Hollande… l’ère des regrets
C’est une majorité qui s’est prononcée l’année dernière aux présidentielles et aux législatives. Nul ne peut en douter sans remettre en cause gravement le principe même de la démocratie. François Hollande et sa majorité parlementaire ont été élus pour 5 ans. Il faut l’accepter, pour autant cela ne suffit pas pour endiguer la vague de « regrets » qui monte dans le pays. Les sondages sont catastrophiques et reflètent bien cet état d’âme.

Pour autant, il reste à François Hollande et sa majorité un socle solide, pas moins de 30 à 35 % de français qui résistent à passer dans une opposition sans nuance. J’ai à mon échelle sondé la partie de mon entourage qui avait voté Hollande à la dernière présidentielle. Ils se déclarent tous dans le dernier tiers des opinions favorables. Cependant ils ont tous enchainé sur un « mais » d’avertissement.
Cette partie de l’opinion, encore favorable reste fragile, elle n’est pas du tout convaincu par la politique menée jusqu’ici, et surtout ils sont unanimes à critiquer l’absence de lisibilité dans le projet présidentiel. Le candidat n’avait pas de programme et ne souhaitait pas s’engager sur des promesses dont il avait l’heureux pressentiment qu’il ne pourrait pas les tenir.
Cahin caha la campagne s’est déroulée dans un climat de rejet de Nicolas Sarkozy, lequel de son côté ne développait pas pour autant un programme, mais tirait à hue et à dia pour tracter vers lui le maximum de l’opinion Front national. Il n’y a pas eu de véritable débat présidentiel, de fond, d’échange sur des idées et des programmes, tout juste des brides mal assemblées de part et d’autres pour faire l’illusion d’un programme.
L’assemblage présidentiel et législatives sur un même mandat, n’est pas l’idée du siècle. Car les législatives qui auraient pu être la session de rattrapage au titre des idées n’a pas eu lieu. Trop proches du premier scrutin, la campagne fût fugace et s’est contentée de donner simplement une majorité au président élu. Sarkozy sortait essoré de ses 5 années de pouvoir frénétique et agité, distribuant à tous vents ses largesses aux souscripteurs richissimes de sa cause, Hollande présentait l’avantage d’être un socio-démocrate, peu causant, certes, mais qui donnait l’impression qu’il serrerait les boulons mais en évitant la casse sociale.
C’est ce contexte-là, qu’il faut avoir à l’esprit pour bien comprendre l’état d’esprit des français aujourd’hui. Ce gouvernement au jour le jour creuse sa tombe…en accumulant les décisions toujours dans le sens de faire payer un peu plus aux salariés modestes et aux classes moyennes, avec un discours contradictoire. L’ère des regrets a commencé très vite, le correctif budgétaire de 2012 a donné le la, le budget 2013 a été on ne peut plus clair, et celui de 201 s’annonce terrible.
L’annonce d’une « pause fiscale » par le président est une plaisanterie de mauvais goût. Il a bien tort de gouverner avec les seuls énarques, qui n’en ont rien à faire de la France, des français et de la société. La feuille d’impôt est bien là, et les français concernés sont bien obligés de faire leur compte… et le compte n’y est justement pas.
Pour 2014, se profilent déjà : la hausse de la TVA (et elle n’est pas si invisible que cela..), le relèvement des cotisations retraites, la baisse du quotient familial, la suppression de certaines niches fiscales (qui ne concernent pas seulement les riches) plus des menaces en l’air : un impôt sur les propriétaires occupant leur appartement (cela ne s’invente pas) !
Certes, les très hauts revenus sont touchés, mais pas tant que cela, Mme Bettencourt voit sa fortune croître indéfiniment sans avoir à lever le moindre petit doigt. Les analyses de Thomas Piketty à cet égard sont édifiantes. Dans « le capital au XXIe siècle » il démontre que les inégalités aujourd’hui sont encore plus fortes qu’en 1913, que la rente a tiré tous le bénéfice de la croissance au détriment du travail.
Les hauts revenus sont à contribution, mais les moyens aussi… et la surprise de ce côté-là est totale, car les concernés n’avaient pas du tout compris cela pendant la campagne présidentielle.
Que les entreprises et les entrepreneurs deviennent le sujet de toutes les préoccupations du gouvernement et que les ménages soient mis à la diète, pourquoi pas, encore faudrait-il que François Hollande s’assigne enfin un programme clair et cohérent dans lequel ses présentes actions s’inscriraient avec une bonne lisibilité pour les quatre ans à venir.
Un pacte de croissance, voilà ce qu’il manque cruellement aujourd’hui, les efforts d’aujourd’hui avec les justes compensations à venir et un plan de justice sociale étalé sur les quatre années à venir.
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