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Accueil du site > Actualités > Info locale > Ne dites plus « Quimpérois » mais « bourgeois arrogants » !

Ne dites plus « Quimpérois » mais « bourgeois arrogants » !

Mais que diable le nouveau prix Nobel de littérature allait-il faire dans cette querelle de clochers digne de Clochemerle ? A peine auréolé de la couronne du prix Nobel de littérature, voici que l’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio se jette dans le chauvinisme local. Très local même !

L’objet du litige ? Cette réponse dans une interview au magazine Bretons :

"Je trouve un air un peu bourgeois à Quimper qui ne me plaît pas trop. Je préfère Douarnenez [...]. Quimper est une ville magnifique en architecture, il y a simplement cette légère arrogance des Quimpérois. Quand je vais là-bas, je me demande si ne remonte pas en moi quelque chose du paysan breton qui était mon lointain ancêtre et qui devait arriver là un peu intimidé par ces gens qui étaient bien habillés."

Mais pourquoi cette phrase a-t-elle un retentissement ? se demanderont légitimement les gens qui ne sont pas du "coin". Eh bien, parce que Le Clezio a mis le doigt sur un point qui fait mal et ce depuis des générations, appelons cela "le complexe du plouc" !

Comme de la dynamite, le Nobel a fait explosé un tabou et réveillé les vieilles querelles. Explications :

Il n’y a pas si longtemps, les cartes de France montraient encore un Finistère coupé en deux dans le sens horizontal et la Poste acheminait le courrier selon la boîte postale indiquée sur l’enveloppe : "29S" et "29N", un peu comme s’il y avait deux départements dans le Finistère. On disait le Finistère Sud et le Finistère Nord. C’est que traditionnellement, les Léonards (Nord) et les Cornouaillais ne pouvaient pas trop se supporter et ils ne parlaient pas non plus le même breton. Mais les choses se sont arrangées ces vingt ou trente dernières années, en particulier avec le passage au code postal à 5 chiffres (merci la Poste !), et le Finistère ne fait désormais plus qu’un ! 

Cependant, il existe des complexes qui n’ont pas disparu : Quimper par rapport à Brest, par exemple. La première s’est dotée d’un nouveau théâtre pour essayer de rivaliser avec l’imposant et - assez populaire - palais de la culture de la seconde. Brest jalouse évidemment Quimper avec ses riches manifestations culturelles (dont les célèbres Fêtes de Cornouaille) qui attirent les foules estivales de touristes quel que soit le temps, alors qu’à Brest, même quand il fait soleil, les rues se vident. 

Moi qui suis Quimpérois (Cornouaille), mais qui ai vécu toute ma jeunesse à Brest (Léon), j’ai souvent entendu des Brestois se moquer des Quimpérois qui seraient à leurs yeux à la fois "un peu ploucs" et "bourgeois". Manifestement, il y a un fossé entre l’animation brestoise en soirée et la vie pépère-mémère de Quimper à la tombée de la nuit. A Quimper, le petit commerce et le tourisme ont la cote. A Brest, disent les Quimpérois, il n’y a rien à voir, c’est très moche. Il y a juste un vieux château militaire, et les aquariums d’Océanopolis. Les touristes ne traînent pas dans le coin après les Brest millésimés des parades estivales de bateaux. D’ailleurs Brest a chipé l’idée de ces exhibitions maritimes à Douarnenez. Même pas fichus d’avoir une idée originale, ces Brestois ! Malgré cela, il n’y a pas de tensions entre ces deux ports.

Entre Douarnenez et Quimper, les relations sont plus compliquées. Douarnenez et le Cap-Sizun souffrent depuis longtemps du "complexe du plouc" par rapport à la ville (la seule ville à leurs yeux, c’est Quimper !) Douarnenez, ce grand port, est tourné vers la mer et les industries de la mer, Quimper c’est plus "chochotte" : dentelles, faïenceries (exportée aux Etats-Unis !), crêpes, tourisme. C’est aussi le siège de la préfecture et du Conseil général, grands recruteurs de fonctionnaires. Les mains calleuses du rude marin n’y sauraient que faire.

Mais Douarnenez alors ? Pour JMG Le Clézio, c’est le paradis. L’écrivain habite une maison à Poullan-sur-Mer, tout près de Douarnenez où il jouit d’une grande tranquillité et d’un beau panorama. Avant lui, le poète Georges Perros avait quitté Paris (et le théâtre, et ses collègues comédiens comme Gérard Philippe) pour venir vivre à Douarnenez où il goûta la qualité de vie rustique et le contact rude et chaleureux des marins du coin. Oui mais... Quimper regorge de traces du grand poète Max Jacob, mondialement connu et qui fut l’ami de Picasso, d’Apollinaire et de tant d’autres. C’est à Max Jacob que Jean Moulin emprunta le prénom, par admiration, pour la Résistance. La comparaison entre Max Jacob et Georges Perros, qui roulait à pétoire, le clope au bec, et qui s’attardait dans les tripots avec les marins et buveurs, tourne cruellement à l’avantage du premier. Comment Quimper ne peut-elle pas être "un peu" arrogante avec un tel nom à vénérer ? Quimper, traditionnellement était aussi le siège de l’évêché de Cornouaille... Un évêque, cela en impose. Et cette cathédrale !

Mais Douarnenez, c’est vivant, vous diront les Capistes (gens du Cap-Sizun). Rien à voir avec le côté un peu pincé, guindé, de Quimper. A Douarnenez, la cité des "Penn Sardines", les mœurs sont rudes (lire mon article sur les sardinières), mais l’ambiance est chaleureuse, conviviale. Les Douarnenistes sont un peu nos Cht’is, les "biloutes" en moins. Il existe même aussi à Douarnenez un parler bien particulier. Enfin l’accent diffère de l’accent quimpérois.

L’écrivain Hervé Jaouen, qui a passé son enfance à Quimper, se souvient aussi qu’il fallait « s’habiller propre » pour aller en ville : « Malgré le pantalon du dimanche et les chaussures neuves, en faisant les quais, on se sentait inférieurs aux riches, qui n’existaient, pour l’essentiel, que dans notre imagination. Sur les quais, le samedi, il y avait sûrement beaucoup plus de prolos endimanchés que de bourgeois et de bourgeoises à les regarder de haut. »

Affaire à suivre : Bernard Poignant, le maire de Quimper, a invité l’écrivain dans sa ville pour lui faire découvrir un "autre Quimper". 
 

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42 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 novembre 2008 11:09

    Un Nobel, ça Trust l’attention

    Sois rassuré, Poète, il y a pire que Quimper


    Connaissez-vous Saumur ?
    Le bastion de l’ordure,
    Le fief des bourgeois
    Mentalité de rats.
    Connaissez-vous Saumur ?
    Et sa garnison
    Population mesquine
    Mentalité rupine.

    Je parle au nom de l’ami, celui qui m’a souri
    Dans la vieille ville de Londres
    Sincère et sans une ombre.
    On a parlé Saumur, on a causé rognure
    Dommage qu’à notre époque on condamne les bavures.

    Cela existe encore dans ce pays en or
    Ces faits, je l’ai constaté, se sont accumulés
    Mais dans cent ans encore, on jettera dehors
    Toute personne étrangère à ces moeurs de l’ère primaire.

    Ville du "qu’en dira-t’on", ville exemplaire.
    Si tu as l’aspect louche
    T’es pas ici pour plaire.
    Méthodes de barbares chez les "collet monté"
    Méthodes militaristes, gens sur lesquels je pisse.


    • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 11:15

      D’où votre humeur saumâtre.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 novembre 2008 11:40

      C’est pas mauvais la saumure

      et toi, man,

      tu nem pas le nuoc man ?


    • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 15:00

      J’aurais dû dire "saumurâtre".


    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 17 avril 2014 19:04


      C est vrai poignant et urvoas battus par leur arrogance de bobos JAMAIS SUR LE TERRAIN

      dans le finistère qui a inventé SPARTACUS ET SON SITE « CONTADENNOU DU CAP  » RAGOTS  ????
      CE SITE D UN COLONEL BIFFIN QUI A LANCE LA RUMEUR D UN CANDIDAT FN DANS LA LISTE PS D AUDIERNE ;; ;; ;

      CE SPARTACUS A disjoncté au 2ème tour éreintant ps et autres....il s’esT pris pour PETAIN soutenu dans ses reves morbides par 30 ASSOS D ANCIENS MILITAIRES....................A TENDANCE D EXTREME DROITE MI AVOUEE !!!

      DONT LA SIENNE « LA ST CYRIENNE » pétitionnant pour que les 4 martyres de la resistance DONT JEAN ZAY ASSASSINE DANS UN BOIS PAR UN PELTON D EXCECUTION DE BONS FRANCAIS DE LA MILICE

      DONC SPARTACUS NOUS DIT M R ZAY A EU UN PERE JUIF DONC IL N A PAS DROIT AU PANTHEON

      COMMENT PEUT ON S IL EXISTE VRAIMENT CE COLONEL D OPERETTE LANCER SUR UN SITE LOCAL UN APPEL AU LYNCHAGE DES JUIFS

      MON COLONEL D OPERETTE VOUS ETES LA HONTE DES RETRAITES DE L ARMEE SOIGNEZ VOUS GRAND MALADE (vous avez surement la légion d’honneurs ..... RENDEZ LA ....°) et BRISEZ VOTRE EPEE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


    • LE CHAT LE CHAT 7 novembre 2008 12:41



      Les filles de Camaret
       , voilà ce qu’il faut pour décoincer tes vieux bourges !  smiley

      • pallas 7 novembre 2008 12:44

        A l’intérieur de soi-même, DEEP INSIDE, vraiment à l’intérieur, quelque chose de invincible qui s’appelle LE SPIRIT, l’esprit. On a été bâti comme ça, on a été fait avec LE SPIRIT. Ca, c’est la ligne droite du corps, nous on pense horizontal, 1h, 2h, 3h, 4 h, on est INSECURE, les gens ont peur du temps. Quel âge tu as, 40 ans ? Alors quand je dis que j’vais mourir à 45 ans, ouai, j’me fous de la gueule des
        gens, moi ! Ils n’ont pas compris, parce que le temps, les secondes entre toi et moi sont des secondes mais pour l’oxygène qui est une matière moins compressée que ton corps humain ; 1 sconde, c’est 100 secondes et la pierre et la brique et chais pas quoi, elle est faite de compression énorme. Il faut la Black & Decker. Mais tu enlèves cette pression et tu deviens vertical comme l’esprit. Tout tombe, qu’est-ce qui reste en vie ? Les molécules faites d’électricité parce que ça bouge. Alors il y’a les molécules qui est faite de flèches (on a dit que je parlais du film, je m’exuse !) et alors l’électricité qui est faite au plus fin de sa couche de FEELING qui s’appelle LOVE et mon FEELING est : je sais que tu m’écoutes avec attention. Mais c’est dur d’entendre des choses comme ça quand il parle de la pomme et du serpent et de ADAM and EVE mais ça c’est des questions beuacoup plus pausibles. Le BIG-BANG THEORY D’EINSTEIN, I MEAN, tu mets une mollécule que tu crées, qu’il n’a pas lui, hein, il a pas la molécule, mais nous on l’a, on veut la garder, tu vois et lui il a cette énergie qui a fait le BIG BANG et l’univers a grandi et c’est ça le monde, c’est pas compliqué la vie


        • LE CHAT LE CHAT 7 novembre 2008 13:35

          Parce qu’on a créé une réalité et dans notre réalité, on a inventé le temps : les 24 heures, les 365 jours par an. Ce qui est bien ! Comme ça on sait que quand je traverse le living-room et que je marche de ma cheminée à ma fenêtre, ça prend 10 secondes mais pour l’oiseau, ça prend une seconde et pour l’oxygène 0 seconde !"  smiley


        • LE CHAT LE CHAT 7 novembre 2008 14:30

          @furtif

          chez moi , c’est pas aussi grand que chez Jean Claude Vandamme , je dois pas être assez aware !


        • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 14:58

          à Le Furtif : ça se bouscule plus que je ne l’aurais cru. Mais cet article pose une question sérieuse : Quand on vient juste de se voir décerner un prix mondial de littérature, est-il judicieux de s’enferrer dans des querelles hyper locales ?


        • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 14:51

          Georges Perros, le douarneniste d’adoption ici : La vie ordinaire de Georges Perros. Un gars simple qui aimait les gens (mon ami le poète Yan Balinec vous le dirait aussi), mais qui l’a payé de sa notoriété.


          • ASINUS 7 novembre 2008 15:00

            Mon dieu qu’il ferait bon sur la terre des hommes Si on y rencontrait cette race incongrue Cette race importune et qui partout foisonne La race des gens du terroir des gens du cru Que la vie serait belle en toutes circonstances Si vous n’aviez tiré du néant tous ces jobards Preuve peut-être bien de votre inexistence Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part Brassens Asinus de KEMPER mais peu importe

            • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 15:03

              Vous fientez par la narine, mon ami : vous souffrez s’asinusite ?


            • Mustrum 7 novembre 2008 15:08

              Il ne faut pas lire :
              "...à Brest, même quand il fait soleil, les rues se vident. "

              mais :

              "... à Brest même, quand il fait soleil, les rues se vident."



              Un brestois smiley


              • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 15:18

                Et j’ajouterai qu’en pareil cas les verres aussi se vident.

                "Ya gallou a reont !" (*)

                (*) "Yes we can !"

                Les Goristes, qui ont déjà chanté "ça c’est brestois", pourraient en faire une chanson ! Qu’ils m’écrivent pour le texte... smiley


              • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 15:19

                Heu "Ya gallout a reont !" plutôt.

                Il fait tellement pas beau que j’en perds les T indien.


              • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 16:21

                 

                "ça, ça c’est brestois !" (les Goristes, de "Brest même") :

                Vivre dans une ville de prolos ou y a d’ moins en moins de boulot, ça, ça c’est brestois !
                Avoir la culture des patros qu’ils soit laïcs ou bien cathos, ça, ça c’est brestois !
                Avoir trimballé son cartab’ chez les curés ou chez le diab’, ça, ça c’est brestois !
                Être parfaitement incapab’ de prononcer les mots en ab’, ça, ça c’est brestois !
                Fut’ en tergal,veste de survêt’, casquette et scratch sur les baskets, ça, ça c’est brestois !
                Gueuler qu’ c’est lamentab’ à Brest, au port de co y a p’us d’ gravette, ça, ça c’est brestois !
                Marcher sans bouger les bras et dire : ”ça gaze avec toi”, ça, ça c’est brestois !
                Au bistrot, aimer le vin blanc, un peu, beaucoup, passionnément, ça,ça c’est brestois !

                Refrain : Gueuler la gauloise à la lippe que les élus sont “bons à nip’ ”
                Que les chefs sont des "nuls à chier" qui connaissent que dalle au métier,
                Au port de co, aimer la pêche, aimer la £ kro, sans verre, pas fraîche,
                Avant d’envoyer une mandale r’monter ses p’lotes et son futal,
                ça c’est brestois, ça c’est brestois !

                Désigner un nul, un fainéant et dire "çuila il croche pas d’dans", ça, ça c’est brestois !
                Au boulot en chiquant une glute, jouer à “radio langue de pute” ça, ça c’est brestois !
                Faire les manifs "accordéon" moitié troquet , moitié goudron, ça, ça c’est brestois !
                Avoir créé la RTT les jours de grande marée, ça,ça c’est brestois !
                pas supporter l’autorité, pas aimer se faire emmerder, ça, ça c’est brestois !
                Mimer à qui vient te les briser qu’il va prendre une tête au carré, ça, ça c’est brestois !
                Jeune ou vieux aimer la chaille, les coups d’ savate ou les mandales, ça, ça c’est brestois
                Et à la moindre entourloupe dire au patron "j’ taille à la soupe", ça, ça c’est brestois !

                Refrain

                Pour rameuter le populo, faire des fêtes gratos à gogo, ça, ça c’est brestois !
                Descendre Æau jeudi du port dire que c’est nul, dire : “ c’est trop fort”, ça, ça c’est brestois !
                Critiquer tous les projets avant même qu’ils aient commencé, ça,ça c’est brestois !
                Ne pas respecter ses élus qui font jamais c’ qu’était prévu, ça,ça c’est brestois !
                Être fier de l’accent brestois, bouffer deux syllabes sur trois, ça,ça c’est brestois !
                Être attaché à son quartier que d’puis vingt ans on a quitté, ça,ça c’est brestois !
                Vivre dans la caravane l’été, à Lampaul ou au Conquet, ça,ça c’est brestois !
                Depuis qu’y a plus d’ baraques en bois dire que se perd l’esprit brestois,
                ça, ça c’est brestois !

                Refrain

                A l’heure de midi au quat’ moul’ avant le mail, jouer aux boules, úça, ça c’est brestois !
                Après une "sacochée balaise" s’ rincer la gueule au vichy fraise,ça, ça c’est brestois !
                Dire que l’ on se fout des gonzesses, mais mater toutes les paires de fesses
                ça,ça c’est brestois !
                Appeler le fils de l’éternel l’acrobate, ti Jean Lannuzel, ça,ça c’est brestois !
                Jalouser les gars de l’arsouille et les traiter de manches à couilles,ça,ça c’est brestois !
                A la retraite acheter un chien pour pouvoir aller boire du vin, ça, ça c’est brestois !
                Après un stage à ti-colo remettre vite fait dans son museau,ça, ça c’est brestois !
                Même si tout ça se fait ailleurs, dire que les autres sont des copieurs,
                ça,ça c’est brestois ! (bis)
                 
                 


                • Fergus fergus 7 novembre 2008 18:42

                  Merci d’avoir cité Les Goristes, l’incontournable groupe brestois. Gast ! voilà de la chanson qu’elle est bonne.


                • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 16:30

                  "ça, ça c’est brestois !" (les Goristes, un groupe de chanteurs de "Brest même") :

                  Vivre dans une ville de prolos ou y a d’ moins en moins de boulot, ça, ça c’est brestois ! 
                  Avoir la culture des patrons qu’ils soit laïcs ou bien cathos, ça, ça c’est brestois !
                  Avoir trimballé son cartab’ chez les curés ou chez le diab’, ça, ça c’est brestois !
                  Être parfaitement incapab’ de prononcer les mots en ab’, ça, ça c’est brestois !
                  Fut’ en tergal,veste de survêt’, casquette et scratch sur les baskets, ça, ça c’est brestois !
                  Gueuler qu’ c’est lamentab’ à Brest, au port de co y’a p’us d’ gravette, ça, ça c’est brestois ! 
                  Marcher sans bouger les bras et dire : ”ça gaze avec toi”, ça, ça c’est brestois !
                  Au bistrot, aimer le vin blanc, un peu, beaucoup, passionnément, ça,ça c’est brestois !

                  Refrain : Gueuler la gauloise à la lippe que les élus sont “bons à nip’ ”
                  Que les chefs sont des "nuls à chier" qui connaissent que dalle au métier, 
                  Au port de co, aimer la pêche, aimer la kro, sans verre, pas fraîche, 
                  Avant d’envoyer une mandale r’monter ses p’lotes et son futal, 
                  ça c’est brestois, ça c’est brestois !

                  Désigner un nul, un fainéant et dire "çuila il croche pas d’dans", ça, ça c’est brestois !
                  Au boulot en chiquant une glute, jouer à “radio langue de pute” ça, ça c’est brestois !
                  Faire les manifs "accordéon" moitié troquet , moitié goudron, ça, ça c’est brestois !
                  Avoir créé la RTT les jours de grande marée, ça,ça c’est brestois !
                  pas supporter l’autorité, pas aimer se faire emmerder, ça, ça c’est brestois !
                  Mimer à qui vient te les briser qu’il va prendre une tête au carré, ça, ça c’est brestois !
                  Jeune ou vieux aimer la chaille, les coups d’ savate ou les mandales, ça, ça c’est brestois 
                  Et à la moindre entourloupe dire au patron "j’ taille à la soupe", ça, ça c’est brestois !

                  Refrain

                  Pour rameuter le populo, faire des fêtes gratos à gogo, ça, ça c’est brestois !
                  Descendre au "jeudi du port" (1) dire que c’est nul, dire : “ c’est trop fort”, ça, ça c’est brestois !
                  Critiquer tous les projets avant même qu’ils aient commencé, ça,ça c’est brestois ! 
                  Ne pas respecter ses élus qui font jamais c’ qu’était prévu, ça,ça c’est brestois !
                  Être fier de l’accent brestois, bouffer deux syllabes sur trois, ça,ça c’est brestois !
                  Être attaché à son quartier que d’puis vingt ans on a quitté, ça,ça c’est brestois ! 
                  Vivre dans la caravane l’été, à Lampaul ou au Conquet, ça,ça c’est brestois !
                  Depuis qu’y a plus d’ baraques en bois dire que se perd l’esprit brestois, 
                  ça, ça c’est brestois !

                  Refrain

                  A l’heure de midi au quat’ moul’ (2) avant le mail, jouer aux boules, ça, ça c’est brestois !
                  Après une "sacochée balaise" s’ rincer la gueule au vichy fraise,ça, ça c’est brestois !
                  Dire que l’ on se fout des gonzesses, mais mater toutes les paires de fesses 
                  ça,ça c’est brestois !
                  Appeler le fils de l’éternel l’acrobate, ti Jean Lannuzel, ça,ça c’est brestois ! 
                  Jalouser les gars de l’arsouille (3) et les traiter de manches à couilles,ça,ça c’est brestois ! 
                  A la retraite acheter un chien pour pouvoir aller boire du vin, ça, ça c’est brestois !
                  Après un stage à ti-colo (4 )remettre vite fait dans son museau,ça, ça c’est brestois !
                  Même si tout ça se fait ailleurs, dire que les autres sont des copieurs,
                  ça,ça c’est brestois ! (bis)

                  NDLR :

                  (1) animations du jeudi sur le port de commerce (concerts)
                  (2) quartier de Brest, "des quatre moulins"
                  (3) Arsenal de Brest : les ouvriers de l’arsenal ont la réputation de ne rien faire et de ne rien savoir faire.
                  (4 ) centre de désintoxication alcoolique


                   


                  • Fergus fergus 7 novembre 2008 17:14

                    Des rivalités comme celle-là, il y en a partout en Bretagne. Jusqu’au nord de la baie de Morlaix (j’y ai habité dix ans) entre la bourgeoise Saint-Pol de Léon et la portuaire Roscoff, 4,5 kilomètres entre les deux villes !
                     
                    Mais ce folklore est en voie de disparition ; la preuve : les joueuses de rugby (j’ai bien écrit rugby) de différents clubs nord-finistériens et sud-finistériens se sont regroupées pour former une équipe commune qui joue au plus haut niveau ! Allez les filles, je bois à votre santé. Yec’hed mat ! 


                    • Yohan Yohan 7 novembre 2008 17:58

                      Bah, de vraie rivalité, il n’y en a plus vraiment, les deux ne respirent pas le dynamisme et la prospérité comme Vannes. 
                      Quimper est une ex bourgeoise endormie et Douarnenez ex cité bastion communiste assez tristounette, qui n’a plus guère de sardiniers vaillants


                      • Jean-paul 7 novembre 2008 17:59

                        @ la taverne des poetes
                        Etes vous plouc ou bourgeois ??????


                        • Jean-paul 7 novembre 2008 18:00

                          Arrogant par contre vous l’etes !!!


                        • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 20:21

                          ça n’a pas pris, la greffe de cerveau ? Ou bien, y aurait-il une rivalité locale entre votre hémisphère droit et votre hémisphère gauche ?


                        • La Taverne des Poètes 8 novembre 2008 00:24

                          Les Bretons sont fiers. Pas arrogants.
                          Français, regagnez votre fierté, vous aussi, et cessez d’être arrogants ! Si si ! vous l’êtes, le monde le dit.


                        • Absurde Absurde 7 novembre 2008 18:04

                          Que de glose pour un propos de bobo qui ne mérite même pas un bâillement poli. Je suis un bas-alpin épris de musique, entre autre celtique traditionnelle, et vous ne m’en voudrez pas, amis bretons et bretonnants, de ne connaître de Quimper, pardon ! Kemper, que son école de biniou, de cornemuse et d’uilean pipe créée par l’illustre Dan Ar Braz. A moins qu’elle ne soit à Brest, cette école. Peu importe, elle est en Bretagne et vu de chez moi, la Bretagne c’est Stivell, c’est la Blanche Hermine, c’est Jacquez-Hélias, c’est Gwenc’hlan Le Scouezec, c’est une entité épique, un fragment de la Celtie, une histoire d’amours et de luttes multimillénaires entre la terre et la mer... 
                          Et puis bon, en matière d’’arrogance plouc, Nice, patrie de Le Clezio, en est tout de même la capitale planétaire, non ?. 

                          Kenavo !


                          • saba 7 novembre 2008 19:59

                            Patrie qu’il n’apprécie guère, plouc ou pas.....


                          • saba 7 novembre 2008 18:14

                            "La comparaison entre Max Jacob et George Perros tourne cruellement à l’avantage du premier"

                            Je vous trouve " cruellement" dur à l’égard de Perros , moi j’aime les deux avec une petite préférence pour la poésie écorchée vive du second .Comment ne pas apprécier celui qui a écrit :

                             Vivre est assez bouleversant
                             quoique médisent nos sceptiques
                             De quoi demain sera-t’il fait
                             ô plus on va plus on le sait
                             car enfin le jeu perd sa mise
                             et les dés meurent dans nos mains
                             Porte de plus en plus étroite
                             Qu’il est maigre notre destin
                             pour y trouver de quoi le fuir.

                            Quant à la querelle Quimper -Douarnenez , cela fait " causer" comme on dit à Douarn . Probable que Le Clézio en disant préférer le port n’avait pas mesuré l’impact de ses mots


                            • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 23:58

                              Il est bien ce texte.


                            • La Taverne des Poètes 8 novembre 2008 00:14

                              "Enquête chez les ploucs", de notre correspondant de presse à Quimper :

                              Il semblerait, selon certains, que le vieux contentieux entre Douarnenez et Quimper soit dû à la statue du roi Gradlon au sommet de la cathédrale Saint-Corentin, lequel roi Gradlon regarde vers Douarnenez qu’il convoite comme sa ville d’Ys engloutie.

                              Le roi Gradlon serait "un peu arrogant"...

                              En tout cas, après enquête, il s’avère que l’auteur de cet article est d’une parfaite neutralité dans cette embrouille entre Léon et Cornouaille et Brest et Quimper : en effet, il est né à Brest de parents nés dans le Cap sizun et il vit à Quimper. Il fait remarquer que le blason du Conseil général du Finistère montre le Léon et la Cornouaille se faisant face, sous la représentation d’un lion et d’un bélier. Comme quoi l’opposition nord-sud est encore dans les mémoires. LA PREUVE ICI Mais on a retiré au lion ses dents et ses griffes .

                              Vous le saviez ça ?





                            • meccano44 7 novembre 2008 19:10

                              Bonjour,
                              L’auteur de l’article mentionne que le breton parlé au nord Finistère n’est pas le même que celui parlé au sud Finistère. Le breton parlé dans le pays de Vannes n’est pas le même non plus que celui du Trégor. A Nantes on parlait le gallo.
                              Les écoles enseignant le breton (par exemple Diwan) enseignent quel breton ? Où trouver un dictionnaire franco-breton ? J’ai cherché sans succès.
                              Avec tout ça vive la réunification de la Bretagne à 5 départements.
                              Et voilà un peu d’huile sur le feu !


                              • ZEN ZEN 7 novembre 2008 20:48

                                Faudrait demander l’avis de l’auteur du Cheval d’orgueuil

                                Moi, je ne connais pas Brest (pardon JL) , mais j’aime bien Pont l’Abbé et les plages de Benodet , Loctudy...
                                En été seulement !


                                • La Taverne des Poètes 7 novembre 2008 20:56

                                  L’île-Tudy, c’est bien mieux. Et hors saison.


                                • La Taverne des Poètes 8 novembre 2008 00:19

                                  Et le versa l’est tout autant. Jean-Michel Caradec l’aimait pluvieuse. Magnifique chanson.


                                • moebius 7 novembre 2008 23:02

                                  moi la premiére chose qu’on me demande quand je vais en Bretagne c’est si j’ai de la famille en Bretagne. On me demande ça aussi en Corse... entondons nous les corses ne me demande pas si j’ai de la famille en Bretagne mais si j’ai de la famille en Corse...j’dis qu’ j’en ai pour pas les vexer..mais parfois je confond...


                                  • moebius 7 novembre 2008 23:11

                                    ce que j’aime en Bretagne c’est surtout la mer....les Bretons...bof ! d’ailleurs les bretons n’aiment pas vraiment les bretons qui habitent un autre village que le leur.. ? si on me demande ta famille bretonne elles est de quel village ? j’dis quoi moi ? Renne ? c’est en Bretagne non ? comme Quimper ? et y’a quoi comme créperie qui soit pas trop arrogante à Quimper ?


                                  • moebius 7 novembre 2008 23:13

                                    Non je plaisante les Bretons sont beaucoup plus sympas que les Corses


                                  • La Taverne des Poètes 8 novembre 2008 00:21

                                    Quelle connerie la guerre
                                    Qu’es-tu devenue maintenant
                                    Sous cette pluie de fer
                                    De feu d’acier de sang

                                    Prévert "Barbara"



                                  • La Taverne des Poètes 8 novembre 2008 00:26

                                    Et cette fin de poème simple et superbe à la fois :

                                    Il pleut sans cesse sur Brest
                                    Comme il pleuvait avant
                                    Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
                                    C’est une pluie de deuil terrible et désolée
                                    Ce n’est même plus l’orage
                                    De fer d’acier de sang
                                    Tout simplement des nuages
                                    Qui crèvent comme des chiens
                                    Des chiens qui disparaissent
                                    Au fil de l’eau sur Brest
                                    Et vont pourrir au loin
                                    Au loin très loin de Brest
                                    Dont il ne reste rien.


                                  • Pourquoi ??? 8 novembre 2008 07:09

                                    J’adore ces querelles de clochers.

                                    C’est quand même formidable qu’à l’heure de la mondialisation, de l’uniformisation, de la globalisation, il existe encore des gens qui puissent opposer le caractère de tel village à celui de tel autre. 
                                    Ca veut dire que nous ne sommes peut-être pas définitivement condamnés à bouffer tous du macdo...
                                    Ca veut dire que nous avons encore de beaux restes et encore un peu d’espoir de ne pas fondre dans la marmite bigbrotheresque..

                                    Taverne, espèce de pen sardin, reconnais à genoux que les Trégorois sont quand même au-dessus du lot !


                                    • La Taverne des Poètes 8 novembre 2008 10:55

                                      Là vous êtes aussi arrogant que Le Clezio depuis qu’il reçu son prix Nobel. smiley


                                    • Jason Jason 8 novembre 2008 18:12

                                      Entre Brest et Quimper, ça doit être fou ce que les gens s’emmerdent pour arriver à des c.... pareilles. Oui, la petitesse occupe, et beaucou plus qu’on ne croit.

                                      Je pense au poème de Baudelaire, Le chien et le flacon. Vous m’en direz des nouvelles.

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