Laurent Brun un cheminot duraille, et Philippe coincé dans le butoir syndical
Laurent Brun, fils et petit-fils de cheminots lyonnais est naturellement rentré à la SNCF en 2000, comme « agent de mouvement », c’est-à-dire conducteur sur les manœuvres en gare. Passé par l’UNEF et formé aux Jeunesses communistes, le patron de la CGT Cheminots est aussi un spécialiste du mouvement de grève, du blocage des voies de chemin de fer et des manifestations de rue. Voilà, un rapide portrait de celui qui joue le rôle du méchant cégétiste qui ne veut pas entendre parler d'une trêve de Noël et qui finira bien par piquer la place du Secrétaire général Philippe Martinez qui tient beaucoup au rôle principal dans la défense des acquis sociaux de son peuple de gauche de la fonction publique.
Mais ce n'est pas tout, Brun n'est pas que le patron de la CGT cheminots depuis 2007. De mauvaises langues chuchotent (il ne faut jamais écouter les mauvaises langues) que Brun est aussi...
"le visage juvénile du stalinisme."
Diable !!!
Pour être tout à fait franc et sincère, Laurent Brun n'est pas du tout d'accord avec cette image de lui, donnée par des camarades d'autres syndicats. L'inventeur de la grève perlée en 2018 pour s'opposer à la réforme de la SNCF n'est pas un adorateur de l'ex URSS.
Allons donc dit-il !...
"Nous sommes au XXIe siècle, que diable ! C‘est fini et bien fini, tout cela ! "
Et Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine. La révolution d'Octobre, l'internationale communiste, ect. Alors là, ça lui parle à Laurent Brun. Car pour lui...
"Les analyses de Lénine sont toujours d’actualité : il faut à la fois une idéologie révolutionnaire, et une organisation révolutionnaire pour la porter."
Voilà une déclaration de Brun qui a le mérite d'être parfaitement claire. Il y en a encore une autre qui prouve encore une fois de plus que la guerre des classes a encore de beaux jours...
"la grève n’a pas de fonction institutionnelle (elle n’est pas là pour faire pression sur un vote à l’Assemblée), mais bien une fonction « économique » pour faire perdre de l’argent au patron."
Mais de quels patrons est-il question, c'est vrai que dans une guerre il y a toujours des dégâts collatéraux et des petits qui trinquent. Mais, Laurent Brun vous dira que c'est la faute du gouvernement. Un gouvernement qui devrait obéir aux syndicats sans hésiter une seconde dès qu'il est menacé d'une grève. Ce qui n'est pas possible ou alors les syndicats doivent gouverner le pays. Maintenant, il n'est pas possible non plus d'accepter sans rien dire des réformes qui se font au détriment des travailleurs. Personne n'avait manifesté contre la retraite à 60 ans, les 35 heures ou la cinquième semaine de congés payés. Aurions-nous été trop gâtés à une certaine époque ?
Vous avez peut-être lu dans certains commentaires sous les articles de médias mainstream ou sur les réseaux sociaux, des supputations. Comme par exemple que si le gouvernement renonçait à la suppression des régimes spéciaux, la grève s'arrêterait très vite. Même si la retraite par points s'appliquait à tous les autres travailleurs. Ce qui voudrait dire que les syndicats défendent leurs encartés et se fichent pas mal des autres salariés du privé. Vrai ou faux ?
Les Français semblent désabusés et résignés à travailler jusqu'à 64 ans. Pire même, la majorité des retraités de demain seraient convaincus d'avoir des pensions en baisse. Sinon, ils seraient plus nombreux en grève et dans la rue pour se battre contre l'expert comptable libéral président de la République. Parce que cette grève est aussi politique. C'est Macron qui est rejeté, pas seulement une réforme incomprise qui paraît sournoise aux Français.
Au fait, où est passé Emmanuel Macron. Après avoir envoyé le Premier ministre ferrailler avec les syndicats. Le président reste silencieux pour le moment. Il est vrai que c'est "Philippe qui a convaincu le chef de l'Etat de mettre l'âge pivot dans le projet de loi sur les retraites (Canard enchaîné)" alors que Macron n'en voulait pas deux semaines avant. Si le président a finalement cédé à Edouard Philippe, Jupiter pourrait battre en retraite et reporter à plus tard la question de l'âge de départ à la retraite à 64 ans pour mettre la CFDT dans sa poche droite.
Le "22 novembre, lors d’un déplacement dans la Somme. A Nesle, le chef de l’Etat avait défendu le projet du gouvernement et s’en était pris violemment aux régimes spéciaux. La grève est « avant tout la mobilisation de salariés d’entreprises qui relèvent des régimes spéciaux. C’est donc une mobilisation contre la fin des régimes spéciaux », avait déclaré le chef de l’Etat, dénonçant « des demandes catégorielles qui pénalisent le reste de la société ».
Le Président n'a sans doute pas changé d'avis, Laurent Brun et les autres syndicalistes non plus. Les candidats voyageurs pour Noël sont dans une impasse, comme Philippe d'ailleurs. À suivre...
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