Pour qui sonne le glas ...
Ce lundi 25 août 2014 restera certainement, une date très marquante dans l'histoire de la République. Peut-être aussi importante que fut le 14 juillet 1789 pour la Révolution française.

Personne ne s'y attendait. La veille, à la fête de la Rose à Fangy-en-Bresse, Arnaud Montebourg fustigeait la politique de François Hollande et de son gouvernement. On pouvait facilement penser que, suite à ses propos, le Ministre de l'Économie allait être sanctionné, mais on n'aurait jamais pu s'imaginer que cette attaque pouvait déclencher un séisme au sein du Parti socialiste, comme au plus haut niveau de l'État.
Le nouveau gouvernement Valls qui écarte désormais Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Aurélie Filippetti va être très rapidement confronté à une fronde qui risque de dépasser vite les 40 députés socialistes contestataires. En fait, et globalement, la gauche va se retrouver derrière les non hollandistes, c'est-à-dire tous ceux et celles de la majorité qui ne soutiennent plus le Président de la République dans ses réformes et dans ses actions.
L'heure est grave. La France déjà au bord de la faillite économique et sociale, est plongée maintenant dans une crise politique sans précédent dans toute l'histoire de la cinquième République.
Avec un peu d'imagination et beaucoup de bon sens, on pouvait croire, voici encore quelques heures, que François Hollande et Manuel Valls allaient changer de cap et mettre en place une autre politique. Et même si cette supposition était bien mince, il y avait encore chez les Français une lueur d'espoir susceptible d'entrevoir des horizons nouveaux.
Hélas, le Président et son Premier Ministre persistent, signent et ne s'en cachent pas : ils continueront à suivre la même direction, coutent que coute, même si on va « droit dans le mur ».
Alors, que devrait faire le Chef de l'État face à une situation dramatique ? La logique voudrait qu'il décide la dissolution de l'Assemblée Nationale, ce qui me paraît aujourd'hui, la moindre des mesures. Mais, s'il ne prend une telle décision, sans changer pour autant ses orientations économiques, à l'heure actuelle, toutes désatreuses, François Hollande va entraîner la France dans l'agitation, l'insurrection, et au final dans la débâcle qui elle-même mettra un terme à la démocratie et à la République.
Oui, le glas de la République vient de sonner.
Nous sommes arrivés vers la fin de l'ère républicaine, et très sûrement de la cinquième République ; de la même manière que le 14 juillet 1789 avait sonné en son temps le glas de la monarchie.
Si nous voulons sauver la démocratie, il faut instaurer rapidement une assemblée constituante qui mettra en place la sixième République : une république recentrée sur l'Assemblée nationale avec un peuple français devenu souverain.
Aujourd'hui, François Hollande n'a plus de légitimité. Soit enfin, mais peut-on y croire, il décide de changer sa politique, une fois pour toutes, soit il doit donner sa démission et partir.
Faute de quoi, le peuple de France devra clairement le lui rappeler et en décider autrement.
Pierre Reynaud
écrivain. Auteur de « Révoltez-vous ! »
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