Les sirènes de Damas
Le peuple Syrien est pris en tenaille entre les rebelles et le pouvoir en place. La Syrie va-t-elle disparaître alors que les capitales occidentales et asiatiques se refilent le poisson pourri espérant peut-être que l'un des deux camps va finir par prendre le dessus l'autre ?
A ce jour, le peuple Syrien si combatif dans la révolte, dont l'entêtement à faire trembler le dernier des remparts contre la liberté, Bachar Al Assad, frise la pathologie aiguë, marche sans se retourner vers une mort certaine, lynché par les mêmes armes, qui, timidement, ont été pointées sur lui pendant des dizaines d'année sans jamais oser l'achever. Il faudra du temps encore, pour évaluer le coût en vie humaine, de la révolte syrienne inachevée, car derrière le balai incessant des chasseurs, qui pilonnent l'ensemble des grandes villes du pays de la ville d'Alep jusqu'à la capitale Damas, car sous le masque de cette armée de voyous recrutée pour écraser toute forme de rébellion, se dressent le spectre d'une guerre civile, banalisée par les médias arabes et occidentaux, un colosse aux pieds d'acier, qu'aucune grande puissance ne semble disposer à ébranler. Personne n'a pu prédire les printemps du peuple arabe, pas même, les membres les plus éminents de l’intelligentsia méditerranéenne, qui aujourd'hui, se vantent tous, dans de petits manuels postrévolutionnaires aux couleurs de leur autocratie récemment renversée, qu'ils possédaient les clés de la chute de leur « Raïs » ; alors qu'ils étaient pour la plupart bien loin de la révolution, et encore plus de la misère qui a alimentée les révoltes, exilés à l'étranger vivant à l'ombre des tumultes du régime. La révolution du Jasmin est née d'un acte spontané : désabusé, dépossédé, un jeune tunisien a embrassé les flammes du feu, devenu torche humaine, « il a mis le feu au Maghreb ». La révolution est née là au cœur du désespoir, elle n'a pas été commanditée par un sage patriarche, conférencier à l'autre bout du monde, qui ne connaît de son pays, que les quelques heures de sa vie qu'il a dépensé dans une prison avant de s'enfuir.
Les « Sirènes de Bagdad » ont retenti il y a quelques années, sous la plume de Yasmina Khadra, le romancier algérien, qui, dissimulé sous les traits de l’un de ses personnage à la terrasse d'un Café, avait affirmé que si les Irakiens n'avaient pas accepté par eux-mêmes la terreur que leur imposa, le « Raïs » le plus connu du monde occidental, Saddam Hussein, alors il n'y aurait eu ni bombardements alliés, ni terrorisme, Saddam serait parti avec quelques milliards dans les poches, et peut être même, qu'il aurait atterri à Téhéran. Mais l'Histoire a même fait mentir le paysagiste le plus cruel du monde arabe, car même expulsé par tout son peuple, Bachar Al Assad s'accroche aux pouvoirs et de pirouette en pirouette, de révisions constitutionnelles en grandes assemblées « reconstituantes », il montre à la Communauté internationale incrédule, que la dictature n'a pas à s'embarrasser de la volonté du peuple, et que tout rebelle dans une dictature est considéré comme terroriste. Alors le Conseil de Sécurité se réunit toutes les semaines offrant le spectacle radieux d'un droit international emmené par le cynisme de la Chine et de la Russie, qui s'oppose à toute intervention alliée, et par l'hypocrisie des Etats de l'Ouest, qui au lieu de condamner « fermement » les exactions commises par le régime de Bachar Al Assad, qu'ils ont tous accueilli en grande pompe dans leur capitale, craignent secrètement qu'un régime islamiste naisse de la révolte syrienne. Un drame se joue devant nos yeux, on le regarde comme un mauvais film à la télévision, et lorsqu'il s'achèvera, il nous restera plus que nos bons sentiments, et nos bonnes paroles, pour discuter longuement de ce peuple qui est mort loin de chez nous.
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