La déroute des Verts, un espoir pour l’écologie
Résultat catastrophique au premier tour de la présidentielle, refus d’alliance avec le PS pour les élections législatives... C’est la déroute des Verts, explosion après une lente agonie. C’est la fin des Verts comme parti politique, alliés plus ou moins fidèles du PS, qui ont essayé de pousser l’écologie par la gauche. C’est une chance pour l’écologie.

Je me suis souvent senti proche des Verts, avec une certaine sympathie pour certains de ses leaders. Ce qui me rapprochait politiquement des Verts était cette certitude que les questions écologiques sont centrales, essentielles, vitales même. Mais mes sympathies étaient d’une autre époque, d’une époque où peu de gens avaient entendu parler de dérèglement climatique, une époque où le litre d’essence était à 5 francs, où l’on ne recyclait pas encore les poubelles en France. L’écologie était un peu marginale et son importance pour l’Humain était encore peu médiatique. Le virage du siècle coïncide avec une accélération de la prise de conscience écologique et avec ce virage mon malaise envers l’écologie de parti politique.
Les Verts ? une approche de l’écologie par la politique. Un choix de se situer sur la gauche de l’échiquier politique, de pousser l’écologie par la gauche. La justification a souvent été que les écologistes avaient une sensibilité de gauche... Peut-être que cela touche plus cet électorat mais, choisir cette approche, c’est se couper des autres Français. C’est une vision qu’il faut dépasser car elle est sectaire et réductrice alors que l’écologie a une valeur fondamentalement universelle. En ce sens, la défaite des Verts est une chance pour l’écologie sur la place politique. Une chance de dépasser les clivages standard pour imprégner l’ensemble des partis.
Hulot fossoyeur des verts ?
Pourquoi un tel résultat ?
En dehors des conflits et des problèmes de fonctionnement interne, on peut souligner deux éléments :
- Nicolas Hulot aurait été pour les Verts un fossoyeur, une sorte de missile balistique qui a fait exploser les restes d’ancrage du parti. La base verte a été balayée, les autres candidats ayant reçu un adoubement écologique en signant de la référence Hulot, pourquoi donc voter vert ?
- Le phénomène du vote utile aurait joué pleinement son rôle, le PS aurait absorbé une partie des voix qui sans le choc de 2002 se seraient portées sur les Verts.
Mais ces éléments sont en fait des révélateurs de la faiblesse idéologique et du manque de leadership chez les Verts. Ils ne sont pas les causes mais les déclencheurs, mettant à jour le retard pris par ce parti qui a perdu sa base électorale pour avoir voulu une politisation Les Verts ont perdu leur ambition d’être une référence écologique dans la politique française et doivent se résoudre à n’être qu’un élément d’un mouvement qui ne peut être que transversal devant l’universalité du problème.
Quelle écologie demain ?
Les limites de la démarche Hulot : Il n’a fait qu’une partie du chemin. Profitant de son statut de vedette de TF1, la chaîne populaire, il a fait de l’écologie people et a peut-être sensibilisé certains aux questions écologiques... Mais en présentant ses idées très tôt dans la campagne, en faisant signer une sorte de décharge écologique aux candidats, nous avons clairement vu ses limites. Nicolas Hulot, les Verts ne sont que des pierres dans un édifice qui doit se construire par la base.
La prise de conscience écologique est inverse de la démarche des Verts. Ce n’est pas du "Top Down" mais du "Bottom Up", pardon pour les anglicisme, on peut aussi utiliser l’image des pyramides inversées. D’un côté le pouvoir vient du sommet et les idées, les actions sont ensuite poussées vers la base. De l’autre le pouvoir émerge de cette base, les idées naissent et se développent au sein du peuple. Le mouvement écologique, la conscience écologique ne peut pas être politisée à priori comme le font les Verts. La prise de conscience ou la prise de pouvoir écologique doit se faire par tous et être ainsi propagée dans toutes les couches de la société, dans les médias et la sphère politique.
Pression = force / surface
L’écologie est indépendante des partis politiques. Elle est fondamentalement transversale et doit imprégner toutes les réflexions et décisions politiques. Cela signifie que la force appliquée est beaucoup plus diffuse car la surface d’application augmente. La pression serait donc plus faible. Il est donc du devoir de tous de contribuer à augmenter cette force pour inverser cette baisse de pression et mettre véritablement l’écologie au cœur de la politique, mais surtout, avant tout au cœur de nos vies. Internet, comme nouveau moyen de mise en relation, remplira en partie ce rôle et nous donnera à nous citoyens la capacité de contribuer à cette force. Nos actions de consommateurs doivent aussi prendre en compte cette dimension. Malheureusement, cette force sera aussi causée par les événements externes, sècheresses, inondations, aléas climatiques, hausse des prix du carburant, qui contribueront sans aucune nuance à la prise de conscience de l’urgence du problème.
quel leadership ?
Enfin, il faudra toujours des leaders pour incarner les idées, pour que le peuple s’identifie aux idées. Les Verts ne tiendront plus ce rôle en France et Hulot n’est qu’une version people d’un leader écologique. Al Gore est un exemple de leader mondial. J’attends des leaders français, européens. J’attends et j’essaie d’agir... à mon échelle.
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