Ce personnage n’est pas un inconnu.

Le programme économique de l’UMP s’inspire de son rapport de 2004, intitulé "le sursaut, vers une nouvelle croissance pour la France". La réforme qui libéralise la gestion du Livret A, à compter du 1er janvier 2009, reprend les grandes lignes de ses rapports, remis en décembre 2007 à C. Lagarde.

Voici ce qu’en pense J. L. Mélenchon :

"En nommant le Frankenstein du FMI, le sinistre sieur Camdessus, à la tête de l’organisme prévu pour refinancer les banques avec l’argent du contribuable, Nicolas Sarkozy, aux discours si anticapitalistes depuis peu, a adressé à la bien-pensance mondiale un clin d’œil qui devrait nous glacer. Camdessus ! Au secours !"

Et, il poursuit son billet par un savoureux portrait de l’intéressé :

"Sous sa direction le fonds a aggravé et même dès fois déclenché des crises terrifiantes. Au total une dizaine lui est directement imputable (...) il avait vanté son laboratoire argentin : « L’Argentine a une histoire à raconter au monde : une histoire sur l’importance de la discipline fiscale, des changements structurels et une politique monétaire rigoureusement maintenue ». Musique bien connue. Quelques mois plus tard l’Argentine s’effondrait sous l’effet des mesures de Camdessus."

Dans Le Monde diplomatique, Nadine Bulard retrace la carrière de ce génial économiste et émaille son article de quelques citations du grand homme. Lors de la crise argentine, Camdessus aurait lâché cette perle :

"La libéralisation financière a mauvaise réputation, mais elle demeure le but final correct."

Ou celle-ci :

"Pour des raisons économiques (...). Et parce que plus une économie est ouverte plus il est difficile de revenir en arrière et de renverser les réformes."

Et Nadine Bullard de commenter cette dernière citation par la formule suivante :

"Les peuples ont le droit de voter, pas de changer de politique."

La critique la plus féroce revient à Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, quand il juge la politique menée par Camdessus à la tête du FMI :

"Ce qui est grave, ce n’est pas seulement d’avoir exigé des mesures qui ont abouti à la crise ; c’est de les avoir exigées alors qu’il n’y avait pratiquement aucune preuve qu’elles favorisaient la croissance, et de multiples preuves qu’elles faisaient courir aux pays d’énormes risques."

Autrement dit, Camdessus a toujours persisté dans sa croyance en l’idéologie de l’école de Chicago. Un aveuglement d’autant plus persistant que l’individu ne se dit pas néo-libéral...

Ayez confiance, disent-ils...

PS : au 1er tour de la dernière présidentielle, M. Camdessus soutenait F. Bayrou.