Ni « chébran » ni connectés, les politiques vivent dans leur bulle
Les élections municipales approchent à grands pas et tous les candidats s’interrogent sur leurs chances de succès. Entre le candidat d’un petit bourg et l’homme politique encarté et ultra médiatisé que les médias suivent partout comme des petits toutous, il y a plusieurs univers d’écart. L’édile plus à l’aise sur les plateaux télés que dans les rues de sa propre ville vit clairement dans une bulle de laquelle il ne sortira jamais. Trop confortable, trop reposante, la bulle des nantis de la politique leur permet d’échapper à la réalité dans laquelle ils nous enfoncent.
Faisons comme le peuple ! Prenons le métro ce « lieu de charme » adoré de tous les Parisiens ! Achetons une baguette à trois euros chez notre boulanger du coin ! Et pour finir un bon repas, dégustons quelques cigares payés la modique somme de 12 000 euros ! Les affaires et autres sorties médiatiques ratées ne se comptent plus.
Je suis comme vous ! Oui oui !
Mais que diable faut-il faire pour être élu ? Se rendre sur le marché et flatter le bon peuple, claironner que l’objectif numéro 1 sera l’emploi, tout comme l’écologie, la lutte conte l’insécurité, la sauvegarde du système social… ? Tout cela est bien gentil, mais il faut encore autre chose. Il faut faire vrai ! Ressembler au peuple pour être aimé au moins le temps de l’élection et s’assurer quelques années oisives à distribuer les subventions et essayer d’inscrire son nom au patrimoine de sa cité.
Une fois que toutes les ficelles sont usées, on lance sa dauphine dans la course en espérant un portefeuille ministériel. N’est-ce pas Bertrand ? L’herbe sera plus verte ailleurs… sauf que le béton des cités dortoirs, lui, ne change pas pour tous les citoyens qui ont espéré quelque chose de leurs élites. C’est ainsi que l’on retrouve un Manuel Valls en premier flic de France, le même qui déplorait face caméra qu’il n’y avait « pas assez de White, de Blancos » dans sa ville d’Evry… Nous avons le droit de voter et le devoir de la fermer après-coup.
Vous avez dit « chébran » ?
Tout le monde se souvient de la pitoyable sortie de François Mitterrand, président de la France « câblé » et « chébran » pour qui la technologie était un mot creux, un concept sans matérialité. Déjà le chef de l’Etat ne vivait pas avec son temps. Aujourd’hui, les ministres et autres gogos politiques tweetent avec passion. Entre la porte-parole la plus nulle de la Ve République qui prend en photo son chili con carne, et un ministre improductif de l’industrie qui joue au petit coq avec des patrons étrangers, la technologie a fait une entrée fracassante dans la vie des hommes politiques. Et quelle entrée ! Pourtant s’ils utilisent les mêmes outils que nous, ils ne vivent pas comme nous.
Y a-t-il un homme sain d’esprit capable de déclarer qu’un abonnement téléphonique à 2 euros n’est pas assez cher ? Non, il faut se rendre à Bercy pour avoir le privilège d’entendre de telles inepties. La polémique entre Xavier Niel et Arnaud Montebourg a mis le doigt sur le décalage absolu entre des ministres qui pensent qu’il est bon de payer toujours plus et des entrepreneurs, des citoyens qui ont la tête sur les épaules. Pour ne pas enfoncer une ministre de la famille au mieux inutile pour illustrer une fois encore cette triste réalité, nous ne parlerons donc pas de la fameuse phrase sur le non problème de travailler lorsqu’on est victime d’un cancer.
Pour de vraies gens aux bonnes places
Beaucoup de problèmes structurels pourraient être réglés avec un simple remplacement de l’appareil politique. Un remplacement qui ne serait pas du « poste pour poste » avec des énarques tout neufs et des apparatchiks aussi ambitieux qu’incompétents. Le changement (c’est maintenant ?) doit se faire avec de nouvelles têtes. Des personnes de la société civile, de vrais praticiens des domaines qui influencent notre vie. Un Xavier Niel aurait bien plus de légitimité et serait beaucoup plus compétent qu’un Benoît Hamon, ministre de la consommation transparent, qui ne cherche qu’une seule chose depuis qu’il est ministre : ne pas être trop associé au maudit gouvernement Ayrault.
Il faut des hommes et des femmes qui savent de quoi ils parlent et qui agissent avec efficacité dans l’intérêt général. L’intérêt général ? Oui, c’est le machin qui est censé diriger l’action de tout homme public. Un machin peut-être trop ringard pour les chébrans de la politique.
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