Tiens, ce film. Un grand moment. Un fauteuil pour deux révéla la future star américaine d’Hollywood,
Eddy Murphy, qui vola la vedette à la locomotive du film qu’était pourtant,
Dan Aykrod, star déjà, avec le programme phare et jamais démenti, des shows américains,
Saturday Night Live. Dans cette Amérique blanche, demain, serait-ce le cas ? Tout laisse à croire que oui.
Tout le monde est sur les starting-blocks. Le temps semble avoir suspendu son vol. Dans cette Amérique qui aura à choisir, entre le changement et la continuité,
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tout est mystère, situation assez hallucinante. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi on parle de suspense. Que diable. Entre une campagne de diffamation (McCain) et celle de Barack Obama, construite, vainqueur en plus des trois débats, quelque chose doit m’échapper. Passons.
Nous sommes en 1983, lorsque le réalisateur John Landis, pour son film, pense à un jeune Noir qui monte. Dans la foulée, il est aussi le maître d’œuvre du succès phénoménal d’un autre Noir, Michaël Jackson, en réalisant le clip de Thriller, le disque le plus vendu dans le monde, avec plus de 50 millions d’album. L’homme est-il conditionné par son hérédité ou par son environnement ? C’est la question existentielle que pose ce film, à l’image même, du duel de demain.
L’élection américaine est un film. Pas un vaudeville des boulevards. On croyait que le dernier marathon avait eu lieu ce week-end. Les deux candidats poursuivent ce lundi, la chasse aux indécis, représentant 6 % de la population. Entre le discours qu’on martèle à satiété sur « Obama = impôts élevés et distribution inéquitable des richesses », de la part des républicains, et « John McCain c’est la continuité de Bush » de la part des démocrates, les SMS, le porte-à-porte ou encore les appels téléphoniques, ont marqué la fin de cette campagne harassante, haletante et faite d’anxiété. Dans les deux camps.
Que va-t-il se passer demain, lors de ce Méga Thursday ? Il faut sans doute être devin pour le savoir. Néanmoins, sur les 13 millions d’Américains qui ont déjà voté par anticipation, le sénateur de l’Illinois mène déjà la course en tête, avec 9 points d’avance. Dans les derniers sondages aussi, il est crédité d’une victoire certaine, avec 51 % d’intentions de vote, contre 46 % à son adversaire. Mais… Obama sera-t-il victime d’un vote racial, seul paradigme qui peut le faire perdre ? Possible.
Les faits marquants de cette fin de campagne se situent probablement dans l’avancée du sénateur de l’Illinois dans six Etats-clés : pour un record, c’est un record. Ainsi, porté aux nues, compte tenu de la complexité de sa tâche future s’il est élu, et avec les tuiles Bush, pour qu’il s’en sorte, il va devoir cravacher un maximum.
John McCain, le « Vietnamien décati », et ses supporters s’en remettent à Dieu, surtout que la « surprise d’octobre » tant attendue n’est visiblement pas arrivée. Nous sommes bien en novembre et ni Ben Laden ni Al-Qaïda n’ont interféré. Ils espèrent, affichant une sérénité de façade, conscients surtout que sur tous les plans de la campagne, la rhétorique raciste et les accusations mensongères ont dominé les débats un certain temps, n’ont pas eu la cote, quoique demain c’est une autre histoire. Chacun est souverain dans l’isoloir. Espérance d’une renaissance du « white spirit » chère au Ku Klux Klan ? Sans doute.
Ces phénomènes sont pourtant éludés par la presse qu’on dit partisane ou, du moins, en faveur de Barack Obama. Or, il fait la meilleure campagne. Il est plus convaincant, plus serein, et ses propositions sont les meilleures, pour l’Amérique en premier, et pour le monde en général, loin de ce messianisme supposé, inventé par ses détracteurs. Obama affûte ses armes depuis déjà… six ans. Alors, les soi-disant lobbies qui le soutiennent, c’est encore de la désinformation surtout que le sénateur de l’Illinois doit sa formidable et riche campagne à ses potentiels électeurs-donateurs. Point.
>>>Allain Jules