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Comme une ambiance de fin de régime…

L’hiver 2014 restera sans doute comme une des périodes les plus tristes de notre vie politique. Face à un gouvernement dont la direction semble devenue folle, l’UMP est secouée par des affaires, tandis que les municipales font ressortir des aspects bien troublants du FN.

Une majorité à la dérive
 
Dimanche, nous sommes près de 45 millions à être appelés aux urnes pour les élections municipales, des élections importantes pour notre vie de tous les jours. Mais une prise de recul sur les trois derniers mois donne le vertige quand on se penche sur l’actualité politique. François Hollande avait sans nul doute élaboré une nouvelle stratégie : une accentuation du virage eurolibéral pour occuper le centre politique, quelques bombes sociétales pour hystériser le débat public et pousser l’UMP aux dérapages. A défaut d’y adhérer, on pouvait reconnaître une certaine logique à cette ligne, d’autant plus que les affaires pénalisent lourdement le parti de l’ancien président avec un flot trop fréquent de nouvelles.
 
Mais cette stratégie ne fonctionne pas du tout, au point qu’à l’approche des municipales, le gouvernement se fait plus discret, comme s’il voulait limiter l’impact négatif sur ses édiles locaux. La majorité est entre deux feux. D’une part, elle peine à prendre des mesures assez fortes pour changer la donne, notamment en matière d’emploi. Et d’autre part, n’obtenant aucun résultat sur ce front, le fossé, déjà colossal avec les classes populaires, semble se creuser toujours plus, les agitations sociétales n’ayant aucun intérêt pour des personnes en manque d’emplois ou de pouvoir d’achat. Enfin, le manque de professionnalisme et la ligne atlantiste sur l’Ukraine et la Crimée ne rassurent pas…
 
Une opposition peu ragoutante

Paradoxalement, malgré l’immense impopularité de l’équipe au pouvoir, les Français ne semblent pas avoir trouvé de solution de rechange. L’hiver a été désastreux pour l’UMP, prise entre trois feux : une tentation identitaro-réactionnaire peu rassembleuse, les initiatives contestables de Jean-François Copé (le cas du livre « tous à poil  ») et le flot permanent des affaires, dont pas moins de 6 impliquent Nicolas Sarkozy, ne font vraiment pas envie. Et ce n’est pas la nouvelle audition de l’ancienne ministre Christine Lagarde au sujet de l’extravagant arbitrage à 400 millions en faveur de Bernard Tapie qui va améliorer les choses car cela donne au contraire une forme de cohérence au quinquennat précédent.

Du coup, le FN devrait avoir un boulevard. Mais même si le parti de la famille Le Pen présente un nombre historique de candidats, le bilan de la campagne n’est guère positif. La présence limitée à 2% des communes du pays démontre un faible enracinement et une image toujours sulfureuse pour une grande partie de la population. Pire, la constitution des listes a provoqué de nombreux dérapages entre inscriptions de candidats qui ne souhaitaient pas l’être ou choix de personnalités qui contredisent la stratégie de dédiabolisation, avec, par exemple, le choix d’un proche de Dieudonné à Paris. Bref, dans un contexte politique pourtant idéal, le FN ne casse pas le plafond de verre.

L’addition des trois explique sans doute le goût amer que l’on peut avoir en pensant au débat politique en France aujourd’hui. Mais il faut résister à la tentation de l’abstention, qui revient à accepter le statut quo. Le salut pourra venir de nos votes, aux municipales comme aux européennes, et après…


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11 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 20 mars 2014 11:55

    L’hiver 2014 ? C’est un texte prémonitoire ?

    L’important est que maintenant chacun peut constater que voter UMP ou voter PS ne va rien changer pour notre vie au quotidien. Tous mettent en place une société qui renforce le pouvoir des 1%. Si la droite avance à peu près à visage découvert, le PS avance caché, se prétendant toujours « socialiste », mais toujours « kleptocrates » des 99%.
    Le FN ? Aucun doute qu’il fait partie du système et se mettra au service du patronat et des 1%.
    Les verts ou extrémistes ? Les premiers ne sont absolument plus crédibles, pour les derniers, une dictature de gauche n’a rien à envier à une dictature de droite. Juste des chaines différentes.

    Alors ? Et bien, il faut sortir du système pour trouver d’autres solutions.


    • zygzornifle zygzornifle 20 mars 2014 12:51

      Il est URGENT de demander un CASIER JUDICIAIRE VIERGE pour tout politique, c’est que l’on demande au plus insignifiant des fonctionnaires ....


      • Baarek Baarek 20 mars 2014 18:17

        Il est difficile de trouver plus important que cette mesure je trouve... Madame Michu doit être propre pour trier des papelards, mais les dirigeants UMPS représentants 30-40% de la population sont tellement sales qu’on se saurait les nettoyer...


      • baldis30 21 mars 2014 10:53

        il serait aussi sain de démissionner d’office de tout parlementaire qui ne paye pas ses contraventions dans le délai requis .


      • DanielD2 DanielD2 20 mars 2014 13:41

        Le FN finira par gouverner, les autres partis sont finis. Suffit de voir son score chez les jeunes et avoir conscience que la crise économique n’en est qu’à ses débuts pour le comprendre.

        Qu’ils aient ramassé tout ce qu’ils pouvaient pour faire des listes prouve juste que le chemin est encore long, mais que la motivation est là, contrairement à l’époque de JMLP qui se faisait plaisir sans autre ambition.


        • jaja jaja 20 mars 2014 14:24

          Le FN finira par gouverner si la bourgeoisie capitaliste le veut et lui ouvre grand ses médias. Avec BFN ça semble bien parti :

          « Le CSA tape sur les doigts de BFM pour un trop plein de FN »

          Europe 1

          mercredi 19 mars 2014 18:39 GMT

          L’INFO. Ce n’est qu’un rappel à l’ordre, mais Hervé Béroud, directeur de l’information, s’en serait bien passé. Brocardé par certains ténors de la majorité – à commencer par François Hollande - qui parle d’une « BFMisation de la vie politique », BFM est cette fois dans le viseur du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a l’a « rappelé à l’ordre« pour une »persistante surreprésentation du Front national" dans le temps de parole que la chaîne a consacré aux partis pour leurs déclarations au niveau national pendant la campagne des municipales.
          Le CSA explique avoir constaté ce déséquilibre sur la période du 10 février au 14 mars : sur 1h16 comptées comme déclarations « nationales », le place du FN sur BFMTV a été de 33 minutes, soit 43% du temps. BFM épinglé par le CSA par Europe1frL’explication. A BFMTV, on justifie ce décalage par la diffusion d’un reportage sur les candidats « malgré eux » du FN. "Le sujet traité relevait du national et on a fait réagir Marine Le Pen et Florian Philippot pour s’expliquer sur une affaire qui les mettaient en difficulté", a expliqué Hervé Béroud à 20 minutes, se déclarant "scandalisé par la désinformation qui peut circuler via les réseaux sociaux concernant un chiffre partiel et qui n’est pas définitif... »


        • jarvis jarvis 20 mars 2014 17:46

          faites simple« parkway » on appelle ça L’UMPS
          hollande et son copain toupty même combat ,enrichir les riches et appauvrir les pauvres
          oui monsieur.................. !!!


        • Ruut Ruut 20 mars 2014 17:23

          En 2002 au second tour, les médiats ont clairement fait front pour que l’UMPS reste au pouvoir.

          Le FN ne semble dons pas faire partie du système.
          Sinon l’épopée médiatique totalement contraire a l’équité digne d’un second tour présidentiel n’aurait jamais eu lieu.

          Par contre il est claire que l’extrême gauche est une raclette du PS.


          • jarvis jarvis 20 mars 2014 18:18

            bravo BFM
            le fn il y a quelques années sur les chaines nationales n’avait pratiquement pas de temps de parole,c’est le juste retour des choses
             on appelle ça la démocratie !


            • baldis30 21 mars 2014 11:07

              Cet article est un bon avertissement ; fin de règne ... tous les ingrédients y sont. D’autant plus que parmi les personnes au pouvoir ou qui le furent récemment, aucune n’émerge de la nullité. Tout nouveau chef ( ils sont tous chefs, mais aucun n’est responsable, et encore moins coupable), choisit des sous-chefs encore plus nuls que lui afin que ceux-ci ne lui portassent pas ombre.

              Autre jeu bien connu de la part des sous-chefs se rendant compte de la nullité du chef : le syndrome d’IZNOGOUD ( je veux être vizir à la place du vizir) . On nage donc dans l’océan de la nullité. Tous ne sont pas malhonnêtes ..... il en reste quelques uns mais ils n’ont pas les compétences nécessaires à leurs ambitions qui ne sont en fait que des arrivismes. La rhétorique tient lieu d’intelligence et la faconde de compétence. Rien, ... il n’y a rien à espérer. 

              Du pouvoir aux nominations réservées en cas de vidage, bien des Etats, dont le notre donne le parfait exemple de l’application du principe de Peter :

              Tout individu évolue jusqu’à atteindre son niveau d’incompétence, et arrivé à ce stade ultime, le jeu de l’arabesque latérale, gracieuse figure de nomination dans des emplois réservés avec bureau, chauffeur et revenus.


              • zygzornifle zygzornifle 22 mars 2014 08:17

                fin de régime ? c’est cool on va pouvoir remanger comme des gorets .....lol

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