La révolution pour quoi faire ?

La question est là : à chaque grande crise succède une révolution, et le monde est en train de vivre une de ces crises. Il y aura donc une révolution. Ce n’est pas que je la souhaite, mais tout simplement qu’elle est inévitable.
Elle est inévitable pour la simple et bonne raison que lorsque les peuples ont trop faim, ils se révoltent. Les gouvernements, qui malgré leur apparente surprise face à cette crise, sont toujours en avance de quelques informations sur les peuples (et non des moindres), ne peuvent pas n’avoir pas vu venir les choses. Face à la catastrophe humanitaire qui guette notre planète, ils n’ont d’autre choix que de préparer la suite des évènements. Confirmant une fois de plus les propos lumineux de George Orwell, « on n’établit pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature », les patrons du monde sont en train de mettre en place les cadres légaux du monde après la révolution, qui serviront à l’établissement d’une nouvelle forme de pouvoir.
Ce nouveau système mis en place pour selon ces mêmes patrons « maintenir l’ordre social » sera en réalité un gouvernement totalitaire comme n’ont jamais osé le rêver les dictateurs du passé, la technologie actuelle permettant la pratique de moyens coercitifs pratiquement inattaquables.
On le voit à la précipitation dont font preuve tous les gouvernements, la mise en place de ces mesures provoque une accélération de la crise et risque d’avancer l’heure de la révolution. Pour eux c’est une course à la légalisation de toutes les mesures sécuritaires avant cette échéance.
D’un autre côté les opposants aux mesures successives qui suppriment leurs libertés se font de plus en plus nombreux, mais ne se regroupent pourtant pas en une opposition unique et solidaire. Certains appellent bien à une grève générale, d’autres même à la révolution, mais personne ne relaye ni ne rassemble réellement.
ceci est dû en partie à notre lâcheté, et aussi à l’incompétence (ou à la trahison ?) des chefs censés conduire l’opposition.
Mais la cause majeure est l’absence de propositions faites pour contrer le système critiqué. En définitive il se trouve un nombre toujours croissant d’opposants, de critiques (dont je fais partie), mais pas de solutions apportées à ce problème majeur : que faire face à cette crise, et que changer pour d’une part sauvegarder la viabilité de notre planète, et d’une autre améliorer le sort de l’humanité ?
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : il va falloir se résigner à mourir libres ou vivre esclaves, à moins que de trouver une tierce voie, que nos gouvernements, malgré toute leur bonne volonté, n’ont pas réussi à trouver.
Alors voilà : avant que nos actes soient si surveillés que l’on ne puisse plus bouger sans être suivis, si punis que l’on ne puisse plus parler, il faut s’organiser sans plus tarder pour tout d’abord faire reculer les mesures les plus totalitaires, et réfléchir ensemble pour dégager cette troisième voie qui succèdera à la révolution.
Il faut que tous les hommes encore libres s’allient pour éviter le massacre organisé de l’être humain, et reprennent leurs rêves en main. La force du nombre est pour nous, les pauvres seront toujours plus nombreux que les riches.
Il nous faut utiliser les mêmes moyens que ceux qu’emploient les gouvernements pour nous asservir, cette fois-ci pour nous libérer. Nous en avons les compétences et encore le pouvoir.
Nous sommes ceux qui les nourrissent, qui leur construisons leurs maisons, leurs routes et même leurs armes. Tout peut nous appartenir, sans effusion de sang.
Il suffit d’être tous d’accord au même moment, partout. Comme le disait Marx, et avant lui Aristote, un système parfait ne peut exister que s’il est partout le même. Internet le permet.
Mais une révolution pour quoi faire, là est la question :
Pour que tous soient d’accord pour la faire, il nous faut plus qu’une vague idée d’un monde parfait impossible. Il nous faut un solide aperçu de ce qui sera instauré ensuite.
Car le monde qui nous attend pourrait être bien différent, et l’utilisation des nombreuses technologies dont l’homme dispose et qui permet certes de l’asservir, serait capable de le libérer.
Aujourd’hui il est possible de nourrir toute la planète, de créer des énergies propres et de vivre dans une certaine opulence. Seules les règles du jeu empêchent tous les hommes d’accéder aux bienfaits de l’évolution technique, et ce sont ces règles qu’il faut changer.
Lorsque les gouvernants font des propositions de « moralisation » du capitalisme, ils se leurrent eux-mêmes sur cette supercherie. Le capitalisme est amoral et c’est bien lui qu’il faut révolutionner. L’humanité ne pourra plus très longtemps se contenter d’appliquer les mêmes solutions aux mêmes problèmes, et se doit, comme cela s’est produit tout au long de l’histoire, de prendre le risque de tenter de nouvelles manières d’appréhender les relations humaines. Il existe forcément d’autres solutions pour vivre mieux, et il ne tient qu’à nous de les trouver.
Après, nous pourrons faire la révolution.
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