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Accueil du site > Actualités > Europe > Sylvie Goulard et la démocratie européenne

Sylvie Goulard et la démocratie européenne

« C’est l’instinct de l’abus de pouvoir qui fait songer passionnément au pouvoir. Le pouvoir sans l’abus perd le charme. » (Paul Valéry, 1941).

Sylvie Goulard

C’était prévisible, et pour le coup, on se demanderait bien pourquoi le Président de la République Emmanuel Macron a affirmé qu’il ne comprenait pas et qu’il allait demander des explications à Ursula von der Leyen. Le rejet, ce jeudi 10 octobre 2019, de la nomination de Sylvie Goulard comme commissaire européenne représentant la France par le Parlement Européen était d’autant plus prévisible que la question de sa désignation restait posée. Pourquoi avoir pris un tel risque ? Avec un enjeu européen et national pas négligeable.

Emmanuel Macron a pourtant pris son temps, a même été en retard par rapport à l’agenda européen. Ce ne fut en effet que le 28 août 2019 qu’Emmanuel Macron a annoncé la désignation de Sylvie Goulard comme commissaire européenne pour la France. Elle aurait été en concurrence, selon certaines sources, avec les ministres Bruno Le Maire et Florence Parly, et aussi Clément Beaune, conseiller Europe et G20 à l’Élysée et Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE.

Disons-le tout de suite, sur le plan théorique, la nomination de Sylvie Goulard n’était pas intellectuellement sans raison. Proeuropéenne convaincue et passionnée, ancienne collaboratrice de Romano Prodi lorsqu’il était Président de la Commission Européenne, Sylvie Goulard est l’une des personnalités françaises qui connaît le mieux les dossiers européens, notamment pour avoir été députée européenne (issue du MoDem) entre juin 2009 et mai 2017. Elle a habitué les médias allemands à intervenir régulièrement sur l’actualité.

Contrairement à d’autres collègues français députés européens, Sylvie Goulard a été très active au Parlement Européen, au point d’avoir été classée parmi les députés européens les plus influents de l’Union Européenne, 12e place en 2014 (sur plus de 750 parlementaires), et 9e en 2017. Elle fut la "révélation" du Parlement Européen à la fin de son premier mandat en 2014.

Elle fut aussi une révélation auprès du Ministre de l’Économie de l’époque, Emmanuel Macron, révélation mutuelle puisque Sylvie Goulard a rapidement travaillé pour Emmanuel Macron, délaissant le MoDem de François Bayrou. Elle a notamment organisé pour lui une entrevue essentielle pour sa crédibilité internationale avec Angela Merkel pendant la campagne présidentielle. Elle est donc l’une des personnalités les plus proches du Président, sur qui il peut compter, et pas seulement un grognard comme Christophe Castaner ou Benjamin Griveaux, fidèles certes, mais moins fiables et solides sur les dossiers, et moins réputés par ceux qui savent et qui agissent.

Sa nomination comme Ministre des Armées le 17 mai 2017 dans le premier gouvernement de l’ancien LR Édouard Philippe n’était donc pas surprenante. Ce qui l’a été, en revanche, c’était sa décision de ne plus faire partie du second gouvernement d’Édouard Philippe, après les élections législatives. La raison ? une ou plutôt, deux enquêtes concernant son mandat de députée européenne. Je ne m’étendrai pas à ce sujet qui est connu, si ce n’est pour dire que cette décision a pris de court les autres responsables du MoDem, et en particulier ses deux figures tutélaires François Bayrou (Ministre d’État, Ministre de la Justice) et Marielle de Sarnez (Ministre déléguée aux Affaires européennes) qui ont dû quitter également le gouvernement. Le 17 janvier 2018, Sylvie Goulard a été nommée seconde sous-gouverneure de la Banque de France.

L’incompréhension, c’est pourquoi Emmanuel Macron a quand même persévéré à vouloir la nommer à la Commission Européenne, parce que fiable et solide, alors qu’elle ne pouvait plus être membre du gouvernement français. Pour les députés européens, cela pouvait sembler à de la provocation, voire du mépris, dans le sens où la Commission Européenne serait "moins importante" qu’un gouvernement national, ou plutôt, moins regardante sur la probité de ses membres (alors qu’on sait plutôt que les milieux européens sont bien plus exigeants que les habitudes françaises à propos de l’intégrité personnelle des élus).

Répétons d’ailleurs que Sylvie Goulard n’a pas été mise en examen, n’a pas été jugée et a encore moins été condamnée. Mais la présomption d’innocence se télescope avec le devoir d’insoupçonnabilité. Dans sa chronique du 10 octobre 2019, Laurent Joffrin s’est amusé à rappeler la rumeur d’une infidélité de l’épouse de Jules César, Pompéia Sulla. Le supposé amant fut acquitté faute de preuve, mais César a quand même demandé le divorce : la femme de César ne peut être soupçonnée. Et de se poser la question pour Sylvie Goulard : « Pourquoi diable devait-elle cesser d’être ministre en France mais postuler à un poste similaire à l’échelle européenne ? ». Emmanuel Macron ne semble pas avoir eu la main heureuse dans ses nominations européennes. La tête de la liste LREM, Nathalie Loiseau, elle aussi hypercomptente sur les dossiers européens, s’est révélée très décevante en politique.

Emmanuel Macron a exprimé son incompréhension parce qu’il avait eu des assurances du soutien des trois groupes qui sont censés faire la pluie et le beau temps au Parlement Européen. Mais c’était sans compter cette volonté autogénératrice de faire de cette instance parlementaire un véritable organe de démocratie, une démocratie européenne vivante.

En effet, en 2014, il y a eu une innovation majeure : chaque parti européen avait présent "son" candidat à la Présidence de la Commission Européenne (appelé "spitzenkandidat"), et le groupe arrivant en première place pouvait revendiquer non seulement d’avoir cette Présidence mais que son candidat fût nommé par le Conseil Européen à ce poste. Normalement, aucun texte ne l’obligeait, mais aucun texte ne l’interdisait non plus. C’est ainsi que la démocratie européenne avance, par petits pas progressifs. C’était comme si le Président de la Commission Européenne était élu directement par les citoyens européens, un peu à l’instar du maire par les électeurs d’une commune. Revers de la médaille, cela revenait à donner un grand pouvoir aux appareils des partis politiques, au détriment des gouvernements des États.

Le problème, ce fut le choix du candidat du PPE en 2019, Manfred Weber, un Allemand avec peu d’expérience de pouvoir. Or, le PPE étant arrivé en première place (malgré une baisse de son audience électorale), ce candidat aurait dû être nommé à Bruxelles (selon la logique de 2014), mais sa candidature s’est heurté au refus notamment de la France. Résultat, on en était arrivé à une solution négociée, comme c’était le cas avant 2014. Ursula von der Leyen fut choisie, la Ministre allemande de la Défense, que les électeurs européens ont découverte… après le scrutin. Comme démocratie, il y a mieux.

Le Traité de Lisbonne impose désormais une ratification du choix de chacun des membres de la Commission Européenne par le Parlement Européen, un peu à l’instar de la nomination des membres du gouvernement américain que le Congrès, après audition des candidats, doit valider. S’il n’a pas le pouvoir de nomination, il a le pouvoir d’empêcher une nomination, et les parlementaires ne vont donc plus s’en priver. Pour cela, ils leur faut des raisons objectives et pas des raisons politiciennes. La probité est donc un excellent terrain pour pratiquer cette indépendance organique, car personne ne peut refuser un rejet pour manque de probité, ce serait faire l’apologie de la malhonnêteté, ou, du moins, des suspicions de malhonnêteté.

La désignation d’Ursula von der Leyen à la Présidence de la Commission Européenne a été ratifiée de justesse, le 16 juillet 2019, avec seulement 383 voix sur 751, ce qui était au-dessus de la majorité absolue mais bien inférieur au total des trois groupes censés la soutenir : démocrates-chrétiens du PPE (182 voix), sociaux-démocrates de S&D (153 voix) et libéraux démocrates de Renew Europe (108 voix), soit 443 voix, une déperdition de 59 voix.

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Après sa première audition de trois heures au Parlement Européen le 2 octobre 2019, Sylvie Goulard a dû répondre par écrit à un grand nombre de questions, sa réponse fut rendue dans un fascicule de soixante pages ! Elle a ensuite participé à une seconde audition ce 10 octobre 2019 (il me semble, je n’en ai pas la confirmation, car elle était prévue plutôt pour le début de la semaine prochaine).

Sur sa rémunération par un think tank américain pendant plus de deux ans, elle a déclaré le 2 octobre 2019, très à l’aise : « J’ai tout déclaré, tout était légal. (…) On peut questionner, mais on ne peut pas jeter la suspicion simplement parce qu’une personne a travaillé. Et a travaillé à quoi ? À promouvoir l’intégration européenne. ». Finalement, sa candidature a été rejetée le 10 octobre 2019 par 82 voix contre 29 (de la commission des affaires juridiques du Parlement Européen), ce qui peut être considéré comme une énorme humiliation tant pour la France et pour Emmanuel Macron.

Sylvie Goulard avait été proposée par Ursula von der Leyen comme Commissaire au Marché intérieur, poste très large avec aussi pour mission de développer une industrie commune de la défense, de l’intelligence artificielle, créer un marché commun numérique et technologique, et superviser le futur programme spatial européen, et elle aurait aussi la responsabilité de la propriété intellectuelle, de l’investissement, de la compétitivité, des marchés publics, de l’innovation, etc., un département donc très vaste qu’Emmanuel Macron souhaite préserver pour un autre candidat français.

Avant Sylvie Goulard, deux autres commissaires européens avaient été rejetés le 30 septembre 2019, l’ancien ministre conservateur hongrois Laszlo Trocsanyi, proche de Viktor Orban, et refusé pour cause de trop grande proximité avec la Russie et aussi en raison d’un conflit d’intérêts dans une affaire, et la sociale-démocrate roumaine Rovana Plumb, pour deux prêts litigieux.

Dans son décryptage pour "Les Échos" du 10 octobre 2019, Dominique Seux estimait qu’il y a plusieurs lectures de ce rejet. Car la lecture simple serait que les députés européens aient mis en avant la probité de la candidate, ou plutôt, un soupçon sur celle-ci, mais il a fait remarquer qu’un tiers des députés européens cumule leurs indemnités avec d’autres revenus. Pourquoi alors le reprocher à une ancienne députée européenne en particulier et pas autres ?

La deuxième lecture : « C’est celle d’un règlement de comptes contre Emmanuel Macron, qui subit là une défaite. Il a surestimé la solidité juridique du dossier de Sylvie Goulard et sous-estimé le poids des appareils. ». En effet, avec l’éviction d’un membre du PPE (le Hongrois) et d’un membre de S&D (la Roumaine), il y avait parmi ces groupes une volonté de révoquer un membre du troisième groupe de la majorité, Renew Europe. C’est plus difficile de faire une cogestion de l’Europe à trois partis alors que jusqu’à maintenant, elle le fut à deux partis (PPE et S&D, qui n’ont plus la majorité absolue à eux deux seuls).

La troisième lecture de Dominique Seux est intéressante car plus stratégique : « Paris, qui porte l’ambition d’une Europe puissance, dans les domaines de la défense, de l’industrie, de l’Espace et du numérique, heurte un certain nombre de capitales qui n’apprécient pas trop cette approche. C’est la raison pour laquelle l’Élysée a une priorité ce soir : conserver le même portefeuille pour celle ou celui qui remplacera Sylvie Goulard. » (10 octobre 2019).

Probablement que Sylvie Goulard a été maladroite lorsqu’elle a répondu qu’en cas de mise en examen, elle ne démissionnerait pas automatiquement et s’en entretiendrait avec Ursula von der Leyen, réponse insatisfaisante alors qu’elle-même avait déclaré peu avant : « Aujourd’hui, la situation est fondamentalement différente [de celle de juin 2017 quand elle a démissionné du gouvernement] : j’ai été entendue [par la justice] et je ne suis pas mise en examen. (…) Je me sens très sereine et confiante parce que je ne suis pas mise en examen. Dans la mesure où la commission [des affaires juridiques] a considéré qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêt, je me sens à l’aise. » (2 octobre 2019).

Le rejet est donc probablement injuste pour Sylvie Goulard, d’autant plus que la Commission Européenne perd avec elle un poids lourd des dossiers européens (qui ne sont pas si nombreux que cela en Europe), mais c’était pourtant très prévisible. D’autant plus que ce n’est pas la première fois pour la France. Édith Cresson, nommée commissaire européenne le 23 janvier 1995, avait été suspectée de népotisme et, cumulé à d’autres "affaires", cela entraîna la démission collective de la Commission présidée par Jacques Santer le 16 mars 1999 (mais elle-même, comme les autres commissaires européens, resta en poste jusqu’au 15 septembre 1999).

La lente évolution du Parlement Européen est qu’il faut désormais faire avec les parlementaires et surtout, ne pas les sous-estimer. C’est cela aussi la naissance de la démocratie européenne, on est encore loin du compte, mais ces rejets de nominations montrent que l’organe peut créer la fonction. Après tout, la seule instance démocratique car élue au suffrage universel direct, directement par les peuples européens, a raison de prendre son autonomie face au syndicat des États qu’est le Conseil Européen. C’est finalement un juste retour en force des élus après l’éviction de Manfred Weber. Les citoyens européens devraient au moins s’en réjouir.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 octobre 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Sylvie Goulard et la démocratie européenne.
8 contresens sur le Brexit.
Union Européenne : la victoire inespérée du Président Macron.
Européennes 2019 (7) : panorama politique continental.
Européennes 2019 (6) : le paysage politique européen.
Européennes 2019 (5) : les six surprises françaises du scrutin du 26 mai 2019.
Les résultats officiels des élections européennes du 26 mai 2019 en France (Ministère de l'Intérieur).
Ce que propose l’UDI pour les élections européennes de 2019.
François-Xavier Bellamy.
Nathalie Loiseau.
Marine Le Pen.
Européennes 2019 (4) : les enjeux du scrutin du 26 mai 2019.
Européennes 2019 (3) : l’Union Européenne est-elle démocratique ?
À quoi pense Nathalie Loiseau ?
La Vaine Le Pen.
Européennes 2019 (2) : enfin, la campagne commence !
Programme de la liste Renaissance (LREM) pour les élections européennes de 2019 (à télécharger).
Programme de la liste Les Républicains pour les élections européennes de 2019 (à télécharger).
Programme de la liste UDI pour les élections européennes de 2019.
Michel Barnier, pas très loin de la Présidence de la Commission Européenne.
Le testament européen de Jean-Claude Juncker.
Européennes 2019 (1) : la France des Douze ?
Le retour aux listes nationales aux élections européennes (2 décembre 2017).
Jean Monnet.
Emmanuel Macron à la conquête des peuples européens.
Le programme du CNR.
Discours de Robert Schuman le 9 mai 1950 au Salon de l’Horloge à Paris (texte intégral).

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22 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 11 octobre 2019 11:30

    Bonjour, l’auteur.

    Copié-collé d’un commentaire adressé hier à Olivier Cabanel :


    « Je suis évidemment ravi de la claque que vient de prendre Macron : même si elle avait le profil du poste — et cela, personne ne le nie —, jamais Goulard n’aurait dû être proposée comme commissaire, eu égard à ses casseroles. 

    Mais la colère de Macron peut également se comprendre : il avait apparemment obtenu un feu vert des chefs de groupe du parlement européen. Il s’est donc fait rouler dans la farine, les casseroles de Goulard n’étant qu’un prétexte.

    Quoi qu’il en soit, c’est une excellente leçon pour Macron : lui qui ne recule pas devant les coups tordus lorsqu’il s’agit de pousser son avantage vient d’apprendre qu’il peut lui aussi — tout Jupiter qu’il soit —, se faire méchamment tacler ! »


    • Le421... Refuznik !! Le421 12 octobre 2019 08:44

      @Fergus
      Tout est dans le « apparemment ».
      Le mensonge étant devenu la règle chez nos dirigeants actuels, comment se fier à ce qu’ils bavent.
      Dans la mesure où ils nous prennent pour des cons, il n’y a pas raison à se gêner pour en faire autant.
      On ne respecte généralement que les gens qui nous respectent.
      Donc. Bien fait pour sa gueule !! Épicétou.


    • Fergus Fergus 12 octobre 2019 11:35

      Bonjour, exol

      « Le copié collé c’est ce que vous pratiquez toutes les semaines aux travers de vos articles » 

      Voilà une affirmation qui demande à être démontrée. Je vous mets au défi d’y parvenir !!!  smiley


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 11 octobre 2019 11:36

      Se réjouir de quoi ? De voir des tractations de marchands de tapis ? Passe moi la rhubarbe, je te passe le séné ?

      Pour les élections européennes, les Partis politiques ont rédigé des professions de foi, où tous, sauf l’ UPR, promettaient de « changer l’ Europe ».

      Quand ils ne proposaient pas de transformer ces élections en vote pour ou contre Macron, en plus de vouloir « changer l’ Europe » !

      Les citoyens français, malgré tous les efforts de l’ auteur pour transformer le plomb en or, supportent de moins en moins l’Europe néolibérale et mondialisée. Ils sont même champions du monde anti mondialisation !

      Vu les promesses de profonds changements, cela nécessitait de remettre à plat les Traités. Mais 4 mois après les élections, plus personne ne parle de remise à plat de quoi que ce soit. Ni maintenant, ni plus tard.

      Normal, il faut l’unanimité pour changer une virgule aux traités, et l’incident Goulard montre au contraire les divisions entre les pays européens.

      Donc aucun Parti ne tient ses promesses et ne remettra à plat aucun Traité par peur d’ouvrir la boîte de Pandore. Les pigeons qui avaient cru aux changements annoncés, levez le doigt !

      Et tout ce petit monde européiste béat, comme l’auteur, s’étonne ensuite que les électeurs aient le sentiment qu’on les prend pour des truffes, et ne comprend pas pourquoi les électeurs s’abstiennent de plus en plus d’aller voter pour cette merveille, soit disant démocratique.


      • Drugar Drugar 11 octobre 2019 11:53

        « C’est l’instinct de l’abus de pouvoir qui fait songer passionnément au pouvoir. Le pouvoir sans l’abus perd le charme. » (Paul Valéry, 1941).

        Raison pour laquelle il ne faut jamais donner le pouvoir à ceux qui le veulent et qui ne sont intéressé que par cela. Le pouvoir ne doit rester qu’un moyen (comme l’argent, qui est l’autre face de la même pièce que le pouvoir) de mettre en oeuvre ses propositions et servir le peuple. A partir du moment ou on ne recherche le pouvoir que pour le gout du pouvoir et pour en abuser, comme le dit Paul Valéry, alors il ne faut pas l’obtenir.

        Or, c’est précisément ce qui se passe dans l’Union Européenne : le pouvoir est dans les mains de personnes n’ayant jamais dû l’obtenir et qui ne servent que leurs intérêt. Le fait qu’une personne comme la mère Goulard est pu être présentée à un poste de commissaire européen (et l’obtenir le jour même d’une mise en examen !) est une preuve supplémentaire de total corruption de cette entité supranationale qu’est l’UE.

        L’Union Européenne et la démocratie sont deux choses parfaitement antinomique qui n’ont absolument rien à voir l’une avec l’autre. Vous et les autres propagandistes paillassons de Macron auraient beau répéter le contraire sur tous les tons, cela n’en deviendra pas une vérité pour autant.


        • velosolex velosolex 11 octobre 2019 12:06

          10 000 euros par mois, distribué par ce think tank américain. Sans doute des admirateurs désintéressés….C’est plus du pantouflage, on lui a mis une couverture chauffante pour ses pieds. 

          Que Macron la présente et insiste, met plus que mal à l’aise, à l’heure où il faudrait non seulement légiférer interdire les lobbys, sur la place de Bruxelles.

          Ils ne se contentent pas de souffler à l’oreille des chevaux, mais ils leur graisse la patte drôlement.

          On en vient à espérer un savant ménage, comme celui salutaire donné par des commères, au marché de Brive La Gaillarde


          • Captain Marlo Fifi Brind_acier 11 octobre 2019 12:19

            @velosolex
            Ils peuvent venir des entreprises, mais aussi y aller après leur mandat, par renvoi d’ascenseurs pour bons et loyaux services, ou pas.

            Par exemple, 1/3 des Commissaires européens en 2014, ont pratiqué ce qui s’appelle « les portes tournantes », c’est à dire qu’ils allaient ensuite dans le privé, emportant avec eux leur connaissance des Institutions et leur carnet d’adresses...
            Sinon, tout va bien.


          • Parrhesia Parrhesia 11 octobre 2019 12:56

            >>>La lente évolution du Parlement Européen est qu’il faut désormais faire avec les parlementaires et surtout, ne pas les sous-estimer.<<<


            Foutaises !!!

            Les parlementaires européens, comme une majorité de nos parlementaires nationaux, d’ailleurs, viennent surtout de faire la démonstration que beaucoup d’entres eux ne sont que des marmitons de gloubi-boulga bassement politicien.

            Quant à nous Français, ou ce qu’il en reste, il serait indécent de nous réjouir de cette beigne adressée à E. Macron, car en fait, c’est la France, ou ce qu’il en reste, qui a reçu la beigne !!!


            • zygzornifle zygzornifle 11 octobre 2019 13:49

              Si l’UE qui est un nid de crotales n’en n’a pas voulu c’est que l’on est bien loin de tout savoir sur ses malversations ....


              • ZenZoe ZenZoe 11 octobre 2019 13:52

                J’ignore pourquoi S Goulard a été rejetée, mais voir Macron s’étrangler de rage valait son pesant de cacahouètes, bien fait pour lui, j’en riais toute seule !

                Sans compter que Macron dénonçant des manoeuvres politiciennes, c’est quand même l’hôpital qui se fout de la charité.


                • leypanou 11 octobre 2019 17:16

                  Le rejet est donc probablement injuste pour Sylvie Goulard 

                   : connaissant l’auteur, lire le contraire m’aurait étonné ; d’ailleurs le mot probablement est de trop.


                  • vesjem vesjem 11 octobre 2019 17:23

                    « Sylvie Goulard est l’une des personnalités françaises qui connaît le mieux les dossiers européens »

                    Sylvie Goulard est l’une des personnalités françaises qui connaît le mieux les magouilles européennes

                    une sainte femme, nul n’en doute

                    il faut arrêter d’être niais ou naïf ; les cimetières sont remplis de gens indispensables


                    • troletbuse troletbuse 11 octobre 2019 17:53

                      La tête de la liste LREM, Nathalie Loiseau, elle aussi hypercomptente sur les dossiers européens,

                      Petante surement, Hyper con c’est sûr


                      • av88 av88 11 octobre 2019 19:23

                        Mais ils vont nous le fâcher notre Macron.

                        Il est sensible le bonhomme, déjà qu’après que Trump ai dit que l’idée de Macron de taxer les GAFAM était stupide, notre génie a piqué sa crise et a invité Poutine à Brégancon.

                        Maintenant si le Allemands eux aussi l’humilient, il va peut-être demander la fin de l’Euro et de l’UE pour les emmerder.

                        Pendant qu’il y est, je lui propose sortir de la France de l’Otan, pour emmerder Trump.

                        Vous allez voir qu’il va finir par adhérer à l’UPR.


                        • Captain Marlo Fifi Brind_acier 11 octobre 2019 20:37

                          @av88
                          Il a essayé de jouer les Napoléon au petit pied, en envoyant une bafouille avec son projet européen aux 28 pays en 23 langues..., l’accueil a, semble-t-il, été mitigé, sinon frisquet. « Pour une renaissance européenne »


                        • ETTORE ETTORE 11 octobre 2019 21:47

                          Le parlement européen ne voulait simplement pas du portrait de macron dans son hémicycle.

                          Enfin...Je crois que le format ne convenait pas, et que ses dents trop blanches, mettaient les Allemands mal à l’aise.



                            • Le421... Refuznik !! Le421 12 octobre 2019 08:49

                              @glenco01
                              Sympathique copie de RDLS...
                              C’est de bonne guerre.
                              Ceci dit, le ton professoral ne me convient toujours pas...


                            • Jean Keim Jean Keim 12 octobre 2019 08:28

                              << C’est l’instinct de l’abus de pouvoir qui fait songer passionnément au pouvoir. Le pouvoir sans l’abus perd le charme. » (Paul Valéry, 1941). >>

                              Plus je lis cette citation et plus elle me semble illogique voire incongrue, en fait intellectuellement stupide, d’abord parce que l’ « instinct » de l’abus de pouvoir est une pure invention, il n’existe pas, il y a le désir de pouvoir et ensuite son amour immodéré, et surtout l’ « abus » de pouvoir est un pléonasme, tout pouvoir est un abus.

                              Le système électoral ne peut que conduire à donner le pouvoir à des individus qui le recherchent, ainsi voter pour un candidat, c’est accepter les règles de ce système, aussi loin que nous pouvons remonter dans notre histoire, il en a toujours été ainsi, et notre histoire est une catastrophe humaine, les Cincinnatus n’existent que lors de l’écriture interprétée de l’histoire, un homme sain d’esprit refusera le pouvoir, l’accepter est contraire à sa nature.


                              • Jean Keim Jean Keim 12 octobre 2019 08:31

                                La plupart des citations ne sont que l’expression d’un esprit qui cherche à se faire considérer.


                              • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 12 octobre 2019 12:11

                                Notre  « morgueux » Jupiter (et sa clique de magouilleurs de première ) ben l’avait juste oublié que les députés européens du Nord de l’Europe, eux ne sont pas sont pas à la botte des lobbys, et très très soucieux sur les questions de probité !


                                Alors Sylvie Goulard alias « la mère casseroles » ( eh !, ..ne pas confondre avec la « mère Poulard  » ) blackboulée, ben quelle immense joie !


                                Comme j’adore notre « macronet », j’ai déjà écrit ceci :

                                Il aime donner des leçons au monde entier, mais ce qu’il ignore ben, c’est que les boss politiques du monde, ont sous leurs sous-main dans leurs burlingues ces photos de notre « selfieman outre mers » :,Ici et : ,,... et de temps en temps, pour se marrer un max, les regarde !

                                @+ P@py


                                • jef88 jef88 13 octobre 2019 11:56

                                  Je résume :

                                  LES COPAINS et LES COQUINS ..........

                                  Le parlement européen accepte les copains et rejette les coquins !

                                  BRAVO ! ! ! ! !

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