CPE : la voix discordante de Michel Charasse
A l’occasion de l’émission de France 3 Auvergne “Place politique”, le 25 mars, l’ancien ministre de François Mitterrand, Michel Charasse, a fait part, dans le style incomparable qui le caractérise, de son analyse sur le CPE.
A contre-courant des positions actuelles, le sénateur du Puy-de-Dôme a rappelé que la constitution ne permet pas de procéder à un retrait du CPE.
Par conséquent, le demander ou le laisser croire relève à ses yeux d’une aberration. En effet, à partir du moment où une loi a été adoptée en toute conformité par le Parlement, la constitution n’offre aucune possibilité de retrait, pas plus au gouvernement qu’au chef de l’Etat.
En outre, la saisine du Conseil constitutionnel, appelé à se prononcer sur la conformité du texte à la constitution, ouvre une période pendant laquelle elle devient “intouchable”. Après cet examen et en l’absence de remarques du Conseil, les seules solutions pour une non-application du CPE résideraient soit dans une absence de promulgation par M. Chirac, soit dans l’adoption d’une nouvelle loi modificative.
Et Michel Charasse de s’étonner que les étudiants en droit et leurs professeurs n’aient jamais fait allusion à cette contrainte constitutionnelle majeure. Le sénateur du Puy-de-Dôme n’a par ailleurs pas manqué de faire part de sa méfiance à l’égard des mouvements de rue. Interrogé sur sa participation aux manifestations anti-CPE, il a déclaré que “d’une manière générale, lorsque la République n’est pas menacée, je ne vais à aucune manifestation”, avant d’ajouter que si le Premier ministre en avait parlé préalablement avec les partenaires sociaux, on n’en serait pas là, “une mauvaise habitude prise sous Jospin”.
Les intéressés apprécieront.
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