Qui connaît Marielle de Sarnez ?
Avant de vous entretenir de celle qui hante le parti centriste depuis plus de trente ans, avant de vous parler de cette diva parisienne entrée en politique pour soutenir la candidature de Valéry Giscard d’Estaing à l’élection présidentielle de 1974, avant d’évoquer celle qui assista quatre ans plus tard à la création de l’UDF, et qui continuera très vraisemblablement à tirer les ficelles au MoDem, j’aimerais vous parler d’Anne de Montmorency.
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Avez vous déjà entendu parler d’Anne de Montmorency ?
Non Anne de Montmorency n’est pas une femme... mais un homme. Chevalier élevé au rang de connétable.
Le connétable du latin comes stabuli, comte de l’étable, était une haute dignité chargée de commander l’armée avec un rôle d’arbitre qui consistait à régler les différends entre chevaliers ou nobles pour les réconcilier. Le tout par le truchement d’une juridiction assez originale, le tribunal des maréchaux de France institué par Louis XIV pour mettre fin aux duels.
Anne de Montmorency était un des ces connétables. Filleul de la reine Anne de Bretagne, de laquelle il tient son prénom. Il fut élevé au château d’Amboise à côté d’un futur roi de France, François Ier avec lequel il participera à la fameuse bataille de Marignan en 1515... On y reviendra !
La ressemblance avec un chevalier contemporain, qui rêve de jouer ce rôle d’arbitre de la vie politique française, saute aux yeux.
Qui n’a pas entendu parler de ce connétable des temps modernes qui souhaite réconcilier chevaliers de droite et chevaliers de gauche ?
Sans avoir à donner son nom, il aisément reconnaissable !
D’ailleurs le choix de cette photo, prise au château de Chantilly en 2004, et qui met en scène ce preux chevalier marchant fièrement vers son destin est loin d’être fortuite. Elle illustre, par certains aspects, la dure réalité et les turpitudes que le valeureux chevalier du temps présent doit affronter en ce moment même.
Alors qu’on le voit, ‘’par le miracle de la photographie’’, quasiment marcher sur les nuages, la triste évidence nous laisse entrevoir que le piédestal qui lui a permi de s’élever au-dessus de tous est aussi ce qui le fige dans un présent immobile au lieu de le laisser dans son mouvement avancer vers le futur.
En cherchant bien on pourrait facilement retrouver qui durant cette valeureuse campagne présidentielle de l’an 2007 a joué ce rôle de piédestal figeant notre valeureux chevalier des temps modernes au lieu de le mettre en mouvement...
Là aussi toute ressemblance avec une femme jouant le rôle de ce "piédestal" est loin d’être fortuite... Quel triste dilemme !
Choisir entre s’élever ou avancer est parfois difficile mais s’il faut choisir... la triste réalité commande souvent d’avancer à même le sol plutôt que de chercher à s’élever et sacrifier au mouvement.
C’est de la stratégie !
Anne de Montmorency avait participé à la bataille de Marignan au côté de François Ier, un autre vaillant chevalier qui s’est à son tour avéré aussi noble et chevaleresque que piètre stratège, incapable de tirer parti des innovations technologiques de son temps.
J’ai pu lire quelque part : "À ce titre, la bataille de Marignan est remarquable. François Ier place son artillerie, pourtant l’une des plus performantes d’Europe, derrière sa cavalerie, la rendant ainsi inefficace."
Comme notre chevalier contemporain qui sacrifie sa jeune garde et se prive de ses plus vaillants guerriers voire de leurs armes les plus modernes. Internet n’est-il pas cette artillerie des temps modernes que toute cette jeune garde dont nous faisons partie maitrise. Ne sont-ils pas à certains égards les seuls vrais artilleurs canonniers des temps modernes aptes à livrer bataille et pourquoi pas sortir victorieux ?
Si François Ier a pu revenir victorieux de la bataille de Marignan en dépit de cette bêtise stratégique, notre chevalier des temps modernes et son piédestal immobilisant [1] sortiraient-ils avec autant de gloire de la bataille des législatives et au-delà ?
En fait pour revenir au sujet principal, et à la question "qui connaît Marielle de Sarnez ?", nombreux de ceux qui la connaissent trouvent qu’elle est d’un certain point de vue comparable à ce piédestal grâce auquel la statue d’Anne s’èleve vers les nuages. Elle a en effet permis à François Bayrou de faire une campagne originale et de gagner en visibilité et de s’élever comme Anne de Montmorency sur son piédestal.
Cependant, si ce piédestal lui a permis de surplomber "momentanément" le jeu politique et d’être vu de tous, c’est aussi ce même piédestal qui l’empèche (et l’empéchera à l’avenir) d’avancer convenablement vers des conquètes futures comme cette statue dont le mouvement est figé pour l’éternité dans ce magnifique parc du château de Chantilly...
Notes
[1] Pour l’histoire c’est encore par la faute d’une femme, Anne de Pisseleu, favorite du roi François Ier, que le connétable de Chantilly tombera en disgrâce en 1541 après avoir renoncé à cette politique pacifique qu’il défendait...
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