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Accueil du site > Actualités > Médias > La décrépitude de la presse : grandeur et décadence

La décrépitude de la presse : grandeur et décadence

Il y a des jours où on tombe sur une pépite, un papier bien senti qui met des mots (maux) sur ce qu’on ressent, sur les petites choses qui nous font détester notre environnement professionnel. Tant de bêtises, de complaisances crasses, de médiocrité. Philippe Thureau-Dangin, ancien directeur de Courrier international et ancien président de Télérama, nous donne un rayon de soleil.

Auteur d’une analyse pertinente sur la grande misère de la presse, il nous force à nous interroger sur l’évolution des media ces cinquante dernières années. Avant – oui je sais… c’était mieux avant – on parlait de L’Express de Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, le Nouvel Observateur (pardon… L’Obs…) de Jean Daniel, Le Monde de Hubert Beuve-Méry, de grands noms du journalisme comme Albert Camus. Et j’en oublie sans doute. Or, aujourd’hui, les nouveautés comme Rue89, cherchant à s’extirper de la nasse, sont in fine cannibalisées par les rentiers en mal de nouveauté (l’Obs) et voient poindre la déshérence. Une fin à la Libé peut-être, devenu une succursale de L’Express, bien loin des rêves de Jean-Paul Sartre.

Massification, standardisation et consanguinité du journalisme

Cette évolution de la presse a plusieurs raisons, sociologiques notamment. En effet, en 50 ans, le recrutement des journalistes a changé. Il existe même un double processus. Premièrement, il y a un nombre incalculable d’écoles de journalisme et donc une standardisation des méthodes, une popularisation de ces cursus. Bref, une sorte d’égalitarisme dommageable pour la qualité des productions. N’en déplaise aux bien-pensants, le bâtonnage de dépêches semble la norme.

En outre, pour ce qui est de l’information politique, il y a une concentration sociologique plus que dommageable, comme l’explique Philippe Thureau-Dangin : « à Paris, cela a été maintes fois souligné, où se concentrent toutes les élites dans quelques arrondissements, la consanguinité est chose redoutable. Les journalistes, souvent issus des mêmes lycées et des mêmes classes préparatoires que les politiques, mais moins brillants souvent que ces derniers dans la suite de leurs études, ont bien du mal à ne pas être de connivence ». De plus, chose importante, les classes sociales dites de droite voient plus leur rejeton embrasser une carrière dans la finance, les nouvelles technologies… plutôt qu’un métier artistique ou dans les media. D’où l’estampille ‘de gauche’ du métier.

De fait, il est difficile de ne pas voir que le positionnement social du journaliste – à l’image de celui des instituteurs et professeurs, voire des responsables politiques (notamment les maires) ou encore le clergé – s’est dégradé. Et on ne parle pas que des feuilles de salaire. Autrefois vigie démocratique, le journaliste est dorénavant décrié, à tort ou à raison. Le milieu a évolué. Avant, le journalisme représentait une certaine élite, une certaine noblesse. Il y avait des intellectuels, des penseurs à l’image d’Albert Camus, irrigués des idées de la Résistance, du combat contre le fascisme. Tout ceci s’est étiolé au fil du temps. Et Philippe Thureau-Dangin de déplorer ce formatage et le manque de style de la presse française. « La France pourtant avait une tradition de presse politique et littéraire, engagée et brillante, qu’elle a eu bien tort d’abandonner au profit de je ne sais quelle objectivité ». Pour un pseudo fact-checking à l’anglo-saxonne ? Pour quelles réussites ?

Où est la presse de qualité ?

Il y a pourtant un paradoxe : il n’y a jamais eu autant de titres de presse. Mais sur le « cœur de métier » qu’est l’information générale/politique, c’est le néant. Il suffit de regarder les ventes de la presse magazine payante et de la PQN. Les Français sont plus intéressés par TV magazine que les journaux d’information… Et évitons d’aborder le sujet des aides publiques à la presse, tant papier que numérique. Les caisses de l’Etat sont pourtant vides ?

La presse d’analyse se délite : baisse des capacités d’analyse et de traitement, baisse du nombre de correspondants… La crise (mais elle a bon dos la crise !) oblige à faire muter son métier. Les journalistes sont devenus des hommes/femmes à tout faire : le JRI prend l’image, le son, fait l’interview… certes facilité par la révolution technologique. Bien sûr, cela amène une meilleure productivité mais paradoxalement, le contenu baisse. En effet, d’un autre côté, le journaliste ne peut pas faire de l’investigation, de la recherche documentaire… Il ne peut que faire confiance à la source, sans la connaître. Sans oublier la course à l’image, au buzz, avec des dérapages regrettables. On tend le micro et le « témoin » débite son discours sans qu’un professionnel ne le contredise, vérifie les faits. N’est-ce pas BFM ?

Par ailleurs, Internet, THE media par excellence, donne une capacité sans égale à avoir de l’information en tout temps et tout lieu, ce qui n’existait pas avant. Qui peut dorénavant croire, aujourd’hui, à cette analyse convenue de certains journalistes installés, qui pensaient qu’Internet ne remplacerait jamais les journaux comme vecteur d’influence ? Toutefois, cela décuple les effets pervers de la course à l’audimat. De plus, Internet renforce les phénomènes de désinformation et de manipulation, laissant libre cours aux délires paranoïaques de certains : il est bien facile de créer son blog et de propager sa haine, de manière anonyme.

Parallèlement, comme le note Philippe Thureau-Dangin, « aujourd’hui, on ne cherche plus à se faire une opinion, à analyser, à peser les choses pour juger, mais on cherche d’abord à savoir ce qu’il faut penser, ce qu’il faut dire avant que les autres ne le disent ». Et de rajouter, « nous ne sommes donc plus face à une presse politique mais face à une presse du commentaire ». Comment s’étonner, dès lors, du succès de la presse marquée aux extrêmes, droite évidemment, celle de gauche ayant disparu. Il n’y a qu’à regarder les chiffres : 10% de croissance pour Valeurs Actuelles pour 2014-2015, un tirage passant de 88 000 exemplaires en 2012 à 117 000 en 2014. Et on attend un autre carton en 2015… En attendant la présidentielle de 2017.

C’est quoi être journaliste ?

Ainsi, le journaliste comme symbole a vécu, malheureusement. Qui connaît le prix Albert Londres aujourd’hui ? Qui en connait la symbolique ? Qui, d’ailleurs, connaît ce journaliste, son histoire, ses origines et ses valeurs ? En creusant, on se pince de voir certains ‘journaux’ être des usines à pigistes, soutiers bien commode d’une profession en dépérissement.

Actuellement, on ne cherche pas à croiser l’information mais plutôt à évaluer le buzz, le nombre de clic et de retweets… Quel questionnement sur le contenu ? Si on recherche le buzz, il faut être dans un format court, facilement « viral » sur Twitter, Facebook. Sans parler des supports spécialement dédiés aux annonceurs. M, le magazine du Monde, est un exemple navrant, gavant ses lecteurs de publireportages pour les groupes de luxe. Quelle utilité, mis à part pour quelques lecteurs parisiens ?

Il y a également des interrogations à avoir – et à poser – sur le traitement médiatique de sujets importants. On pointe là le débat idéologique en cours sur la place des media et de la presse dans la démocratie. Et on espère que ce débat soit moins réducteur que le simple conflit gauche/droite, nous permette sortir de l’analyse binaire voulant qu’une mosquée attaquée, c’est une info, et qu’une église incendiée, c’est un fait divers. Mais difficile de sortir de ce tropisme, sans parler de l’autocensure sociologique. Or, si on ne le fait pas, cela renforce l’éclatement de la société. Choix cornélien…

Après, on peut toujours sombrer dans l’introspection, comme le fait Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération. On peut toujours répéter à l’envi que « la richesse de Libé, c’est son identité », mais c’est un peu comme ces entreprises cibles d’une OPA qui vous expliquent que la chose est impossible car la culture d’entreprise n’est pas la même que l’assaillant… Décidemment, en France, le principe de réalité a du mal à vivre. La méthode Coué est tellement réconfortante.

Le métier est foutu ?

Philippe Thureau-Dangin le dit très clairement : « les médias ne sont qu’un miroir assez fidèle de la société française, une société qui doute et semble paralysée ». Comment, dès lors, sortir du triptyque de la misère intellectuelle, politique et économique ? Et le crowdfunding ne sauvera que les apparences : ce financement participatif ne marche qu’une fois.

Cela ne veut pas dire que le journalisme est mort. Seulement en mutation, et seule la qualité prévaudra à terme, pour qui veut être un media d’influence. Et les critères sont connus, à la fois qualitatifs (porter des idées dans le débat public, publier des enquêtes…) et quantitatifs (nombre de ventes, abonnés, construction d’un business model et d’un écosystème économique solide…).

Certes, des personnes s’interrogent sur leur avenir, à l’image du Comité Orwell, créé à l’initiative de Natacha Polony et d’Alexandre Devecchio. L’ambition est de faire vivre le débat d’idées, sans être anesthésié par le politiquement correct. Et de pointer du doigt la ‘déspécialisation des journalistes’, devenus des généralistes de l’information. Un bon début finalement.


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27 réactions à cet article    


  • lsga lsga 19 mai 2016 18:19

    aucune référence à MediaPart, Atlantico, Rue89, etc ? 

    aucune référence aux abonnements numériques des grands journaux ? 
    Rien sur les USA, le reste de l’Europe ? 
    La presse « de qualité » est là, simplement, elle est passée de Gutenberg à Turing. 

    Pour le reste : les faillites, la précarisation, etc ; ça porte un nom : « CA-PI-TA-LISME », et pour être précis : « concentration du Capital », process accéléré par les crises économiques. Rien qui ne soit spécifique à la presse. 
     
    Bientôt, il n’y aura plus qu’un deux ou trois organes de presses pour toute l’Europe. Cela ne veut pas dire que la presse ira mal. C’est un phénomène normal dans le cadre du Capitalisme. Il n’y a absolument AUCUNE alternative. Bien sûr, les journaliste gaucho-keynésien-ki-veut-un-capitalimse-humain a du mal à accepter qu’il est un prolo comme un autre. 

    • L'enfoiré L’enfoiré 20 mai 2016 15:39

      @lsga bonjour,


       Tout est capitalisé....
       Même Agoravox...
       La source des revenus d’Avox est ailleurs.
       Elle est dans la pub.
       C’est ça la différence.
        

    • Clofab Clofab 19 mai 2016 19:31

      « pour qui veut être un media d’influence » ??

      Pourquoi vouloir être un média d’influence, influence pour qui, pour quoi, pour quelle idéologie ? Le pouvoir en place, une secte, des intérêts étrangers ?

      Les medias ne sont que des armes de destruction massive de cerveaux, utilisés à outrance par tous les pouvoirs en France depuis bien longtemps. Aujourd’hui, des soi-disant journalistes se rebiffent, corporatisme oblige, lorsque on leurs en fait la critique. Ils ne sont, à mes yeux, que de petits soldats de propagande aux ordres de leurs patrons.

      « Les commentaires sont libres, les faits sont sacrés » 

      Jusqu’à l’assemblée nationale, récemment, cette devise de la profession a été piétinée. Le gouvernement voulant la remplacer par : « le journaliste peut présenter les faits selon ses propres convictions politiques ».

      Donc, plus d’information impartiale mais une info retaillée, revisitée par notre grand intellectuel journaleux. Ben oui, le petit peuple, vous comprenez, il faut bien l’instruire !

      Selon les derniers sondages, la confiance envers les médias (et donc les journalistes) est plus basse que celle de notre cher Président, c’est dire ….. 


      • Donbar 19 mai 2016 22:17

        « (...) Comité Orwell (...). Un bon début finalement. » Une bonne fin, pour un bon article, et qui pourrait faire de façon intéressante le début d’un autre.


        • gogoRat gogoRat 20 mai 2016 00:40

          pas plus tard que tout à l’heure, sur une des chaînes TV les plus en vue (dont je ne ferai pas la pub), à une heure de grande écoute, une journaliste française de premier plan s’est permis une faute de français du genre :
           « la presse s’est faite critiquer ... »
           
           merdre alors ! aurait dit Ubu
           ( à tout hasard : "http://www.projet-voltaire.fr/blog/regle-orthographe/%C2%AB-elle-s%E2%80%99est-faite-faire-%C2%BB-ou-%C2%AB-elle-s%E2%80%99est-fait-faire-%C2%BB&nbsp ; )



          • franc 20 mai 2016 04:37

            Le Monde est devenu L’Immonde

            et Libération est devenu L’Aliénation


            • Alpo47 Alpo47 20 mai 2016 07:57

              L’auteur nous dit d’emblée ne pas vouloir aborder le sujet des aides publiques à la presse, et pourtant c’est bien là un des problèmes. Personne ne mord la main qui le nourrit.
              Aucun de ces « grands médias » ne survivrait sans les aides publiques. En dehors du fait qu’ils sont ainsi dépendants, cela nous montre également qu’ils n’ont quasiment plus de lecteurs ... d’abord parce qu’ils ne sont plus crédibles.
              Où sont les faits, autant que possible objectifs ? La presse est aujourd’hui l’élément principal d’une entreprise de propagande, par exemple la diabolisation de Poutine et de la Russie actuellement. Sont-ils conscients que c’est le préalable habituel à la guerre ? Irresponsables ou coupables ?
              Et lorsque l’on déforme à ce point les faits, on de coupe des lecteurs, pas forcément tous idiots et perd bien toute crédibilité. Les mensonges sont devenus trop grossiers, trop évidents.
              Journaliste est bien l’une des professions les plus vilipendées, sinon haies (avec les banquiers,bien entendu) aujourd’hui et au vu de l’état du « système » en place, ce n’est pas près de changer.


              • Trelawney 20 mai 2016 08:15

                Voila un journaliste qui découvre l’eau chaude et qui ne s’est pas brulé : Bravo !

                Depuis la révolution industrielle, la presse française a appartenu au grand maître de forge. Le journaliste pouvait critiquer le politique en toute liberté sauf celui qui allait dans l’intérêt de son patron. C’est ce que l’on appelle : la presse d’opinion. Depuis toujours le journaliste a été aux ordres de son patron et jamais de son journal. Ca c’est un fait.

                On peut se demander pourquoi (avant) les gens achetaient les lisaient les journaux ? Parce qu’il y avait des enquêtes et que maintenant pour des raisons budgétaires les journaux sont allés au plus facile à savoir les éditos et des copier coller AFP.

                On va prendre un exemple sur une journaliste : Florence Aubenas. en 2009 elle quitte l’obs pour en toute discrétion mener une enquête sur les précaires en Normandie. Elle s’inscrit à pole emploi et travaille comme femme de ménage sur un Ferry à Ouitreham et observe. En un mot, elle fait sont métier de journaliste. Elle en sort un livre qui se vend à 120 000 exemplaires (pas mal). Dans les années 60 elle aurait été payé par son journal pour écrire ce livre qui serait sorti en plusieurs épisodes en page centrale du journal et aurait ainsi contribué au succès du dit journal. Maintenant c’est éditos et copier coller AFP, c’est plus simple et ça rapporte que dalle, mais tant que le Smic du journaliste est versé à la fin du mois, il n’y a pas le feu au lac.

                De plus, Internet renforce les phénomènes de désinformation et de manipulation, laissant libre cours aux délires paranoïaques de certains 

                J’ai appris en 1984 par un journaliste canadien que Mitterrand avait une fille illégitime nommé Mazarine. Tout le monde me disait que si c’était vrai, les journaux en auraient parlé. ils en ont parlé, mais 10 ans plus tard quand Mitterrand les a autorisé (puis qu’ils sont aux ordres)

                Il n’y a pas si longtemps, le JDD soutenait mordicus que Cahuzac n’avait pas de compte en Suisse et que Médiapart site d’information internet colportait des ragots

                Des exemples comme cela il y en a des centaines, aussi désinformation et manipulation c’est l’hôpital que se fiche de la charité.

                Si Rue89 comme d’autres sont tombés dans les oubliettes de l’information, c’est que la presse traditionnelle veille à ce qu’aucune tête ne dépasse, car leur motivation est la captation des subventions d’état. Le seul trublion reste Médiapart et c’est dire si la situation est grave


                • leypanou 20 mai 2016 11:42

                  @Trelawney
                  Le seul trublion reste Médiapart et c’est dire si la situation est grave  : çà dépend pour parler de quoi aussi, car Médiapart, en politique internationale, n’a rien à envier aux « autres ».


                • Le p’tit Charles 20 mai 2016 09:22
                  La presse (comme tout le reste) est victime de la mondialisation et de l’ultra libéralisme...Changement de mentalité simplement.. !

                  • L'enfoiré L’enfoiré 20 mai 2016 15:29

                    @Le p’tit Charles,


                     Un coup dans l’eau.
                     La mondialisation et le libéralisme n’ont rien à voir avec la décrépitude de la presse.
                     C’est tout le contraire.
                     La presse ne s’est pas encore adapté complètement à internet et à la virtualité des échanges..
                     Peur d’être contredite ?
                     Peut-être...

                  • Le p’tit Charles 21 mai 2016 07:32

                    @L’enfoiré....(La presse ne s’est pas encore adapté complètement à internet..etc )

                    Vous venez par cette phrase d’approuver mon commentaire..tout en disant non.. ?
                    bizarre...


                  • ZenZoe ZenZoe 20 mai 2016 09:45

                    Le métier de journaliste ne veut plus rien dire de sérieux, et c’est la faute aux journalistes eux-mêmes qui ont délayé leur déontologie dans leur besoin de gloriole et de subventions. La chasse à la carte de presse pour être exempté d’impôts a tout balayé ou presque.
                    En outre, et comme cela a été déjà été souligné, les journalistes sont loin d’avoir 1) la culture générale et 2) les compétences linguistiques nécessaires pour exercer leur métier convenablement.
                    Enfin, les journalistes ne font plus leur vrai métier qui est d’informer les gens sur ce qui se passe dans un contexte donné, mais se contentent la plupart du temps de justifier leur salaire en donnant leur petite opinion personnelle, ce que tout le monde peut faire gratuitement sur les réseaux sociaux n’est-ce pas...
                    .
                    Et ne dirait-on pas qu’ils se fichent du monde en publiant trop souvent des infos non vérifiées dans l’urgence du moment, alors que ce sont eux les professionnels, eux sur qui on devrait pouvoir compter pour savoir de quoi il retourne vraiment et démêler le vrai du faux.
                    .
                    Enfin, il y a quand même des journalistes sérieux qui existent, mais ils sont de moins en moins nombreux.. Reprenez-vous les gars !


                    • zygzornifle zygzornifle 20 mai 2016 11:37

                      Enlevez leur tous leurs avantages et ils ne seront plus sous la coupe du gouvernement a ramper et ils recommenceront a faire leur boulot ....


                      • leypanou 20 mai 2016 12:00

                        Philippe Thureau-Dangin, ancien directeur de Courrier international et ancien président de Télérama, nous donne un rayon de soleil. : les lecteurs ont peut-être intérêt à se rappeler un peu de celui qui amène un rayon de soleil.


                        • sleeping-zombie 20 mai 2016 15:00

                          Hello,

                          Historiquement, le journalisme n’a jamais eu que 2 utilités :
                          -diffuser l’information
                          -analyser l’information

                          Pour ce qui est de la diffusion de l’information, le journaliste actuel n’apporte plus rien, il se contente de paraphraser des communiqués officiel (comme dirait Orwell, Journalism is printing what someone else does not want printed : everything else is public relations).

                          Pour ce qui est de l’analyse de l’information, on n’est plus au 19eme siècle ou 1 personne sur 2 était analphabète. On est au 21eme où des doctorants livrent des pizzas. L’analyse du journaliste, quand bien même elle ne serait pas formatée par son milieu social, n’a aucune valeur.

                          Du coup, il ne reste rien. Alors le métier se transforme, les journalistes d’hier deviennent des journaleux conteurs d’histoires, simples divertisseurs publiques.

                          Bref, les journalistes ne sont que des allumeurs de réverbères, qui n’existent encore que par une certaine forme d’inertie de notre société.


                          • Anthrax 21 mai 2016 17:57

                            @sleeping-zombie

                            Vision erronée du travail de journaliste.

                            1/ Chercher l’info
                            2/ Vérifier l’info
                            3/ Rendre l’info compréhensible. 
                            C’est vrai qu’il y a beaucoup moins d’analphabètes qu’au 19 eme siècle mais il y a des sujets que tout le monde ne maîtrise pas, qui demandent des explications que le journaliste apporte par le recueil de témoignages., le choix de la source etc. L’analyse du journaliste n’a que la valeur de la source qu’il a sollicité. Et si les analphabètes sont moins nombreux, les crétins le sont toujours autant....

                            La diffusion c’est le boulot du diffuseur, l’analyse de l’information c’est le boulot du
                            du commentateur (qui n’est pas forcément un journaliste) et en bout de course du lecteur. 

                          • L'enfoiré L’enfoiré 20 mai 2016 15:26

                            « La décrépitude de la presse : grandeur et décadence »


                            Alors qu’est-ce qui a changé ?
                            On le voit ici.
                            C’est que la presse écrite n’a pas encore compris l’interactivité qui existe entre le lecteur et le rédacteur de presse.
                            Oui, la presse officielle s’est informatisée. Elle permet aux lecteurs de commenter les articles qui sont édités, mais il est très rare de trouver le rédacteur d’un journal, entamer une discussion en réponse à l’un d’eux.

                            Comme je l’ai écrit dans un commentaire précédent, aucun commentaire n’est venu appuyer ou contredire un commentateur qui a écrit cet article sur Avox.
                            Le règne de la presse automatique est en marche. 
                            Ce sera la faute de qui ?
                            De la presse, évidemment.
                            Le livre papier est en perte de vitesse, la presse écrite suit le même mouvement. 


                            • Anthrax 21 mai 2016 12:53

                              Je comprend les gens qui hurlent contre les médias et les journalistes. L’image qu’ils donnent d’eux-meme est catastrophique. Ayant passé 17 ans là-dedant (j’ai démissionné en 2000 pour cause de ras le cul total), je peux cependant avancer quelques éléments de compréhension du problème, car c’en est un, puisque cette mauvaise image participe d’un phénomène de rejet des Français pour leurs institutions.

                              1/ Création de groupes de presse détenus par des puissance financières dans le but, non pas de développer ces medias, mais de les utiliser à des fins de pouvoir personnel par leurs propriétaires. 
                              2/ Mauvaise formation des journalistes, en particulier dans les domaines de l’économie, des relations internationales, de l’Europe, de l’aménagement du territoire, de l’environnement, des énergies.... Ce fait explique le nivellement par le bas des medias. Les rédactions manquant de véritables spécialistes dans ces domaines sont obligées de faire appel à des consultants, non journalistes, qui peuvent alors prêcher pour leur paroisse sans contrôle. A noter qu’en revanche des journalistes « spécialisés » en théâtre, cinema, sport, tourisme, gastronomie etc... se bousculent au portillon. Je vous laisse deviner pourquoi...
                              3/ Cette quasi absence de formations sur des sujets majeurs laisse opérer une porosité et un manque de critique vis à vis des services communication. Si on doit faire un sujet technique sans le maîtriser, récupérer un dossier de presse et le copier est la solution la plus courante. Ce qui explique l’effet de copier-coller dans les medias (dont Agoravox n’est pas exempt).
                              4/ Ajoutons là-dessus les confusions des genres entre « présentateurs », « analystes », « éditorialistes » ; les conflits d’intérêt, ce qu’on appelle les ménages, c’est à dire profiter de sa notoriété de journaliste pour animer des sessions d’entreprises, des congrès, et on arrive, comme je le fais, à admettre que le lecteur est méfiant, à juste titre, face aux medias. 
                              Mais à ceux-là je pose une question, déjà posée ici et toujours sans une seule réponse : combien êtes vous prêts à payer pour une information honnête ? Si vous répondez honnêtement à cette question, vous aurez le medias que vous méritez.
                              A vous lire

                              • mmbbb 21 mai 2016 13:11

                                @Anthrax merci de votre temoignage mais les journalistes paient leur incurie La presse papier en chute libre ( Le Monde Le FIG le POINT Libe etc des journaux qui sont devenus des torches culs . ) Quant a la TV il faut avoir un pois chiche pour accepter cette information premachéee et formatée


                              • Anthrax 21 mai 2016 13:42

                                @mmbbb

                                Quand les mines de charbon ont fermé a t-on accusé les mineurs ? Les journalistes ne sont pas les seuls responsables. Les patrons de presse ont une part prioritaire dans cette débâcle, ils n’ont pas vu venir la révolution internet, ils n’ont pas pris les moyens que leur donnent pourtant les fameuses aides gouvernementales pour se réformer, imaginer d’autres business model. Et pour un Mediapart qui réussit, combien d’autres ont échoué ? 
                                A côté de la PQR et de la PQN il y a toute une presse magazine d’une rare diversité qui elle marche très bien. Il faudrait peut-être réfléchir à ce paradoxe très français.

                              • mmbbb 21 mai 2016 15:03

                                @Anthrax en complement de votre commentaire je n’achete que la presse specialisée Et il est vrai que cette presse offre des magazines d une tres bonne qualite Art et Science en particulier sont mes choix de predilection . Mais il est vrai qu en France nous souffrons ( ceux qui detiennent l information ) d’un conservatisme qui frise le ridicule Querelles des anciens et des modernes sur la dématérialisation du livre, In fine c’est Google qui desormais a une des plus grande bibliothèque numérique du monde et les librairies ferment. Personne n’a vu arriver Google ou feignait ne pas le voir Nous avons chercher a imoser un moteur de recherche mais il n’est opportun de prendre le train en marche , Quant a la presse ecrite elle devenu chere et aucun titre ne me convient Les grands titres FIG LE POINT Le MONDE se font le chantre du libéralisme mais comme Giesberts du Point oublie un peu facilement que sans les dotations publiques cette presse serait morte , Je ne l’achète pas pour cette raison je déteste ces personnes qui ne veulent pas appliquer a eux memes leur principe et qui voudraient de la concurrence uniquement pour l employe . Quant au Monde sa ligne éditoriale ne me convainc plus. depuis fort longtemps Il vrai aussi qu internet offre de multiples liens sur n importe quelle requête et donne une incroyable source d’information en 2011 j’avais achete à l’etape le monde en montagne Du remplissage de page DSK je m’en tapais , un article sur le collisionneur du CERN article un peu leger sur Internet vous avez information d’emblée plus precise . Les datas center sont peut etre devenus les nouvelles bibliothèques d’Alexandrie .


                              • Anthrax 21 mai 2016 17:36

                                @mmbbb

                                Le Monde, le Fig, Libé n’ont pas compris que les lecteurs étaient devenu adultes, qu’ils avaient pris du recul avec la ligne éditoriale politique, qu’ils pouvaient aller chercher une info pointue sur le web. Certains blogs, en particulier ceux sur la Défense, pilotés par des journalistes souvent retraités qui ont conservé leur carnet d’adresses sont remarquables. Mais là on oublie le modèle économique, ils se font plaisir.... Parce que quand on sort une belle info, blindée, c’est presque aussi bon que de sentir frétiller un bar au bout de sa ligne du côté de la baie de Douarnenez.
                                Pour rire le dernier gag du « quotidien du soir de référence » : hier, dans un supplément spécial Roland Garros, le journaliste nous explique que Maria Sharapova à toutes ses chances alors qu’elle est suspendue depuis un mois et pendant 2 ans... Tu as dit de référence ?


                              • Homsud (---.---.34.4) 22 mai 2016 10:56

                                Il nous faut désormais éviter la presse et la télé poubelle pour ne pas être manipulé intellectuellement et pouvoir se faire une idée de la réalité économique et politique.pour cela consulter les médias paralléles sur internet et surtout recouper les informations collectées.On se rend compte alors que on est à 100 lieues des infos générales. On comprends le vieux de nos dirigeants « travaillez, dormez, regardez la télé , on s occupe de tout pour vous »


                                • Anthrax 22 mai 2016 12:42

                                  @Homsud

                                  Recouper les info c’est la base de l’information et ça ne date pas d’aujourd’hui.

                                • Mmarvinbear Mmarvinbear 23 mai 2016 13:38

                                  La crise de la presse ne date pas d’hier.


                                  Le journal est victime d’un changement de sociologie du pays qui condamne des titres supportant une idéologie en voie de disparition. mais il est aussi victime depuis un siècle de la radio, puis de la télé et enfin d’internet.

                                  Pour s’informer en temps réel, rien ne vaut une radio alors que les limites physiques empêchent un journal papier de sauter sur l’instant.

                                  Le tort des journaux actuels est de continuer à exister sous une forme qui ne tient pas comptées moyens modernes d’information. Ils devraient plus miser sur l’étude et l’analyse car sur ce plan là l’écrit est supérieur à l’oral.

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