L’Arabie saoudite : cheville ouvrière du nouveau Moyen-Orient
Le poids stratégique croissant du Royaume d’Arabie saoudite dans les relations internationales est difficile à exagérer. Il va au-delà du rôle influent et actif du Royaume au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et du bloc OPEP+, qui ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
La puissance économique du Royaume lui permet de jouer un rôle important dans le cadre du G20, le plus grand bloc économique du monde, qui comprend les pays et les économies les plus influents, représentant environ 90 % du PIB mondial, ainsi qu’environ 75 % du commerce mondial et deux tiers de la population mondiale. L’économie saoudienne se classant au 16e rang des économies du groupe en termes de PIB, selon les statistiques de 2021, le Royaume joue un rôle essentiel au sein du groupe.
En outre, le Royaume a rejoint l’Organisation de coopération de Shanghai, dirigée par la Chine, en tant que partenaire de dialogue. Cette étape reflète les nouveaux calculs diplomatiques du Royaume dans le monde post-Ukraine.
Le Royaume ne doit pas seulement son rôle régional et international à son statut de puissance économique et d’investissement, mais il traduit également ses capacités, son potentiel et ses ressources en action diplomatique, projetant une nouvelle image de marque du pays digne d’admiration et de respect au niveau international.
Devenu un point focal de l’attention mondiale, sur les plans économique, commercial, politique, diplomatique, culturel et sportif, le Royaume a récemment fait l’objet d’une attention accrue de la part des médias. Dans ce contexte, les efforts déployés par les États-Unis pour parvenir à un accord de paix israélo-saoudien font l’objet de discussions.
Il ne s’agit pas ici du sujet lui-même ni des spéculations médiatiques qui l’entourent, difficiles à confirmer ou à infirmer, compte tenu des caractéristiques de la diplomatie saoudienne. Opérant dans tous les aspects de ses relations internationales avec calme et discrétion, la diplomatie saoudienne veille à la réalisation des intérêts et des objectifs stratégiques du Royaume dans ses actions, loin des rumeurs, des spéculations et du battage médiatique.
Nous avons été témoins de cette réalité lors des négociations qui se sont déroulées à travers différentes étapes temporelles et procédurales entre les diplomaties saoudienne et iranienne. Tout a commencé par une médiation irakienne et s’est terminé par une médiation chinoise, une étape qui a attiré l’attention de la communauté internationale.
Le Royaume d’Arabie saoudite sait parfaitement ce qu’il attend de ses relations régionales et internationales et comprend certainement ses objectifs. Alors que le prince héritier Mohammed bin Salman conduit son pays vers une transformation qualitative historique à tous les niveaux et sur tous les fronts, il gagne de plus en plus le respect et l’appréciation de la communauté internationale. À la lumière de cette impressionnante ouverture dont témoigne le Royaume, celui-ci devient un sujet d’intérêt pour tous les pays du monde, y compris Israël.
Ce qui compte ici, ce sont les intérêts stratégiques et la coopération mutuelle, au-delà des slogans et des caprices. Le réalisme et les calculs stratégiques précis qui gouvernent la diplomatie saoudienne depuis deux ans à l’égard de l’Iran, de la Turquie, de la Syrie, du Yémen et d’autres fronts directement ou indirectement liés à la politique étrangère du Royaume sont les mêmes que nous, observateurs, attendons des décideurs saoudiens qu’ils prennent en compte. Qu’il s’agisse d’établir des relations avec Israël ou d’autres, ces facteurs devraient guider leur approche.
En devenant une force centrale indispensable à la construction de la sécurité et de la stabilité, tant au niveau régional au Moyen-Orient qu’au niveau international, le Royaume d’Arabie saoudite reconnaît l’importance de sa position à l’égard des autres parties régionales. Il est bien conscient que sa position est un facteur très influent dans les équations et les calculs géopolitiques.
Si l’on ajoute à cela la position stratégique du Royaume, tant sur le plan spirituel/religieux que sur le plan arabe, on se rend compte que la question va au-delà d’un simple accord de normalisation ou de toute autre question spécifique. Il s’agit en fait de la situation régionale dans son ensemble. Actuellement, un processus de réorganisation des alliances, des connexions et des relations est en cours aux niveaux régional et international, dans le cadre des efforts déployés par le Royaume pour atteindre les objectifs ambitieux de la Vision 2030.
Il faut un environnement régional favorable et une nouvelle dynamique pour les relations régionales, ce qui nécessite d’assurer la réalisation des intérêts stratégiques saoudiens tout en évitant les conflits et les tensions avec quelque partie que ce soit. Il est essentiel de naviguer à travers un large éventail de sensibilités, de complexités et de contradictions, tout en veillant à éviter tout impact négatif et à accumuler des retours stratégiques qualitatifs pour la diplomatie saoudienne.
Reflétant les politiques du Royaume en tant que poids lourd régional jouant un rôle influent dans l’économie mondiale, la diplomatie saoudienne construit ses partenariats stratégiques internationaux avec ses alliés sur la base de principes qui tiennent compte de la diversité et du pluralisme. Elle évite de s’impliquer en tant que partie dans tout conflit international pour la domination et l’influence, tant au niveau mondial que régional.
Par conséquent, l’examen de ses relations avec toutes les parties régionales est, à mon avis, soumis à des calculs pragmatiques liés aux intérêts stratégiques du Royaume et à son rôle de chef de file dans les mondes arabe et islamique. La construction de ponts avec toute partie régionale ne sera poursuivie que si des critères suffisants sont en place pour garantir la réalisation de ces intérêts.
Selon moi, au stade actuel, sous la direction du prince héritier Mohammed bin Salman, la diplomatie saoudienne, avec son activité, sa maturité et sa capacité à manœuvrer et à traiter des questions complexes, démontre sa capacité à dégager un consensus. Cela s’applique à la fois à ses alliances internationales et à son approche visant à garantir la réalisation des intérêts de toutes les parties régionales.
Pour créer l’environnement stratégique nécessaire à la sécurité et à la stabilité et à la construction d’un nouveau Moyen-Orient exempt de conflits et de tensions, il est essentiel que les autres parties régionales reconnaissent que les règles du jeu régional et international ont changé.
Elles doivent agir en fonction de ce qui est nécessaire pour parvenir à la stabilité dans une région en crise qui exige d’immenses efforts diplomatiques. Cela nécessite des solutions créatives et une nouvelle réflexion qui éloignent tout le monde des conflits et garantissent la coexistence et la paix.
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