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Une sortie de crise longue et difficile

Le récent « rally » qu’ont connues les différentes bourses mondiales ce printemps pourrait bien toucher à sa fin.Les nouvelles sur le front macroéconomique et financier ne sont pas aussi bonnes que prévu pour le second semestre 2009 : révisions des perspectives de croissance à la baisse par la Banque mondiale, poursuite de l’augmentation du chômage dans les pays développés et émergents, échecs relatifs des plans de "containment’ des actifs toxiques, notamment aux Etats-Unis, creusement des déficits publics et remontée du taux d’épargne privé.

C’est pourquoi, la Banque des Règlements Internationaux n’a pas tergiversé dans son analyse sur la sortie de crise. Celle-ci sera longue et difficile prévient l’institution bâloise. Les gouvernements doivent marcher sur le fil du rasoir pour éviter de s’enfoncer dans la récession et la déflation d’un côté, et pour ne pas faire le lit de l’inflation et d’une remontée brutale des taux longs d’un autre coté. Le premier risque semble aujourd’hui maîtrisable, au vu de l’ampleur des plans de relance mis en place par les différents gouvernements du G20. Le second risque est beaucoup plus difficile à quantifier et à maîtriser. Il est de ce fait beaucoup plus dangereux.

Cette crise est systémique dans la mesure où tous les piliers sur lesquels reposaient la croissance mondiale au cours des dix dernières années sont remis en cause : excès de consommation à crédit et déficits publics dans les pays développés, insuffisance de consommation et croissance fondée sur les exportations dans les pays en développement, notamment en Asie, maîtrise de l’inflation des biens qui se traduit par une inflation des actifs financiers. De manière plus fondamentale encore, ce sont les piliers même du système économique des cinquante dernières années qui sont atteints : organisation fordiste du travail, absence de prise en compte du coût environnemental et social de la production et de la consommation, régulations de l’Etat-providence fondées sur des réalités sociales dépassées (opposition capital-travail, patron-salarié, actif-retraité).

Néanmoins, doit-on vraiment s’attendre à un changement systémique à la hauteur de la crise qui a secoué le monde ? 

Si on fait un parallèle avec la Grande Dépression des années 1930, il faut se souvenir que la sortie de la Dépression n’a été effective qu’avec la seconde guerre mondiale, qualifiée par certains économistes de plus grand plan de relance dans l’histoire de l’humanité.

Le capitalisme patrimonial qui sous-tend la vision du monde d’un grand nombre de responsables politiques et économiques a un bel avenir devant lui. Son postulat essentiel est fondé sur la maîtrise de l’inflation (c’est à dire des salaires) qui permet de garantir les revenus des rentiers et de faciliter le maintien du statu quo social. Pour autant, les institutions chargées de gérer ce patrimoine n’ont pas encore véritablement compris les enjeux liés à la mondialisation, comme en témoigne le faible poids des pays émergents dans leurs allocations d’actifs. C’est particulièrement vrai en France où ce poids n’atteint pas quelques pourcents.

Il faudra bien se rendre compte du rééquilibrage massif qui est en train de s’opérer dans le monde, crise ou pas crise, en faveur de ces régions, les plus peuplées, avec les populations les plus jeunes, et les besoins économiques les plus importants.

Mais la frilosité de nos élites, qui s’intéressent à peine à ce qui se passe dans ces régions, ne va pas dans le sens de l’Histoire. Il appartient aux jeunes générations de montrer le chemin et de réhabiliter la symbolique de la "nouvelle frontière". Une nouvelle frontière nécessairement située à l’Est et au Sud.


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5 réactions à cet article    


  • plancherDesVaches 1er juillet 2009 12:46

    Haaa... systémique. pourquoi pas cinq... ? J’adore les mots « dans le vent » alors que global a le même sens.

    Décodage du discours de la BRI qui commence à avoir confirmation que les tendances sont trés mauvaises... mais pour qui ?

    La BRI sort de son silence pour prévenir les états qui s’ils continuent à faire tourner la planche à billet, cela va donner de l’inflation.
    Et ils n’aiment SURTOUT pas ça, car cela tue les accumulations de capital : les riches se retrouveraient pauvres.

    Ils préfèrent LARGEMENT que les états s’endettent car cela nationnalise les pertes, permet de piquer de l’argent aux générations à naitre, et ils trouveront forcément des solutions pour imposer plus les classes moyennes qui sont déjà fortement pressurées.

    Les « actifs » devenus toxiques :
    Même combat : il faut que les états s’endettent afin de sauver le système bancaire.

    Le protectionnisme :
    Attention, c’est mauvais pour le bussines : on récupère BEAUCOUP plus d’argent en jouant planètaire. Il suffit de jouer sur les différentiels entre économies....
    Imaginez qu’on gagne moins..... l’horreur.


    • W.Best fonzibrain 1er juillet 2009 22:52

      c’est mort



      nos économies sont foutu


      l’allemagne par exemple a au minimum 260 milliard d’actif toxique mais plus vraisemblement 860 

      nos état s’endettent pour tout,c’st maddoff puissance 10000


      en six mois la france s’est endétté ,de 84 milliard en quelque mois,et cela fera 170 milliard cette année,et pareil l’année prochaine,et un peu moins encore l’année d’après

      c’est foutu,on est déja à 50 milliard de remboursement par an,meme fillon a dit que la charge des déficit pouvait déstabiliser l’ensemble du système économique


      ces chiens sont en train de foutre l’ensemble à terre,pour creer un nouveau sytéme sans cash ,hyper controllé
      ca craint en vrai ce qui est en train de se passer

      • NOUVEL HERMES HERMES 1er juillet 2009 23:22

        Excellent !


        • Capone13000 Capone13000 2 juillet 2009 09:37

          Pour sortir de la crise il faudrait déjà qu’on y soit renté, et ce n’est pas encore le cas, cela se fera après l’été 2009.
          Le pire est encore devant


          • Amada 15 juillet 2009 17:15

            Oui Capone...

            Malheureusement.
            Je suppose que les « bads news »
            ne commenceront à être diffusées
            qu’à partir d’aout quand tout le monde
            sera en vacances...
            Le problème est : que pouvons-nous faire,
            nous, le peuple, pour reprendre les choses
            en main et refonder tous nos modes de vie.
            Car c’est bien de cela qu’il s’agit, non ?
            Une crise de « civilisation »...
            Cordialement
            Amada

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