leur chercher des excuses


        • nortydal 9 septembre 2009 17:48

          Quelques graphiques pour remettre la situation de l’immobilier us en perspective :

          % d’américain propriétaire de leur maison, déclin prononcé depuis 3 ans.

          % de maisons vide, hausse depuis 3 ans.

          % de maison a louer vide, forte hausse depuis 10 ans.

          Total des prêts sécurisés pour les ménages
          , en baisse depuis 1 an.

          Total des prêts immobiliers pour toutes les banques commerciales
          .

          Evolution des prêt bancaires sur 1 an , constante baisse depuis 1 an.

          Enfin comme le montre ce dernier document sur la consommation des ménages, les revenus diposnibles, la consommation, la vente de détails et de nourriture sont en chute libre... (je n’arrive pas à traduire « household debt oustanding » pour le dernier graphique).

          La chute du marché immobiler américain aura eu raison du consommateur américain, les lignes de crédits proposées aux ménages solvables ne trouvent pas preneur, la remonté de la bourse basé sur des supercalculteurs et les fonds fournient par la fed n’a pas crée une frénésie de confiance...

          La régulation, ni les réformes ne semblent être à l’ordre du jour comme le montre ce document,
          la réalité n’existe pas pour ce genre de personne.

          Et pour tous ceux qui regardent l’or, ou attendent la chute du dollars je pense que vous sous estimez la capacité de réaction de ce genre d’organisation... La zone euro va rentrer dans une haute instabilité politique dans les mois qui viennent.


          • Michel Santi Michel Santi 9 septembre 2009 18:27

            Merci de votre contribution.
            household debt oustanding se traduit, selon moi, par endettement courant des ménages.

            Le Dollar est sur une pente excessivement dangeureuse et devrait atteindre 1.55 cet automne ce qui entraînera fatalement la zone Euro - et principalement les pays exportateurs Européens - dans une zone de turbulence ... mais c’est le privilège du roi ( = Les USA ) de laisser filer leur Devise lorsque ça les arrange.


          • Michel Santi Michel Santi 9 septembre 2009 18:28

            Et donc CQFD : Un plan simple...


          • Internaute Internaute 10 septembre 2009 09:14

            « Et pour tous ceux qui regardent l’or, ou attendent la chute du dollars je pense que vous sous estimez la capacité de réaction de ce genre d’organisation... La zone euro va rentrer dans une haute instabilité politique dans les mois qui viennent. »

            Que voulez-vous dire ? De quelle organisation parlez-vous et quelle serait sa réaction ?



          • nortydal 9 septembre 2009 21:00

            Je pense que ce scenario est probable, la BCE a montré par le passé qu’elle ne ferait rien pour soutenir les exportations européennes. De plus la Chine a parfaitement les moyens de maintenir les cours de l’or a des niveaux acceptables disons autour de 1000 dollars, le temps de se désengager progressivement du dollars...
            Une nouvelle contraction de l’économie testerait réellement la confiance dans le dollars... un scenario différent de celui de l’année dernière n’est pas à exclure, avec une baisse des marchés et une baisse simultané du dollars. si ce scénario arrive, le marché des matières premières et surtout le petrole connaitra des sommets inconnu. un plan simple ?

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