L’UE c’est la guerre
Derniers développements de L'Impasse européenne
L'engrenage qui s'est mis en place en Ukraine depuis plusieurs mois démonte avec précision, s'il en était encore besoin, les mécanismes inquiétants qui animent l'Union européenne.
Instable, minée de l'intérieur, privée de légitimité, l'Union n'a d'autre choix que de poursuivre une fuite en avant pour éviter l'écroulement :
Traité de Maastricht (1992), euro (2002), élargissement irréfléchi vers les anciens pays de l'Est (2004-2007), traité constitutionnel puis traité de Lisbonne (2005-2008).
On assiste à présent à l'absorption forcée de l'Ukraine, quitte à provoquer son éclatement. Mais en revendiquant "les confins" de la Russie (traduction littérale de "Krajna"), l'Union semble elle aussi atteindre ses limites.
Car, c'est le deuxième enseignement de cette actualité, l'Union s'affiche clairement comme l'avant-garde des USA et de l'OTAN.
La Russie, dont l'héritage, pas seulement soviétique, la lie étroitement avec une partie notable de l'Ukraine contemporaine, ne peut accepter cette Sainte Trinité à ses portes, et trouve appui sur les populations de l'Est et du Sud ukrainien.
Vladimir Poutine est loin d'être un ange, mais le discours médiatique dominant, qui en fait le seul responsable de cette escalade, ment par omission : depuis un an, l'Union comme la Russie ont fait de l'Ukraine une proie à s'attacher et à arracher dans son entier au "camp d'en face", comme le rappellent des analystes comme Jacques Sapir ou Pascal Marchand.
Cette diplomatie agressive a conduit à approuver, le 23 février dernier, le renversement musclé du gouvernement ukrainien, pourtant légalement élu et constitué, et son remplacement par des partisans de l'Union qui jouent la politique du pire. L'Ukraine est devenue une poudrière où l'État s'est dissout et où la moindre étincelle peut provoquer l'explosion. Le scénario d'une scission violente du pays, à la yougoslave ou à la kosovare, semble malheureusement le plus probable :
chaque faction appelle à l'aide armée son parrain étranger, russe ou otanien, le "gouvernement provisoire" ne contrôle plus rien et Mme Timochenko souhaite la création de milices, que l'on imagine aisément plus motivées qu'une armée de professionnels mal payés ou de réservistes.
Ce désastre est le fruit direct d'une diplomatie européenne hémiplégique (au mieux).
Il dément ainsi clairement le lieu commun, que nous entendront encore en cette période d'élections européennes, selon lequel "l'Union c'est la paix".
Le 25 mai prochain, peu importe vers quelle liste "eurosceptique", "eurocritique" ou "souverainiste" iront nos voix : ce sera du moins l'occasion de crier "au fou !" à cette Union là.
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