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Barack Obama, premier président « postpartisan » ?

Le nouveau président des Etats-Unis sera-t-il capable de réunir le peuple américain autour d’une nouvelle dynamique rendant obsolète les anciennes divisions partisanes ? Certains y croient...

Il y a un mot à la mode dans la politique américaine depuis l’élection de Barack Obama : « postpartisan ». Il indique un positionnement politique au-delà des différences partisanes en les dépassant pour créer une nouvelle dynamique politique dans l’union. Il y avait déjà le mot bipartisan qui signifiait réunir des personnalités des deux bords pour une durée déterminée ou sur un projet spécifique comme une loi ou une vision politique plus large comme ce fut le cas, par exemple, pour la politique étrangère américaine après la deuxième guerre mondiale notamment vis-à-vis de l’Union soviétique. Mais être « postpartisan » c’est être au-delà de cette simple union de circonstance car c’est réunir les deux bords sur un projet politique global. Ce tour de force, selon les commentateurs politiques qui monopolisent actuellement les médias américains, pourrait être atteint pour la première fois par le nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama. N’a-t-il pas déjà réussi à composer une équipe gouvernementale où se retrouvent toutes les couleurs de l’échiquier politique ? N’a-t-il pas un discours réunificateur où tout le monde peut se retrouver ? N’a-t-il pas affirmé que seules les bonnes idées comptent d’où qu’elles viennent ? N’y a-t-il pas 82% des Américains qui lui font confiance ? Et, en ces temps de doute et de crise où le peuple américain recherche des repères et des points d’appui, n’est-il pas l’homme providentiel qui va unir tous les Américains dans un nouvel élan ?

Seul problème, aucune étude sérieuse ne permet d’affirmer qu’il a la moindre chance d’y arriver. Ainsi, Michael Lewis-Beck de l’Université de l’Iowa et co-auteur de « The American Voter Revisited », livre qui fait autorité dans la science politique américaine, estime que le terme « postpartisan » est un non-sens tant les élections américaines sont rythmées sur le vote partisan Républicain-Démocrate. Comme toutes les études le montrent, les électeurs républicains votent toujours au moins à 90% pour le candidat républicain et il en est de même pour les électeurs démocrates qui votent toujours au moins à 90% pour le candidat démocrate. Penser que la carte électorale peut être bouleversée est une erreur selon Michael Lewis-Beck et Barack Obama pourrait même le payer cher s’il s’aventurait trop loin dans cette volonté « postpartisane » car les Républicains ne voteraient sans doute toujours pas pour lui et les Démocrates pourraient le trouver trop proche des Républicains et ne plus voter pour lui parce que traître à son propre parti !

Bien sûr, un homme providentiel peut faire bouger la carte électorale. Au-delà du fait que cela ne dure le plus souvent que le temps du parcours politique de cette personnalité, la recomposition demeure souvent limitée. Mais les études scientifiques ne sont-elles pas, aussi, faites pour être contredites un jour par les faits ? Si l’on est optimiste et que l’on souhaite que Barack Obama réussisse dans son entreprise, quelques rappels de l’élection ne sont pas inutiles pour apprécier l’ampleur de sa tâche. Ainsi, pour les universitaires Jim Stimson de l’Université de Caroline du Nord et Franck Baumgartner de l’Université de Pennsylvanie, Barack Obama est un président mal élu... En effet, selon toutes les projections, la situation catastrophique du pays et la relative faiblesse de son concurrent républicain, il aurait du obtenir au bas mot 58% des voix. Or, il n’en a obtenu que 53,5%. Les 4,5 points qui lui manquent viennent sans doute, pour eux, de la couleur de sa peau. Dès lors, on peut penser que l’entreprise « postpartisane » sera excessivement difficile à réaliser. Sans oublier que la polarisation politique est très forte avec une gauche du Parti démocrate très à gauche et une droite du Parti républicain très à droite, cette dernière attendant les premiers faux-pas du nouveau président pour ruer dans les brancards.

Néanmoins, comme le disent également les universitaires cités plus haut, il ne faut pas oublier que Barack Obama a été élu et qu’il s’agissait certainement là d’un premier tour de force historique. Ainsi, il est non seulement le premier président noir des Etats-Unis mais sa carrière politique a été météorique. Qui aurait parié un seul cent sur ses chances il y a quatre ans de cela ? Et puis, il y a un « avant » l’élection et un « après ». Ici, le déclic a été l’élection. Même si Obama était le favori, même si même un « chien jaune » démocrate (expression texane !) aurait été élu cette année contre n’importe quel Républicain, il a réussi à briser « le plafond de verre » et ouvert un nouveau temps politique. Il n’y a qu’à voir l’engouement politique sur sa personne et les attentes sur sa politique pour se rendre compte qu’un nouveau chapitre de l’histoire américaine a peut-être été ouvert le 4 novembre 2008. Et si Barack Obama parvenait à être un président « postpartisan » alors il rentrerait dans l’histoire comme le plus grand des présidents américains. Nous en reparlerons dans quatre ans ou peut-être huit…

 

Alexandre Vatimbella


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2 réactions à cet article    


  • Dubrovac 20 janvier 2009 15:01

    Obama par ci, Obama par la
    La femme de Obama
    Les filles de Obama
    L’enfance de Obama
    Le triomphe de Obama
    Obama contre Dr. No
    Obama par ci, Obama par la
     
    J’en peux plus, il est partout : Télé, Internet, Radios, Journaux, Magazines, ma femme, ma belle mère, la concierge, les voisins ! Le Messie interplanétaire qui doit sauver l’humanité vient d’arriver aujourd’hui apparemment, sinon pourquoi ce rouleau compresseur médiatique ?


    • François M. 20 janvier 2009 16:02
      Inauguration royale de Barack Obama et de son gouvernement de continuité

      Ne vous attendez pas à ce qu’il mette fin à la fausse guerre contre le terrorisme. Il a déclaré qu’il désirait augmenter le nombre de troupes en Afghanistan et qu’il est déterminé à écraser l’Al Qaïda et de tuer Bin Laden. Perpétuation d’un grand mensonge puisque l’Al Qaïda est une création de la CIA, le nom signifiant une base de donnée dans les ordinateurs de la CIA et Tim Osman, plus connu sous le nom de l’infâme Bin Laden, a été sur la liste de paye de la CIA depuis la fin des années ‘70. Tim est maintenant mort, mais Obama l’a désigné ennemi numéro un du pays et veut le tuer de nouveau .

      Donc, bien ancré dans la même culture de la peur et du militarisme, Barack Obama ne va probablement pas faire grand chose pour juger les responsables de la torture, des crimes de guerre commis par la CIA et les entrepreneurs militaires privés tels que les Blackwater et Halliburton. Une liste a fait surface énumérant des lieux potentiels pour transférer les prisonniers de Guantanamo qui sera fort probablement fermée craignant la pression de l’opinion publique. Cela revient à dire que la pratique répandue de la torture dans les prisons américaines ne s’arrêtera pas, mais sera simplement déplacée vers des lieux où nos yeux n’auront pas accès. Bush a déclaré que la torture est toujours nécessaire et Dick Cheney a averti Obama de risque à la sécurité s’il bannissait la torture à l’eau (waterboarding). Pourtant, ce n’est pas le matériel nécessaire qui manque pour trainer en cour les responsables de la torture.

      Conclusion

      Ce n’est pas un gouvernement de changement que Barack Obama nous propose, c’est un gouvernement de continuité des anciens gouvernements sous Bill Clinton et des Bush. C’est une continuité de l’establishment, de l’ordre établi et du pouvoir en place à Washington. Les supporteurs d’Obama déçus des nominations et promesses de campagnes électorales déjà trahies se sont fait dire par ce dernier que ce ne sont pas les gens qu’il a choisi qui constituent le changement, mais bien lui-même, en déclarant : “je suis le changement“. Alors, qu’est-ce que ce changement signifie si ce n’est pas Obama qui possède le vrai pouvoir à Washington et qui prend les vraies décisions ? Tout cela prend des airs d’une nouvelle campagne de relation publique sous un nouveau visage, mais avec le même agenda des intérêts spéciaux de l’establishment, de l’élite en place.

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