Orange, le nouveau bras armé économique de l’UMP ?
Parce que les liens avec l’UMP se font trop nombreux chaque jour. Parce qu’une telle amitié entre un groupe privé et un parti politique au pouvoir reste forcément dangereux pour la démocratie. Parce que la limite avec l’illégalité semble se franchir allègrement…

Doute N°1
Commençons par le commencement c’est à dire par les faits troublants les plus anciens. Des faits révélés notamment sur le blog de Jean-Marc Manach qui précisait l’étrange activité d’un certain François de la Brosse créateur de la fameuses NSTV, la Nicolas Sarkozy TV.
Un François qui se ventait d’ailleurs de n’être pas rémunéré pour son travail, malgré les frais de campagne Sarkozien s’élevant à 675 571 euros en dépenses internet (cf Politique.net), tout en omettant de révéler qu’il profitait indirectement du carnet d’adresses de l’Elysée. Ni plus ni moins.
Et justement, alors que cette société possède une richesse incroyable d’éminences grises dans les technologies de la communication et du web, Orange s’est bizarrement tourné vers un prestataire externe pour réaliser son portail intranet multimédia, véritable Orange TV. Et devinez qui a remporté le contrat ? François de la Brosse…
Doute N°2
Beaucoup moins discret, la nomination du Stéphane Richard, actuel directeur de cabinet de Christine Lagarde, à un poste élevé dans la direction générale d’Orange.
La commission de déontologie, saisie pour éviter une nouvelle affaire Pérol, a autorisé - évidemment - cette promotion spectaculaire, véritable catapultage plus qu’un simple piston d’un proche de Nicolas Sarkozy.
Autorisation sous réserve que l’intéressé ne communique plus avec ses anciens collègues de Bercy (voir lepoint.fr). A l’heure de l’internet, des SMS ou blackberry, le citoyen moyen trouvera forcément très drôle cette pitoyable restriction, de part la facilité à la transgresser en toute discrétion.
Pour l’anecdote, comme précisé dans la biographie du Point, Stéphane Richard est le petit-fils de militants communistes, le fils d’une fervente supportrice de Ségolène Royal, ayant servi Dominique Strauss-Kahn du temps où il était au ministère de l’industrie. Monde cruel et si petit…
Doute N°3
Orange une entreprise déjà bien aidée par des autorités ou administrations de l’Etat français, notamment le CSA qui s’oppose régulièrement à l’ARCEP en charge de la régulation du marché des télécommunications notamment.
Ainsi en avril 2009, dans un article d’Ariase.com, le CSA déboutait les deux concurrents d’Orange en litige contre la firme au carré et sa chaîne Orange Sport, contrairement à l’ARCEP qui “ne l’entendait pas de cette oreille”. D’ailleurs on a apprend ce matin, coïncidence troublante, que la cour d’Appel autorise de nouveau la commercialisation d’Oange Sport en exclusivité pour les abonnés Orange, trouvant donc légitime que cette société puisse donc posséder à la fois les tuyaux et les contenus associés, une situation de monopole inédite et pourtant illégale ordinairement.
Doute N°4
Toujours une complaisance de tous les instants qui s’explique par les relations historiques entre l’Etat français et France Telecom dont beaucoup de salariés possèdent le statut de fonctionnaires.
Ainsi comment imaginer un tel laxisme vis à vis du cartel des télécoms (Orange, SFR, Bouygues) empêchant toute nouvelle concurrence sérieuse, susceptible de faire baisser les prix.
Pire, les fournisseurs actuels d’internet sont obligés de verser une location exorbitante pour exploiter le réseau cuivre - la boucle locale reliant votre domicile à votre central téléphonique - un réseau largement rentabilisé depuis de part l’abonnement historique France Télécom.
Xavier Niel précisait aux journalistes que sa société Free a dû payer à Orange en 2008 pas moins de 600 millions d’euros pour un réseau de 30 ans d’âge dont 50 millions pour celui de Paris datant d’un siècle !
Le seul moyen d’éviter ce racket reste la construction de son propre réseau de télécommunication à savoir la fibre optique. Et où la justice et Orange traînent habilement des pieds pour voir cette révolution se mettre en place.
Concernant le cartel, il a déjà été épinglé par l’UFC Que Choisir et par des procédures judiciaires pour une entente anticoncurrentielle. Là encore, tout est fait par le gouvernement Sarkozien pour retarder l’arrivée d’un 4 ème opérateur de téléphonie mobile en augmentant à chaque fois le prix de la 4ème licence 3G (3ème génération) ou en modifiant de manière contraignante les modalités de paiement.
Et comment expliquer, comme le précise là encore Xavier Niel, qu’ “une minute de communication mobile vingt fois plus chère que la minute de communication fixe” alors que “déployer un réseau mobile coûte vingt fois moins cher que de déployer un réseau fixe” ?
Doute N°5
Qui mieux qu’un FAI peut faire régner la nouvelle législation HADOPI ? Car au niveau européen, la donne va changer d’ici septembre avec la nouvelle composition du parlement - les fameuses élections européennes - qui donnera malheureusement et probablement, plus de sièges aux néoconservateurs du PPE (dont font partie le CDU allemand et l’UMP français). Ainsi le paquet télécom deviendra certainement une étrange copie de la loi HADOPI, et il ne restera plus ensuite qu’à l’appliquer.
Seuls les FAI, dont Orange sera le précurseur, pourront faire respecter la loi, et ne se priveront pas de dénoncer les fautifs pirates.
Doute N°6
On apprenait hier par TheInquirer.fr que Orange Business Services, filiale d’Orange pour les entreprises, a censuré sur son site extranet dédié à la sécurité, l’intervention d’un de ses employés. Il y parlait des dangers et des risques d’HADOPI. Aujourd’hui, l’article a disparu puis est réapparu en cours de journée, sous prétexte de modération des commentaires. Orange fait donc mieux que TF1 en bâillonnant littéralement ses propres salariés.
Lien N°7
Orange a plus que besoin d’un soutien de poids contre la jurisprudence anti-antenne relais. Avoir dans ses rangs, un membre du réseau sarkozy permettra forcément d’imposer une clémence aux futures affaires en cours concernant le démontage ou non d’antenne de téléphonie mobile. Le dernier épisode en date se déroule à Chateau-Thierry, où Orange n’a pas respecté le contrat initial avec la commune en construisant à 68m d’une école son antenne au lieu des 98 mètres minimum demandés. Le maire a dû fermer l’école et répartir les élèves dans d’autres établissements scolaires par souci de précaution. Histoire d’éviter probablement les taux anormaux de leucémie découverts dans une école de Saint Cyr l’Ecole qui avaient entraînés le démontage des antennes montées sur son toit. Etrange pour des moyens techniques “inoffensifs” et aux normes.
Rajoutons les propos de Roselyne Bachelot qui trouvait récemment que les portables étaient plus préoccupants que les antennes relais. Pratique quand on sait qu’il n’y plus aucun grand constructeur de téléphone français - Sagem est redevenu très petit face aux géants Nokia, Apple et surtout Sony-Ericsson.
Histoire d’éloigner la paranoïa des entreprises françaises de téléphonie, argentiers officiels ou officieux de l’UMP ?
Et après Orange, Atos Origin sera-t-il le prochain bras armé de l’UMP ? A moins que cela ne soit déjà fait avec la nomination de Thierry Breton et le magot des radars automatiques (voir ici)…
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