Alors que le vote semble s’être déroulé dans le calme et qu’on attend la proclamation des résultats, les deux camps crient victoire. Le scénario de 2005 semble sur le point de se reproduire.
Depuis l’accession au pouvoir de Ganssingbé Eyadéma en 1967, le Togo n’a jamais connu de véritable alternance mis à part la parenthèse du début des années 1990. On pouvait espérer que les choses allaient changer avec l’accession au pouvoir en 2005, de Faure Gnassingbé, le fils d’Eyadéma, même si elle s’est faite dans un bain de sang (au moins 500 morts d’après l’ONU).
Celui-ci possède un style moins "brutal" que son père, il a fait des études supérieures en gestion en France et aux Etats-Unis alors que son père avait fait toute sa carrière dans l’armée et en était resté aux études primaires. Comme pour illustrer ce changement de style, les dernières élections législatives se sont d’ailleurs déroulées sans violence, pas de manière très régulière, mais sans violence. Il est vrai que l’enjeu n’était pas le même que pour une présidentielle.
Cependant, lorsque l’on va au fond des choses, on se rend compte qu’il y a eu peu de changement. Le Rassemblement du Peuple Togolais, parti de Faure Gnassingbé, ne montre toujours aucune intention de céder le pouvoir même s’il perdait dans les urnes.
Les moyens utilisés sont certes moins grossiers qu’auparavant : au lieu de faire voler les urnes par des militaires et d’empêcher la population d’assister au dépouillement, on a trouvé des moyens moins voyants. On achète les consciences des responsables de bureau de vote, on joue sur le découpage électoral, avantageant les régions supposées acquises au pouvoir, on modifie la constitution pour qu’il n’y ait plus qu’un tour à la présidentielle, en espérant que l’opposition divisée perdra des voix...
Un certain nombre de signes ont indiqué que le RPT ne comptait pas encore une fois, jouer le jeu démocratique. D’abord cette modification de la constitution à visée purement électorale. Ensuite, l’éviction in extremis de Kofi Yamgnane de la course, pour une supposée incertitude sur son identité car deux dates de naissances séparées de quelques jours figuraient sur deux documents différents. Eyadéma n’a jamais su avec exactitude en quelle année il était né et ça n’a jamais gêné le RPT....
Récemment, de hauts responsables du RPT, ont affirmé clairement lors de meeting à leurs militants, que même si l’opposition gagnait dans les urnes, ils n’allaient pas pour autant leur laisser le pouvoir.
A présent, Jean-Pierre Fabre de l’UFC et le clan du président crient victoire chacun de leur côté sur la base des procès verbaux qu’ils ont à leur disposition. Est-ce que c’est responsable ? Tous les ingrédients semblent réunis pour que de nouvelles violences éclatent à la proclamation des résultats, si comme c’est probable, ceux-ci donnent Faure Gnassingbé vainqueur.
J’espère me tromper et qu’un jour les Togolais auront droit à des élections transparentes, amenant au pouvoir des leader ayant comme première préoccupation de servir leur pays et non pas de remplir leur compte en banque. Malheureusement, ce jour ne semble pas encore être arrivé.