Le 25 mai auront lieu les élections européennes. Mais entre cette Europe fâchée avec la démocratie et une majorité guère à l’aise après la défaite des municipales et dont le discours européen est assez inaudible, la campagne n’a que timidement démarré dans les médias : un vrai scandale démocratique.
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Rideaux de fumée de la majorité
Il faut croire que
la défaite aux municipales, qui devrait être encore amplifiée aux européennes, a poussé les stratèges de l’Elysée à opter pour une occultation pure et simple de la seconde élection, en espérant que cela limite la défaite et surtout qu’on en parle le moins possible. En effet, comment ne pas constater que la communication de la majorité a changé, en adoptant la tactique sarkozyste consistant à faire l’actualité tous les jours ?
Les nominations au gouvernement ont été étalées dans le temps, ce qui a permis d’occuper les médias pendant une bonne semaine. Puis,
nous avons eu la déclaration de politique générale, et
l’annonce de la réforme territoriale. Puis a
suivi l’annonce du plan d’économie de 50 milliards, le tout entrecoupé de déplacements internationaux du président, pour se présidentialiser.
Reprendre le débat en mains
On peut comprendre pourquoi le PS suit cette stratégie. Il n’a rien à dire sur le sujet, ayant ratifié tous les traités et ne pouvant pas vraiment décemment reprendre un discours sur l’Europe sociale dans le contexte actuel. L’UMP n’a pas non plus un grand intérêt à pousser ce débat, du fait de ses divisions internes entre une aile fédéraliste qui assume le bilan européen et une frange plus critique, représentée par Henri Guaino (qui a déjà déclaré qu’il ne voterait pas UMP le 25 mai, du fait du choix d’Alain Lamassoure comme tête de liste pour l’Ile de France) ou Laurent Wauquiez, à la ligne chaotique sur la question. Les centristes font le service minimum car leur position d’eurobéats est devenue ultraminoritaire en France et les Verts prient pour ne pas trop perdre par rapport aux résultats surprenants de 2009.
Il est assez effarant que l’UMP et le FN aient attendus si tard pour lancer leur campagne, partant sans doute du principe que quatre semaines étaient suffisantes pour débattre de ces questions,
quand les listes de Debout la République ont démarré, pour certaines, dès la fin 2013 ! Si certains médias organisent des débats et des interviews qui permettent d’informer les électeurs, beaucoup n’accordent pas la place qu’il conviendrait d’accorder à un tel débat étant données les innombrables questions qui se posent sur l’Europe, que ce soit sur son organisation ou la monnaie unique. Une campagne insuffisante ne va pas mobiliser les électeurs, qui pourraient être tentés par l’abstention, ce qui représenterait un satisfecit pour l’UE actuelle,
comme le disent bien 3 jeunes de DLR, du MRC et du FG sur Marianne.
Il est tout de même effarant d’en entendre certains se plaindre de l’abstention aux élections européennes, tout en n’accordant pas une place suffisante au débat sur la question. L’Europe, parlons-en, et nous verrons bien le 25 mai quels projets les Français soutiendront. Gageons que ce ne sera pas l’UE actuelle…