Dominique Strauss-Khan, Antonio Duarte et Johnny Hallyday
Antonio Duarte a créé un club pour aider à l’élection de DSK. Pour une fois, la presse était en retard d’un wagon puisque nous étions déjà quelques-uns à le savoir lorsque tel ou tel journal se demandait toujours fiévreusement, qui était derrière l’initiative. J’imagine les rédactions cherchant à découvrir le grand imprécateur qui se cachait derrière, multipliant les coups de fils à l’adresse de quelques cadres politiques straukhaniens qui n’étaient pas du tout au courant de l’initiative d’Antonio.
J’apprécie Antonio pour ce côté-ci de son caractère : il mêle toujours une certaine facétie à son sens immodéré de la communication. Et lorsqu’il a l’étincelle, il fonce. Il commence à avoir une certaine pratique du truc : c’est notre Gérard Dahan de la politique.
Et oui mon cher Antonio, si tu me lis, saches que j’admire beaucoup cette part de bluff qui est en toi, sur laquelle tu mises pour rendre encore plus efficace la réalisation de tes initiatives. C’est la raison pour laquelle la phrase d’Audiard : il n’y a que les cons qui osent tout, ... n’est pas faite pour toi. D’abord parce que tu es beaucoup trop intelligent et beaucoup trop subtile pour que te sied un tel adage et qu’ensuite la place est déjà prise. Le MODEM a déjà sont Steevy Boulet et deux sur le même créneau, ça ferait beaucoup. Mais là, je m’égare.
Je voulais surtout parler ce matin de Dominique Strauss-Khan et porter ma réflexion sur sa candidature éventuelle contre Nicolas Sarkozy en 2012.
Les journalistes Philippe Martinat et Alexandre Kara ont une petite idée là-dessus puisqu’ils en ont fait un livre "DSK-Sarkozy, le duel" aux éditions Max Milo dans lequel ils exploitent à fond la question. Un livre très intéressant qu’Antonio a déjà sûrement lu où on y apprend la quasi sympathie qui lie les deux hommes. Des animaux politiques qui se tutoient, s’observent et se toisent en permanence.
Pour ma part, je pense que rien de très sérieux aujourd’hui ne concoure à laisser penser que DSK veuille y aller. Il y aura, côté PS, un suspens qui durera jusqu’au bout. C’est-à-dire jusqu’au printemps 2011. Donc, je ne suis pas certain que DSK Le sache lui-même à l’heure où j’écris.
Les français sont déçus, une fois de plus, par le président qu’ils ont plébiscité en 2007. La méfiance s’est accrue dans l’opinion publique ces derniers mois. Elle semble être confortée par les révélations qu’on lit chaque jour sur Internet qui s’impose comme le contre-pouvoir naturel de l’oligarchie politique et médiatique traditionnelle.
Les espoirs énormes que portaient l’UMP à l’élection de 2007, aux yeux de millions de français, a fondu. Comme ce fut déjà le cas dans l’histoire politique récente du pays. Rappelez-vous la dégringolade du PS entre 1981 à 1983 après l’élection de François Mitterrand. Lorsqu’on regarde les sondages, on s’aperçoit très vite que les français ne regardent plus de la même manière le jeu et la parole politique.
Sans doute DSK aurait moins de mal à élargir le spectre de son électorat et trouver des voix au Centre et au Centre-droit que Martine Aubry qui s’arcqueboute toujours sur une attitude que j’ai qualifiée ailleurs de verbaliste qui l’oblige à rester fidèle au dogme verbal traditionnel socialiste qui ment dans son discours (CF le déni sur la réforme des retraites) jusqu’au moment où elle parviendrait au pouvoir.
DSK à des points forts et des points faibles pour le job.
Points Faibles :
Comme l’observent les journalistes cités plus haut, de la première à la dernière page de leur livre, on cherche les indices qui pourraient nous faire penser que DSK serait de gauche ; bien sûr, on en trouve aucun.
Historiquement, parmi les différents courants qui existent au sein du Parti Socialiste, Dominique Strauss-Kahn incarne une social-démocratie assez molle, plus libérale que la note jouée par les autres courants du PS (ce qui ne serait pas pour me déplaire personnellement). On se souvient du passage remarqué que DSK fît à Bercy. Et on se dit que ce n’est pas par hasard qu’il préside aujourd’hui le FMI. DSK a une première faiblesse sur l’aile gauche de son électorat potentiel : il rassure les marchés et s’inscrit dans une certaine continuité d’un président clairement positionné à droite
Une France classique, provinciale et j’ose le mot de catholique, issue du RPR et du radicalisme, n’est pas prête à accueillir à l’Elysée un président qui serait juif. Je pense que cela pourrait devenir un handicap pour DSK que tout le monde tairait officiellement, pour cause de politiquement correct mais dont beaucoup aurait à cœur d’arguer « off the record » pour pilonner la candidature PS. Le couple DSK-Anne Sinclair a laissé des traces de certaines maladresses verbales par le passé qui pourraient ressurgir au moment opportun et donner l’image à de nombreux français qu’ils seraient ancrés dans une certaine forme de communautarisme. Cette France-là, pourrait bien faire front avec le FN justement qui utiliserait les subtilités d’un discours larvé et subliminal teinté d’antisémitisme.
Points Forts :
En revanche et de façon assez paradoxale si on s’en tient à ce que j’écris plus haut, dans l’électorat de gauche et chez les écolos, DSK arrive en tête. On note même une certaine mansuétude de quelques communistes à son égard ; lorsqu’ils ont travaillé avec lui ; c’est le cas sur la ville de Sarcelles notamment tous ont apprécié sa fibre sociale. Le tout sauf Sarkozy marcherait à fond si toutefois DSK voulait y aller.
L’électorat centriste est de plus en plus important. Le Nouveau Centre est loin de rassembler tous les centristes et Hervé Morin n’a pas le charisme d’un Strauss-Kahn.
Donc les jeux restent ouverts. Et Antonio s’est déjà placé quant à lui.
Pour ma part, DSK président, je n’y crois pas trop. Je le vois plutôt incarnant une espèce de « road-book » de Martine Aubry, un premier ministrable incontestable qui ferait un ticket avec la première secrétaire du PS qui tenterait d’incarner une Angela Merkel de gauche. Mais peut-être me trompe-je !
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