Le Mouvement démocrate ou la politique autrement
Pour le lancement du Mouvement démocrate, François Bayrou a prononcé un discours phare, axé sur les fondamentaux de la démocratie.
Il a, par exemple, dit : "Dans cette idée qui paraît si simple "majorité ou opposition", il y a, en réalité, deux choses extrêmement pernicieuses, extrêmement lourdes qui engagent jusqu’à la conception même de la démocratie et de la vocations d’un élu du peuple.
Le premier de ces éléments pernicieux, c’est que, si vous êtes d’un côté, dans la majorité, vous êtes liés par la discipline majoritaire et, si vous êtes de l’autre, dans l’opposition, vous êtes liés par la discipline de l’opposition. Vous êtes obligés de voter toujours pour d’un côté et toujours contre de l’autre et, d’ailleurs, j’ai entendu à la radio -et vous aussi peut-être- que l’on ne pourrait être considéré comme candidat de la majorité présidentielle quand on avait soutenu Nicolas Sarkozy que si on acceptait de signer un engagement qui était un engagement de discipline à l’intérieur de la majorité fondé sur quatre points... Peut-être je suis en train de les libérer en énonçant cette liste... Quatre points extrêmement intéressants.
Le premier, je veux bien l’accepter, c’est : "Je voterai la confiance au gouvernement qui se présentera à l’Assemblée nationale". Je comprends cela.
Le deuxième c’est : "Je ne voterai jamais la censure". Je comprends... Essayons de porter cette image d’un mouvement d’avant-garde, donc ouvert au débat en particulier.
Je regrette de dire qu’un député digne de ce nom ne peut pas s’engager à ne jamais voter la censure, parce qu’il peut y avoir des circonstances graves pour le pays dans lesquelles il considère que c’est son devoir de voter la censure.
Les troisième et quatrième engagements disent, à eux seuls, l’allégeance dans laquelle il faut s’engager, puisque les troisième et quatrième engagements, c’est : "Je m’engage à voter tous les budgets qui seront présentés à l’Assemblée nationale et tous les budgets de la Sécurité Sociale qui seront présentées à l’Assemblée nationale".
C’est fondamental, sur le libre arbitre et la libre conscience que devrait avoir chaque député. Etre adhérent d’un parti c’est évidemment être solidaire, mais c’est aussi être critique envers son propre parti, sinon quelle action pouvez-vous mener ? Si appartenir à un parti c’est dire oui à tout, d’une part, et d’autre part ne surtout pas faire de vague, pas de bruit, où est la construction, la discussion ? Si appartenir à la majorité présidentielle c’est être forcément d’accord avec ce que présente le gouvernement, il y a danger pour la démocratie.
François Bayrou de dire également : "La politique française, la démocratie française et la France tout court ont besoin, j’en ai la conviction, d’un mouvement politique qui soit le mouvement politique de la liberté, la liberté de vote, la liberté de conscience, la liberté de jugement, la liberté d’engagement.
Le deuxième élément pernicieux, c’est que, lorsque les élus sont ainsi enfermés dans une allégeance aux uns ou aux autres, les uns votant toujours oui et les autres votant toujours non, quand ils sont enfermés dans cette allégeance, il n’y a plus personne pour défendre les citoyens, parce que vous vous rendez bien compte que la défense des citoyens ne s’accommode pas du fait que les uns votent toujours oui et les autres votes toujours non.
Les citoyens ne doivent ainsi pas savoir quel est le degré de gravité ou de justesse des textes qu’on leur soumet.
La défense des citoyens, c’est la liberté de vote, c’est la même chose."
On arrive là à un des passages très importants du discours de François Bayrou. Les partis ou plus exactement le bi-partisme qu’on veut imposer aux Français tant à gauche, M. Hollande annonce une extension et un nouveau nom pour le PS, qu’à droite, M. Sarkozy concocte un gouvernement à large spectre, sont-ils vraiment représentatifs des Français ?
A voir la désertion des députés UDF, il semblerait que les membres éminents des partis quels qu’ils soient, soient plus attirés par la soupe qu’on leur sert que par la défense des intérêts des citoyens, qui passe au second plan.
Un autre passage du discours de François Bayrou concerne l’exercice des contre-pouvoirs, exercice très important dans une démocratie. Il remarque avec justesse que l’UMP, parti en place, a et aura probablement après les législatives, dans ses mains, tous les organes du pouvoir.
S’il est important qu’à l’Assemblée nationale, la majorité soit établie, il est important que les contre-pouvoirs puissent s’exercer. Or, un des contre-pouvoirs est la liberté de la presse et la liberté d’expression. Aujourd’hui, quand on sait la France 2 et France 3 sont les chaînes publiques et que les chaînes privées sont dans le giron de personnes très proches de l’UMP, on peut se demander si la liberté de la presse existe encore. A dire vrai, on ne se le demande plus guère.
Le Mouvement démocrate ou MoDem lancé par François Bayrou propose de faire de la politique autrement, de faire me semble-t-il participer les adhérents qui adhèrent d’ailleurs en masse. C’est une toile qui se tisse sur la Toile. En effet, les adhérents qui ont afflué par milliers sont pour la pluplart des internautes. Ils ont pu à tout moment poster des commentaires sur le site bayrou.fr et sur d’autres forums. Ils ont pu participer à la campagne présidentielle de François Bayrou, et voir que leurs commentaires étaient pris en compte.
Je crois que le Mouvement démocrate ouvre une ère nouvelle dans la politique française. François Bayrou et Marielle de Sarnez vont avoir la lourde charge d’assumer ce renouveau. Ils en ont la volonté. Ils en ont le courage. C’est une politique de terrain qui est en train de se forger, aussi souhaitons-leur bon vent, et laissons le PS et l’UMP continuer de dire que le centre n’a pas d’existence ailleurs que chez eux. A ce titre, j’imagine mal une personne de centre droit à l’aise avec une personne d’extrême droite, la réciproque est aussi vraie pour la gauche. Il y a beaucoup plus de points communs et de rapprochements possibles entre les modérés qu’ils soient à droite ou à gauche.
C’est ce que propose le MoDem, rassembler les sensibilités démocrates modérées.
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