L’Europe reconnaît les exactions de Tsahal dans la bande de Gaza, mais à demi-mot
L’Union européenne et ses professionnels de la communication ont pleinement admis le caractère criminel des agissements israéliens, avec un stratagème pour que cela ne débouche sur strictement rien, sinon le maintien de l’impunité des assassins.
Le rapport n’étant pas publié officiellement, cela permet à l’Union européenne de faire comme s’il n’existait pas, et par conséquent de continuer son soutien au massacre du peuple palestinien. A propos d’Union européenne, et alors que les élections européennes approchent, on verra quels candidats prennent l’engagement, pour la campagne, de se prononcer publiquement pour l’application effective d’un boycott d’Israël, tant que cet État continuera ses agissements criminels.
Voici l’essentiel du rapport de l’Union européenne, dont rend compte René Backmann pour le Nouvel’Obs.
Le rapport confidentiel de l’Union européenne sur Jerusalem-Est
par René Backmann, NouvelObs.com, 19.03.2009.
Dans un rapport confidentiel daté du 15 décembre 2008, dont le Nouvel Observateur a obtenu une copie, l’Union européenne accuse le gouvernement israélien d’utiliser le développement de la colonisation, la construction du mur de séparation, la planification des voies de circulation, l’instauration du régime des permis de résidence et de déplacements imposés aux Palestiniens pour “poursuivre activement l’annexion illégale de Jérusalem-Est”.
Dû à l’initiative du consul général du Royaume-Uni à Jérusalem, ce document de 20 pages, illustré de plusieurs cartes, est le fruit des contributions des consuls généraux des pays de l’Union Européenne à Jérusalem et des chefs de leurs bureaux à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne.
L’intention de séparer Jérusalem-Est de la Cisjordanie
La barrière de séparation, future frontière de l’État d’Israël ?
Les infrastructures de transport, construites et projetées par Israël, comme la poursuite de la construction du mur de séparation contribuent également, selon le document, à saper les bases d’une future négociation. “86% du trajet de la barrière, y compris à Jerusalem-Est, constatent les auteurs du rapport, sont à l’intérieur de la ligne d’armistice de 1949 (la Ligne verte) en Cisjordanie. La barrière s’éloigne de la Ligne verte pour inclure 80 colonies, dont 12 à Jérusalem-est, où vivent 385.000 colons israéliens, du côté ‘israélien’ du mur”. “Il n’est donc pas difficile de comprendre, poursuit le document, que nombre de Palestiniens redoutent de voir la barrière de séparation devenir la future frontière avec l’Etat d’Israël”. Alors que, selon le rapport, 285.000 Palestiniens qui résident aujourd’hui entre le mur et la Ligne verte sont désormais coupés de la Cisjordanie, le franchissement des checks point et le régime des permis imposés aux Palestiniens a été durci. “Ces restrictions, écrivent les diplomates européens, soumettent la vie quotidienne des Palestiniens à des contraintes qui à leur tour, accroissent la frustration et nourrissent l’extrémisme”.
La politique israélienne des faits accomplis affaiblit le soutien au processus de paix
Ajoutées à la colère provoquée par la politique israélienne de démolition des maisons palestiniennes à Jérusalem (400 depuis 2004), les mesures “discriminatoires” appliquées en matière de droit de résidence, la fermeture des principales institutions palestiniennes à Jérusalem, et les restrictions imposées par Israël à la liberté religieuse des Palestiniens chrétiens et musulmans relèvent, selon ce document d’une pratique des “faits accomplis sur le terrain” qui “sape la crédibilité de l’Autorité palestinienne et affaiblit le soutien populaire aux négociations de paix entre Israël et les Palestiniens”.
Une “base de données” condamnée à la confidentialité
Certains États membres, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni et l’Espagne, ne seraient pas hostiles à lui donner davantage de visibilité, surtout après le voyage de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton à Jérusalem, où elle a tenu aux dirigeants israéliens un discours au moins aussi critique, notamment sur la question de la colonisation et de la démolition des maisons à Jérusalem-Est.
Au Quai d’Orsay, les familiers du dossier confient qu’ils considèrent le document comme une “base de données” précieuse pour surveiller l’application de la Feuille de route, adoptée en 2003 par le “quartette” (Etats-Unis, Nations Unies, Union Européenne, Russie), et pour discuter à Bruxelles la politique de l’Union, sur le dossier israélo-palestinien, mais ils ajoutent que, faute de consensus, ce rapport est condamné à demeurer confidentiel.
En 2005, déjà, un rapport rédigé par les mêmes, et avec la même tonalité globale avait été enfoui dans un tiroir, à la demande de plusieurs pays dont l’Italie, avec l’assentiment de Javier Solana.
En espérant qu’il y aura des candidats aux européennes capables de prendre leurs responsabilités qui proposeront des sanctions contre Israël pour indiquer notre désaprobation. Bien-sûr, je suis conscient de l’importance économique que représente ce marché, c’est d’ailleurs pour cela que l’Europe tient à rester dans les petits papiers israéliens. Mais ce que nous ne condamnons pas nous en rend complice.
Sources :
alterinfo.net
nouvelobs.com
lire mes articles sur Israël :
Israël, on prend les même et on recommence
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