« La France se retirera d’Afghanistan d’ici 2012 ». Oui, mais il y a un truc…
![](http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L300xH175/Hollande_et_Rasmussen_lors_du_sommet_de_l_OTAN_a_Chicago-12630.jpg)
Le dernier sommet de l’OTAN à Chicago a redéfini les prochaines stratégies d’intervention de l’appareil de guerre atlantique. L’Afghanistan, tout comme le bouclier antimissile prévu d’être déployé aux confins de la Russie, était la pierre angulaire de la rencontre survenue les 20 et 21 mai 2012.
Programmée par les anglo-américains avant même les attentats des Tours jumelles, comme l’annonçait à l’époque le Washington Post, l’intervention militaire sur le territoire afghan semble en partie avoir été remise en question par des pays membres de l’Alliance atlantique. Parmi ceux-ci, la France de notre néo-président François Hollande. Peu de temps après les négociations avec Barack Obama, le chef de l’Élysée s’est en effet empressé d’effectuer une visite surprise en Afghanistan, arrivant à 6h10 (heure locale) le 25 mai pour expliquer directement aux troupes son projet de retrait des forces combattantes d’ici la fin 2012, soit une année avant ce qu’avait prévu le précédent exécutif. Accompagné par les ministres de la défense et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius, du chef d’état-major des armées, l’amiral Édouard Guillaud et du chef d’état-major particulier du président de la République, le général Benoît Puga, François Hollande s’est embarqué à bord d’un hélicoptère Caracal pour atterrir sur la base de Nijrab dans la province de Kapisa, à une quarantaine de kilomètres de la capitale afghane Kaboul. C’est précisément dans cette région que se trouvent actuellement les deux tiers des 3.600 soldats français qui sont engagés soit dans les opérations menées par l’ISAF, sous le commandement de l’OTAN, soit dans l’opération Enduring Freedom, directement sous commandement étatsunien.
Devant une centaine d’entre eux, le nouveau président a d’abord rappelé que « la France est intervenue en Afghanistan après les attentats du 11 septembre contre ceux qui promeuvent le terrorisme à l’échelle de la planète », puis a conclu : « si le terrorisme qui menace notre Nation et celle de nos alliés n’a pas été totalement défait, il a pour le moins été durement touché ».
En réalité, le retrait de nos soldats ne sera ni immédiat, ni définitif : seuls 2.000 hommes, c’est-à-dire 56 % des troupes françaises engagées en Afghanistan, seront rapatriés. Et ce retour au pays n’est seulement prévu (s’il a effectivement lieu) qu’en décembre. Comme l’a affirmé François Hollande le 24 mai en conférence de presse en compagnie de son homologue afghan, Hamid Karzai : « le retrait d’Afghanistan est une décision souveraine de la France, mais il se déroulera en étroite collaboration avec nos alliés et avec le gouvernement local ; nous devons rester ici autrement ».
La France s’inscrit apparemment dans une démarche de collaboration avec l’Afghanistan qui sera plus économique que militaire (même si 1.600 soldats sont appelés à rester malgré tout), en se concentrant principalement sur les secteurs de la santé, de l’électricité et de l’agriculture.
La visite qu’il a effectuée en Afghanistan constituait pour le nouveau chef de l’État sa première visite officielle. Il a assuré également à cette occasion que 600 militaires afghans allaient d’ici la fin de l’année assurer les missions de sécurité en Kapisa, pendant que restera à poste dans les autres zones le personnel français en charge de l’instruction des fantomatiques troupes locales.
Mais quand François Hollande dit que « la France se retirera d’ici la fin 2012 », il y a un truc. D’abord elle ne se retirera pas complètement. Mais elle continuera de surcroît à soutenir les intérêts anglo-américains en Afghanistan. C’est-à-dire contenir l’Iran, entraver l’influence russe dans les ex pays soviétiques, ouvrir un couloir pour mettre la main sur le pétrole dans la zone de
Capitaine Martin
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