L’heure de vérité
Alors que Manuel Valls considère comme régulière les procédures d’expulsion de la jeune collégienne kosovare, hier dans le Doubs, avec sa famille, la gauche s’élève violemment contre cette faute majeure, faute contre la dignité humaine, faute politique. Face à la vague de protestation le premier ministre a ordonné à Manuel Valls de diligenter une enquête administrative sur les conditions de cette expulsion.

C’est à l’occasion, d’une sortie scolaire en autobus que la police de Pontarlier est venue « cueillir » la jeune élève, scolarisée en troisième au collège André-Malraux, pour l’expulser de France.
On croyait ces méthodes de l’époque Sarkozy révolue, et qu’au moins la gauche serait digne sur ces sujets. Et bien non et il a fallu que le ministre de l’intérieur s’embourbe encore un peu plus en accordant son satisfecit à l’opération. Depuis ce sont le ban et l’arrière ban de toute la gauche qui donnent puissamment de la voix.
C’est un gouvernement au plus bas des sondages, réduit au dernier carré des fidèles qui commet la faute énorme à ne pas faire… Nombreux sont les ministres et les députés socialistes à réagir violement et sans prendre de gants. Claude Bartolone a réagi sur twitter en rappelant que la gauche ne pouvait pas transiger avec ses valeurs « sous peine de perdre son âme ».
L’ampleur des protestations a amené le gouvernement à rectifier les premièrs propos de Manuel Valls, la porte-parole du gouvernement a déclaré : « François Hollande veut y voir plus clair avant de commenter les faits » De son côté le ministre de l’éducation Vincent Peillon a demandé « qu'on sanctuarise l'école, qu'on garde nos principes de droits et nos principes d'humanité à l'avenir ».
Leonarda, âgée de 15 ans a fait savoir depuis son désir de retourner en France où son intégration ne fait aucun doute aux vues des déclarations de ses enseignants et des parents d’élèves qui la côtoyaient régulièrement.
Lorsque M. Valls demande à chacun « de garder son sang-froid » et réclame « une enquête de l'inspection générale de l'administration sur les conditions de l'expulsion. Le Défenseur des droits auditionnera aussi toutes les personnes concernées par l'affaire. Ne doutez pas un seul instant que les règles de droit public sont appliquées avec intelligence, discernement, humanité (...) par mes services »… on en est atterré.
Pour seule réponse à ces propos froids, technocratiques et foncièrement de droite on en appellera au témoignage de la jeune fille : "A sept heures et demie, j'ai eu un appel, c'est l'ancien maire de Levier qui m'a appelée, il m'a demandé où j'étais. J'ai amené le téléphone à la prof, il a parlé avec elle, je suis descendue du bus avec la prof, j'étais dans les bras de la prof en train de pleurer.
J'avais honte aussi parce qu'il y avait la police qui est venue, il y a des camarades qui me demandent 'Qu'est-ce que t'as fait, t'as volé ?' ».
Résultat des courses, un bureau national du PS hier soir plus qu’agité. Et pas de chance c’est au moment où une bonne parte de la gauche s’apprête à fêter les 30 ans de « la Marche des beurs » que l’incident inexcusable survient.
Cette fois la révolte est manifeste, pour la première fois des menaces de démission se font entendre, tel Stéphane Delpeyrat, élu d'Aquitaine et secrétaire national à la recherche qui déclare : « Perso, je ne me vois pas rester à la direction du PS si rien n'est fait pour Leonarda, j'en tirerai les conséquences. ». Pouria Amirshahi, député PS a dénoncé une "violence faite à la République" et « des décisions aveugles et infâmes ».
Après de nombreux efforts, au nom de la rigueur et du redressement des comptes la gauche a serré sa ceinture et serré les dents. Cette fois sur les « valeurs » rien, mais absolument rien ne justifie un tel acte et si les propos du ministre de l’intérieur ne trouve pas une sanction et un désaveu absolu, alors oui cette fois la gauche aura perdu tout honneur.
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