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Accueil du site > Actualités > International > La Corée du Sud est-elle un Etat indépendant ?

La Corée du Sud est-elle un Etat indépendant ?

D’ici quelques années, la Corée du Sud devrait reprendre le contrôle de son armée dans sa totalité.
 
Qu’est-ce que cela veut dire ? la Corée n’est-elle pas un pays souverain en mesure de diriger son armée comme bon lui semble selon les circonstances et les besoins qui se présentent ?
 
Et bien non.
En tout cas pas encore.
 
Dans l’état actuel des choses, le contrôle de l’armée sud-coréenne au plus haut niveau en cas de guerre est entre les mains des américains.
 
Aussi incroyable que cela puisse paraître, le contrôle des forces armées sud-coréennes en temps de paix appartenait aux américains jusqu’en 1994.
Puis, plus récemment, lors d’un discours prononcé le 15 août 2004, c’est Roh Mu-hyunn, le précédent président de Corée du Sud (maintenant décédé suite à son suicide en mai de cette année), qui a fait mention de l’importance pour la Corée du Sud de posséder une défense indépendante, afin d’émanciper son pays de la tutelle militaire américaine, en développant un partenariat avec les Etats-Unis où ces derniers joueraient un rôle d’allié dans pour autant avoir droit de regard sur l’armée coréenne en tant que telle.
 
La Corée a donc récupéré le contrôle de son armée en temps de paix en 1994, et devrait le récupérer le 17 avril 2012 pour une situation en cas de guerre.
 
La Corée et les Coréens étant un pays et un peuple assez complexes, la décision du président sud-coréen de mettre fin à ce contrôle militaire a rencontré de vives résistances de la part d’une certaine catégorie de la population, principalement la vieille génération, pour qui les Etats-Unis sont synonymes d’allié protecteur de la péninsule sans qui le Sud serait irrémédiablement tombé aux mains des communistes du Nord.
 
Il n’est bien sûr pas nécessaire de céder le contrôle de son armée pour nouer une alliance forte et d’être assuré de la protection d’une grande puissance – après tout, c’est le cas de nombre d’alliés des Américains ou des Russes – mais ce n’est apparemment pas ce que pensent certains Coréens, qui craignent que la récupération – fort légitime au demeurant – de ce contrôle ne soit perçue comme un affaiblissement de leur armée pour des yeux extérieurs malveillants.
 
La transformation de l’alliance militaire américano-coréenne inquiète d’autant plus certains supporters coréens des Etats-Unis qu’elle ne représente qu’un des volets des changements apportés par le défunt président. En effet, la relocalisation prochaine d’une importante base militaire américaine se trouvant en plein centre de Séoul (d’une taille équivalente à Central Park) à Pyeongtaek, à environ 65 kilomètres au sud de la capitale, alimente les craintes de ceux qui pensent que leur pays est en train d’affaiblir ses défenses face à une attaque éventuelle des Nord-Coréens.
 
Les mêmes s’inquiètent qu’un tel déménagement soit le signe d’un désengagement américain dans la péninsule qui pourrait déboucher sur de plus grandes probabilités d’un conflit armé. En effet, en mettant hors de portée ses troupes de la ‘killer box’ qu’est Séoul, les Américains s’assureraient ainsi des pertes réduites en cas de bombardement de la capitale, et seraient alors moins hésitants à engager de front le Nord, et à empêcher le redémarrage d’une guerre qui n’a jamais officiellement cessé (seul un armistice a été signé en 1953).
 
Il faut savoir que Séoul se trouve à portée de canon de l’artillerie du Nord et un conflit armé ferait un vrai carnage parmi les 20 millions de résidents de l’agglomération séoulite.
 
Qu’un tel débat portant sur un élément clef de la souveraineté même d’un pays puisse exister peut sembler étonnant, car en effet quoi de plus symbolique de l’indépendance d’un pays que le contrôle de son armée ?
 
Etant donné que l’alliance actuelle entre la Corée du Nord et les Etats-Unis est l’héritage direct de la guerre de Corée (1950-53), issue de la Guerre Froide, et sachant que cette guerre est techniquement encore en cours, on pourrait être tenté de voir l’origine des craintes sud-coréennes dans la guerre civile qui a eu lieu il y a maintenant presque 60 ans.
 
Mais cela serait ignorer les siècles d’histoire de la Corée, pour lesquels les Coréens ne se lassent pas de vanter leur pays.
 
En fait, à y regarder de plus près on s’aperçoit d’une chose essentielle dans l’histoire millénaire de la péninsule, c’est qu’une grande part de son histoire récente, voire moins récente, peut être caractérisée par une absence de réelle indépendance.
 
La péninsule coréenne a été occupée par le Japon de 1910 à 1945, période capitale pendant laquelle la Corée avait temporairement cessé d’exister au niveau des relations internationales et qui est encore à l’origine de désaccords avec le Japon de nos jours pour, notamment, l’appellation des mers environnantes (exemple : ‘mer du Japon’ à la place de ‘mer de l’Est’ ou vice-versa) figurant actuellement sur de nombreux atlas dans le monde.
 
La période précédant l’occupation japonaise correspond à la dynastie Yi, ou la période Joseon, au choix, s’étendant sur plus de 500 ans, de 1392 à 1910.
Même si au cours de cette période on ne peut remettre en cause le fait que la Corée était un ‘pays indépendant’, il est également vrai que les coréens eux-mêmes reconnaissaient la primauté de la Chine dans la région et lui présentaient un tribu annuel en signe de soumission, et attendaient de la Chine protection et une attitude bienveillante à leur égard, à l’image d’un grand frère veillant sur le cadet ; une image et un rôle d’ailleurs rempli par la Chine, notamment au cours de l’invasion japonaise de 1592-1598, au cours de laquelle les chinois avaient envoyé de nombreux renforts, affaiblissant ainsi son armée face aux invasions mandchoues qui n’allaient pas tarder à pointer le bout de leur nez.
 
Sans remonter plus avant dans le temps, on constate très vite un élément qui caractérise une grande partie de l’histoire coréenne, à savoir que la Corée a rarement été dans une position de pays indépendant que ce soit au niveau matériel (occupation japonaise) ou psychologique (position de vassal affirmée vis-à-vis de la Chine pendant des centaines d’années).
 
A la lumière de ces informations, il n’est donc finalement pas étonnant de constater les réticences de certains Coréens en ce qui concerne la volonté de leur gouvernement de développer une ligne affichant une plus grande indépendance. Pour ceux-là, indépendance est synonyme à la fois d’insécurité (qui viendra en aide à la Corée en cas de pépin ?) et d’inconnu (quelles en sont les implications ? Il faut se prendre en main).
 
En somme, la Corée a du mal à se libérer d’un schéma de soumission imprimé dans son histoire au cours de plusieurs centaines d’années. On peut se poser la question de la capacité de la Corée à développer une ligne plus indépendante qui aurait pour but d’entretenir une relation plus ‘égalitaire’ avec les Américains. Ce n’est pas chose facile, mais étant donné le récent statut de pays riche de la Corée du Sud et sa non moins récente influence à travers toute l’Asie à travers sa culture Pop, ses séries télé et son cinéma, on se prend à penser qu’il est possible qu’elle réalise finalement qu’elle a un rôle à jouer au niveau international, libérée en partie de l’influence américaine omniprésente, et qu’il ne tient qu’à elle à affirmer enfin, après une parenthèse de plusieurs centaines d’années, le caractère unique de sa culture et de sa vision du monde.
 
Mais il faut d’abord pour cela que les Coréens soient persuadés de leur capacité à s’émanciper et à agir de manière indépendante du bon-vouloir d’une autre grande puissance. Un processus qui, s’il se produit un jour, demandera probablement encore de nombreuses années.
 

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14 réactions à cet article    


  • W.Best fonzibrain 27 octobre 2009 12:28

    hello, merci pour cet article, je n’étais pas du tout au courant de ces « modalités » de « l’alliance » avec les usa.


    c’est marrant que ce soit pour 2012 qu’ils récupèrent leur armée !!

    sinon, j’ai une question.

    penses tu que la réunification soit réelement possible, je ne parle pas financièrement, mais idéologiquement.
    les coréens du nords sont réellement à ce point coupé du monde ?

    j’espère e de tout coeur que la corée sera réunifiéet qu’elle ne s era ni communiste ni ultra capitaliste qui vire au fascisme technologique.

    j’ai vaguement entendu parler de ce code à 16 chiffres (?) donné à chaque citoyen, c’est quand même flippant, je crois aussi qu’il y a des vols d’identité.

    enfin bref, merci pour l’article.


    • Ahlen Ahlen 27 octobre 2009 13:01

      Article édifiant. J’aurais aimé que l’auteur fasse un parallèle avec le Japon, relativement à l’influence américaine. Possible que l’exemple de la Corée du Sud servirait aux américains pour étendre leur hégémonie, mais tout le monde n’est pas la Corée du Sud.


      • franck2010 27 octobre 2009 17:30

        Il se trouve que le peuple coréen dans sa masse est défavorable à une alliance avec les américains et ne craint pas la bombe nord-coréenne....inutile de chercher ce genre d’informations sur les médias occidentaux.. !

        L’OTAN qui lie les mains des différents pays européens est sous commandement américain...


      • Bruno Payen 27 octobre 2009 14:10

        @ fonzibrain : la réunification est-elle possible idéologiquement ? Bonne question... ça dépend peut-être de ce qu’on entend d’abord par ’réunification’. Il est peu probable que si réunification il y a elle se fasse comme pour l’Allemagne, par assimilation. Les situations sont très différentes.

        Par contre on peu imaginer, comme l’avait fait Kim Dae-jung, président sud-coréen de 1997 à 2002 un rapprochement progressif entre les deux pays, et c’est en fait ce qui avait été commencé il y a quelques années avec la création d’une zone industrielle ’sud-coréenne’ à Kaesong en Corée du Nord (où travaillent des nord-coréens) mais qui a connu un coup d’arrêt en gros depuis l’arrivée du nouveau président Lee Myung-bak au sud (en 2007) et sa ligne dure envers son voisin nordique.
        Bref, je pense que c’est possible à terme, mais avec du temps. A moins que tout le monde se trompe, que Kim Jong-il meure demain, que la population et l’armée se soulèvent, renversent les vieux croûtons au pouvoir et que le Sud accueille à bras ouverts X millions de réfugiés sur son territoire. on peut toujours rêver.
        (sinon, nous aussi on a des numéros d’identification : carte d’identité ou numéro de sécurité sociale...)

        @ Pasou
        Pour info, une grande partie des riches entreprises sud-coréennes au pouvoir, et bien des hommes politiques, sont les héritiers directs de collaborateurs sous l’occupation japonaise (1910-1945) mis en place à l’époque part les Américains par peur de soutenir un éventuel communiste. Le Nord est certes un régime dictatorial mais n’a pas ce passé qui la suit comme un boulet. Un grand nombre de coréens réfugiés au nord sont initialement des résistants contre l’occupation japonaise.
        Cet article ne fait pas l’apologie du régime nord-coréen. Je n’en parle d’ailleurs pas.

        @ Ahlen
        Bonne idée l’article sur le Japon. Je l’attends avec impatience ! Au boulot ! smiley


        • non666 non666 27 octobre 2009 14:10

          Il y en a d’autres.

          La Grande Bretagne a une armée, une force nucleaire, mais chacun de ses sous-marins embarque un « commissaire politique » US qui valide les tirs (systeme de la double clef)
          Cela revient a faire financer une partie de son arsenal par un allié.....
          La Grande bretagne est d’ailleurs completement alignée sur les etats unis depuis l’expedition de suez.

          Le Japon ne posse en theorie qu’une « force d’autodefense ».
          Chaque programme d’armement est toujours visé par la puissance occupante qui se donne le droit de s’acaparer la technologie.....

          On parle de la liberté militaire du Koweit et de l’arabie seoudite ?

          L’Egypte reçoit des equipement et est donc desormais « aux ordres » , comme la Turquie.

          En Amerique latine, l’ile de grenade, le Panama n’ont aucune autonomie militaire.
          Quand a la colombie, apres s’etre faite deposseder de Panama par les etats unis , elle est contrainte de laisser la DEA agir librement, maintenant que les cartels colombiens ne sont plus sous controle de la CIA....

          Donc bienvenu dans le monde reel !



          • ELCHETORIX 27 octobre 2009 14:37

            bonjour l’auteur votre article est bien explicite de la région extrême-orientale et plus précisément sur la corée du sud et son placement sur l’échiquier mondial. La COREE DU SUD est un « pion » qui arrange les USA , dans le cadre de la 3ème guerre mondiale ( non déclarée ) qu’est la guerre mondial économique ; qui est en gros - quel sera la puissance économique qui dominera le monde au cours de ce nouveau siècle ? l’ OCCIDENT , avec son fer de lance que sont l’ U.U. , les U.S.A. + le JAPON etc..OU le B.R.I.C. WAIT and SEE !


            • Traroth Traroth 27 octobre 2009 18:23

              "La Corée a donc récupéré le contrôle de son armée en temps de paix en 1994, et devrait le récupérer le 17 avril 2012 pour une situation en cas de guerre" : Autant dire qu’ils n’ont rien récupéré du tout, à part le droit de financer eux-même leur armée : Une armée en temps de paix, ça sert à quoi ?


              • Marc Blanchard Marc Blanchard 28 octobre 2009 06:01

                Très bon article qui révèle encore la souveraineté impérialiste US.
                Pour ma part j’ai tendance à penser qu’un état diabolisé par les médias (donc qui ne se soumet pas) est plus vivable qu’un état qui se soumet.
                Je ne connais pas la Corée du nord ni du Sud, donc je me garderai bien d’en parler. mais ça me fait penser à une vieille technique déjà utilisée entre autres au Vietnam.

                Diviser pour mieux régner, piller les ressources et les richesses, et puis laisser les gens se battre entre eux pour vendre des armes . Quelque soient ceux qui gagnent ou qui perdent ou qui meurent, c’est tout benef pour l’industrie occidentale.

                Qui est le pire ? le président de la Corée du sud qui brade ses richesses tout en montant des usines US à la frontière du Nord pour en exploiter la main d’œuvre ?
                Ou le président du Nord qui essaie de résister pour préserver l’identité de son peuple car il sait que si il lâche ils vont devenir esclaves de l’impérialisme... ?


                • ELCHETORIX 28 octobre 2009 11:41

                  très bonne analyse courte et précise , que j’approuve !
                  merci


                • frédéric lyon 28 octobre 2009 07:40

                  La réussite économique de la Corée du Sud lui assure une indépendance dont ne dispose plus la Corée du Nord, totalement inféodée à la Chine à cause de sa situation économique désastreuse. La Corée du Nord ne peut même plus nourrir sa population


                  Cet article est donc un peu bizarre, puisqu’il inverse complètement la réalité entre les deux Corées. Mais il s’agit bien sûr d’un simple article de propagande politique, comme tant d’articles du « journalisme citoyen ».

                  A noter que l’inféodation de la Corée du Nord à la Chine aura au moins un avantage : elle contraindra la Corée du Nord à renoncer à son armement nucléaire, car la Chine est bien la dernière puissance dans le monde, avec le Japon, a vouloir un pays hystérique doté de l’arme nucléaire dans son arrière-cour.

                  • french_car 28 octobre 2009 09:06

                    @f lyon
                    Pouvez-vous développer votre pensée ?
                    Quand vous dites que l’article inverse la réalité entre les 2 Corées vous volez dire que c’est Séoul qui pointe son armement sur PyongYang et qui peut y faire un carnage ?


                  • Bruno Payen 28 octobre 2009 10:31

                    @ Lyon : J’ai du mal à comprendre en quoi l’exposé de la situation concernant le contrôle effectif de l’armée sud-coréenne par les Etats-Unis peut être assimilé à de la propagande. Ce serait plutôt de ne pas en parler qui serait en faire en quelque sorte ’par omission’.

                    Je parle très peu de la Corée du Nord dans cet article (on ne peut pas tout couvrir) et ne suggère pas que tout va mieux dans le meilleur des mondes possibles en Corée du Nord. Le fait que la situation nord-coréenne est ubuesque n’empêche pas de porter un regard critique sur son voisin du Sud, où je me trouve d’ailleurs habiter depuis 2002.

                    Sachons distinguer la propagande du droit à l’information s’il vous plait.


                  • moon88 5 novembre 2009 08:25

                    Merci beaucoup pour votre article qui ma fait réfléchir sur ce sujet qui suscite encore beaucoup de débats dans le milieu socio-politique en Corée du Sud.

                    Je suis étudiante coréenne et je dois vous avouer que votre argument sur 
                    l’
                    emprise américaine qui empêche le gouvernement sud- coréen de réagir en tant qu’un « véritable »état independant 
                    est tout à fait valable, malgré mon mécontentement par rapport 
                    à la réticence de quelques Sud-coréens qui revendiquent la reconnaissance 
                    définitive de notre indépendance.


                    Toutefois
                    il me semble que votre interprétation de notre situation diplomatique 
                    avant l’
                    établissement de la république, (je parle plus exactement de votre idée 
                    que la Corée a toujours compté sur la protection garantie par des anciens empires
                     chinois), est exagérée. Vous dites que la Coree a dû mal à se libérer d’un schéma 
                    de soumission imprimé dans son histoire au cours de plusieurs centaines d’année
                    et prétendez que les Coréens sont hésitants de jouir du statut des citoyens d’un pays indépendant 
                    parce que, selon vous, l’indépendance est, pour les Coréens, synonyme a la fois de l’insécurité et de l’inconnu. 
                    Je voudrais vous dire avec certitude que vous vous trompez sur ce point. 

                    En réalité
                    nous ne craignons pas de l’indépendance. La plupart d’entre nous 
                    ne pensent pas de même manière que certains extrêmes droites qui méprisent 
                    la Corée du Nord et cherchent à saboter tous les projets gouvernementaux 
                    pour renforcer le lien avec le Nord. De nombreux internautes, non seulement 
                    les jeunes mais aussi les personnes érudites, sont des participants à des manifestations 
                    demandant l’expiation des soldats américains qui font souffrir les victimes coréen(ne)s.

                    Savez-vous pourquoi l’
                    armée américaine y reste encore en dépit de
                     l’opinion publique défavorable à l’installation de l’armée américaine ? 
                    C’est à cause de certaines contraintes, notamment les accords déraisonnablement 
                    penchés sur l’intérêt des Etats-Unis comme SOFA(le diminutif de "Status of Forces Agreement, un accord qui a donné la possiblité 
                    aux soldats américains à bénéficier d’un privilege d’impunité.)
                    Selon une statistique faite en 2001, le taux d’expiation des soldats américains 
                    accusés dans les tribunals coréens restait très faible, à 3,2%. 
                    La raison principale de cela est la loi supplémentaire à 
                    SOFA qui exige à nos authorités judiciaires de cesser toutes les procédures 
                    de condamnation si les Etats-Unis proposent de s’en occuper soi-même. 

                    Par ailleurscontrairement à ce que vous penseznotre relation avec la Chine 
                    a toujours gardé une caractéristique ambivalente
                    En effetil est impossible de 
                    regarder cette alliance avec la Chine
                    à la fois renforcée et à la fois détériorée(le fait que nous avons toujours su profiter de ce choix politique montre que 
                    notre souveraineté a été rarement en danger)
                    en appliquant les distinctions trop simples comme la soumission-occupation
                    Si vous portiez un regard plus objectif(moins occidental)sur l’histoire de l’Asie, vous pourriez sans doute savoir que le système socio-politique répandu dans ce continent n’était pas quelque chose qui pouvait 
                    se simplifier par la notion de féodalité.
                    Bien sûr, le pays qui avait le plus d’influence sur la culture et la politique de 
                    presque tous les pays asiatiques était la Chine. 
                    Mais chaque pays, surtout les dynasties de Corée, a su modifier leur stratégie 
                    par rapport à la Chine selon la puissance actuelle de chaque empire occupant 
                    le territoire chinois. Ainsi, nos ancêtres ont réussi plusieurs fois à vaincre 
                    l’armée des empire chinois, notamment celle de l’empire unifié des Sui(6-7ième s.)et la dynastie établie par le peuple kitai(10-11ième s.). 
                    Je voudrais ajouter aussi que nos paiements annuels des tributes 
                    n’est pas forcément un signe de soumission, 
                    comme le contrat de la protection mutuelle fait entre des rois de l’Occident et leurs vassaux. 
                    Ces paiements, ont été plutôt une strategie politique, ayant pour l’objectif de faciliter les échanges 
                    économiques pour nos commerçants(les Chinois ont toujours refusé d’ouvrir leur porte gratuitement à des étrangers)et de mieux savoir ce qui se passe dans le milieu socio-politique de l’empire chinois pour prendre des mesures adéquates(parfois la préparation pour la guerre avec la Chine).


                    En revanche
                    je partage votre avis que le développement économique de notre pays et 
                    l’
                    influence xccroissante de notre culture à travers toute l’Asie, pourraient enfin nous faire réaliser 
                    les bénéfices de la libération complète de l’influence américaine. 
                    Je ne doute pas de la capacité du peuple coréen à le faire mais nous devons d’abord faire face 
                    à des partis d’extrême droites, qui sont restés au pouvoir pendant plusieurs 
                    dizaines d’années.

                    En tout cas
                    je vous remercie pour cet article qui est basé sur des connaissances assez profondes sur la Corée du Sud alors qu’il y a pas mal d’articles écrits par les personnes mal renseignées 
                    sur ce pays. 


                    • Bruno Payen 5 novembre 2009 15:53

                      많이 써주셔서 감사합니다. 프랑스말을 아주 잘 하시네요 !! 이제 불어로 하겠습니다. (한국말로 할 수 있을 것 같지만 실수나 어색한 게 많을 까바서 부끄러워요). ^^
                      Merci pour ce long commentaire.

                      J’ai dit à plusieurs reprises dans cet article que les personnes ne souhaitant pas s’émanciper de l’influence américaine étaient plutôt les Coréens de la vieille génération, mais il est vrai que le ton de mon article tend probablement à montrer que c’est plus général.

                      Pour ce qui est de votre commentaire concernant la Corée des XI et XIIe siècles (et avant), j’ai bien écrit à propos de la Corée à partir de la période Choson (ou ’Joseon’), donc à partir de la fin du XIVe siècle. Les Coréens insistent tellement sur la ’glorieuse’ période (par exemple) du royaume de Koguryo, où ce royaume avait étendu son domaine sur une partie de la Chine, que j’estime que cela consiste en une idéologie sur la nostalgoe d’un passé perdu dont il faut se méfier - tout comme les Français, Britanniques et Hollandais (les puissances européennes colonialistes en général) tendent à idéaliser l’époque de leur grandeur coloniale (ça vous dit quelque chose le débat français sur ’le rôle positif de la colonisation’ ?).

                      Pour moi, remonter par exemple jusqu-à l’empire de Silla unifié au 6e siècle est un peu exagéré pour montrer que la Corée n’était pas dominée par des forces extérieures. 
                      Néanmoins, j’ai cru bon de citer la période Choson car c’est bien celle qui précède l’annexation de la Corée par le Japon en 1910 et, du fait de sa très longue longévité (1392-1910), on remonte, par la force des choses, au 14e siècle, période de sa fondation.

                      Je ne tiens pas à m’embarquer dans des discussions trop poussées au niveau de l’histoire e la Corée pour les périodes antérieures, que je connais trop peu, et je pense en plus que les ’Coréens’ du 6e siècle auraient probablement peu de points communs avec leurs descendants 1400 ans plus tard. Tout comme c’est également le cas pour les gaulois, ’ancêtres des Français’, à une époque où la langue et la culture française (les stéréotypes de la culture française) n’existaient d’ailleurs pas.

                      En ce qui concerne l’accord SOFA dont je suis au fait dans les grandes lignes, je pense que c’est au gouvernement coréen à le renégotier en des termes qui lui conviennent, et que s’il s’agit d’un accord injuste, la faute en revient (actuellement) uniquement au gouvernement de Corée du Sud. Les Américains, bien sûr, ont voulu conclure un accord qui leur serait avantageux et ne veulent rien changer, mais Roh Mu-hyeon avait commencé à tenter de changer tout ça.
                      Ce n’est pas le président actuel qui s’attachera au dossier...

                      En tant qu’Occidental, j’aurai toujours le bonheur d’entendre dire à propos de tout commentaire fait sur la Corée (peut-être aussi sur le Japon oula Chine, etc.) que ma vision est trop occidentale.
                      Mais je sais aussi qu’un Coréen qui ferait les mêmes commentaires (j’en connaît) entendrait d’autres arguments.
                      Il est toujours délicat de parler de la Corée à des Coréens en tant qu’étranger (tout étranger vivant en Corée pourra vous le confirmer à 100%) car on tombe immédiatement dans un schéma ’nous contre eux’, sans pouvoir se libérer de l’idée qu’un argument puisse être compris pour soi et non comme celui d’un Occidental adressé au peuple Coréen.

                      Ceci dit, il est probable que ce que je dit et écrit est l’expression, au moins en partie, de ma culture, on ne peut y échapper.

                      Dans tous les cas, merci pour ces pensées que vous avez pris le temps de me/nous faire partager. Ca fait très plaisir que des Coréens se joignent au débat sur la Corée.
                      감사합니다. ^^

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