Nouvelles d’Allemagne…
Depuis sa « brillante réussite » (41,5% des suffrages) aux dernières élections législatives du 22 septembre, Mme Merkel n’a pas donné beaucoup de ses nouvelles. Portant elle n’a que jusqu’au 22 octobre, date de la rentrée au Bundestag, pour indiquer avec quelle type de coalition elle entend gouverner, puisque son parti à lui seul n’a pas la majorité des sièges et que son allié, le parti libéral (FDP), a disparu du paysage parlementaire allemand.
Elle a le choix de négocier un contrat de coalition avec les Verts (8%) ou le SPD (25,7%), hypothèses concurrentes, alliance existantes déjà au niveau de la gouvernance de certains länder. Les rencontres sont allées bon train ces dernières semaines. Mais c’est sans surprise que la chancelière devrait annoncer un grand gouvernement de coalition avec le SPD, un peu comme si Hollande annonçait un gouvernement PS/UMP…
L’Allemagne ne cesse de nous surprendre. Ainsi les Verts ont-ils récemment tourné une page historique au sein de leur organisation. Le 8 octobre ils ont désignés comme coprésidents de leur groupe parlementaire Anton Hofreiter et Katrin Göring-Eckardt. C’est toute une génération nouvelle de députés verts qui ont fait leur entrée au Bundestag. Sur les 631 sièges que compte cette assemblée, ils en ont obtenus 63.
Les règles de renouvellement, de parité et d’égalité entre les deux principaux courants (les « Réalos »/modérés et les « fundis »/plus à gauche) ont été scrupuleusement respectées.
C’est donc une génération n’ayant pas participé à la création du parti en 1980 qui accède aux responsabilités Anton Hofreiter (43 ans) et Katrin Göring-Eckardt (47 ans). Le renouvellement des générations est donc bien à l’œuvre.
On envie cette exemplarité à respecter l’ensemble de ces règles, nous les français avec une assemblée de mâles, blancs, vieux, cumulards et machistes, comme vient une fois de plus le confirmer le dernier incident à l’Assemblée nationale.
C’est donc avec cette nouvelle équipe que Mme Merkel va s’entretenir aujourd’hui aux fins de faire un tour d’horizon sur une éventuelle coalition commune. Les verts s’y sont préparés, mais sans y croire vraiment, tant l’écart idéologique avec les ultras conservateurs de l’Union CDU/CSU est grand. Un tel compromis n’aurait pratiquement aucune chance de passer auprès de la base. Une base remontée à bloc suite au drame de Lampedusa et qui réclame une plus large ouverture des frontières de l’Europe. Ce qui est impensable aux yeux du ministère de l’intérieur CSU.
Aussi dès le 14 octobre Mme Merkel va entamer des discussions plus sérieuses avec le SPD, discussion déjà engagées depuis le 4 octobre. Un échec, impensable, ouvrirait une période de crise inédite en Allemagne. Elle pourra s’appuyer sur les sondages qui donnent une majorité d’allemands (46%) favorable à une alliance avec le SPD, alors qu’ils ne sont que 22 % à le souhaiter avec les Verts (sondage télévision N24).
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