Après la victoire de l’UDC, les regards vont se porter aussi en direction des élections fédérales de 2011.
Pas de majorités claires, alliances incertaines et défections au sein des partis, tous les ingrédients sont réunis pour que l’élection 2011 se joue selon les règles du hasard.
Pour éviter un résultat aléatoire face aux prétentions électorales de l’UDC de 2011, les partis devraient fonder leurs choix sur des critères substantiels, tels que la cohérence interne du gouvernement ou sa capacité à s’imposer face au parlement et au peuple.
Aujourd’hui le manque de cohésion des partis politiques Suisses face à des initiatives telles que celle de l’UDC du 28 novembre dernier démontrent un manque total de volonté de trouver des compromis, privilégiant leur position au sein de l’électorat suisse mais déconcerté et incapable de réagir face à un parti populiste qui trouve ses victoires dans l’utilisation de la peur, du repli sur sois même, de la xénophobie, voire du racisme. Le manque évident de s’opposer à de telles initiatives mettant la Suisse dans des situations extrêmement compliquées, va ainsi assurer un bel avenir sombre pour ce pays.
Qui connaît les moeurs parlementaires fédérales objectera immédiatement que les partis ne voteront pas « en bloc ». C’est vrai, et c’est bien ce qui rendra l’issue de ces élections si incertaine.
Cette stratégie pourrait se retourner contre tous les partis politiques, qui risque fort de payer à l’avance pour une hétérogénéité déplacée.
Simplement , parce que l’UDC tient absolument à faire élire un des leurs au Conseil Fédéral. Et qu’à ce jour, une grande confusion règne encore quant à l’ampleur du soutien à l’initiative de l’UDC par le peuple et les cantons.
Pour l’heure, les coalitions réunies pour un programme cohérent ne sont pas majoritaires et les majorités potentielles n’ont pas de programme
Les partis politiques doivent opter pour une tactique audacieuse pour s’attaquer à l’UDC, et éviter un retour de ces derniers au Conseil Fédéral.
Les retours de manivelle sont prévisibles en cas d’échec d’une politique de concertation dissolue et trop hégémonique de la part des partis. Assurant ainsi l’UDC de pouvoir à nouveau jouer le rôle de pivot dans la future coalition gouvernementale.
L’incertitude est donc à son comble et aucun scénario ne peut pour l’instant être exclu. D’un point de vue politologique, l’enjeu des élections de 2011 ne se résume cependant pas à la composition de la future coalition gouvernementale L’enjeu sera surtout de savoir si cette coalition sera apte à gouverner avec l’UDC au gouvernement.
Le principal critère qui sera invoqué pour justifier cette composition du futur gouvernement sera encore une fois celui de la proportionnalité.
La progression de l’UDC ne sera stoppée que lorsque les autres partis auront trouvé un style de discours approprié.
Philippe Frioud