Le mystérieux docteur K.
On le savait singulier. On le découvre pluriel. On le savait engagé. On le découvre enragé. En particulier envers Pierre Péan, celui qui a mis le doigt où ça fait bobo. Certes, on avait déjà pu constater que le quidam ne supportait pas la moindre critique. Il y a quelques mois, il avait pété les plombs sur le plateau télé de France 24, la chaîne de sa compagne. Suite à un reportage un brin grinçant sur son action au fil du temps, il s’en était pris violemment à son interlocuteur, l’excellent Ulysse Gosset. Hasard ou coïncidence, ce dernier avait été limogé quelques mois plus tard dans un anonymat quasi-général. A l’inverse, le moins que l’on puisse dire est que l’affaire soulevée par le sourcilleux Péan fait grand bruit.

On connaissait les aventures humanitaires du French Doctor aux quatre coins du globe. On avait vibré dans nos chaumières aux exploits de ce Tintin modern style, qui avait troqué la houppette et les pantalons de golf contre un brushing soigné et une blouse blanche. On avait assisté, la larme à l’œil (enfin presque), à son irrésistible ascension qui l’avait conduit jusqu’à un des plus hauts sommets de l’état : l’Annapurna de la diplomatie, le ministère des Affaires Etrangères. On s’était tout de même interrogé à l’époque sur l’opportunité de ce brutal changement de camp. Puis, on avait assisté tristement à sa reconversion en matière de droits de l’homme. On l’avait vu “mangé son chapeau” après la visite douteuse du colonel Kadhafi. On l’avait entendu courageusement lâcher Rama. On avait aussi oublié ou juste passé sous silence ses propos favorables à la guerre en Irak en 2006…
Plus dur sera le chut ! A lire ce que révèle Péan dans son bouquin, il s’agit là plutôt d’étranges affaires que d’Affaires Etrangères en matière de diplôme assis (sur un siège éjectable). Une collaboration très largement rémunérée avec un dictateur africain pour ne citer que cela. Légalement autorisée, éthiquement plus douteuse. Surtout pour un parangon de vertu autoproclamé. Et, tandis qu’au lieu de faire amende plus ou moins honorable face à ces privautés prises à l’égard de la morale, l’ex-baroudeur humanitaire rue dans les brancards poussifs de la dénonciation d’antisémitisme.
Le mot cosmopolitisme anglo-saxon employé par Péan pour qualifier les tentations actuelles du saint-Bernard fait référence selon Kouchner et son aréopage, au vocabulaire usité par les fascistes des années trente. Plus fort encore, le désespérant Aphatie note dans son blog quotidien que Péan a parlé de Lévy au lieu de BHL ! Crime contre l’humanité. Procès sémantique ! Il faudra désormais convoquer devant le tribunal de l’histoire toute personne qui prononcera un quelconque substantif a priori jugé antisioniste par les biens-pensants ! On eut aimé plus de décence dans la défense de l’ex-icône…
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