Saint-Just * L’Archange de la Victoire II
https://shivashaktishanti.wordpress.com/2023/02/08/saint-just-l-archange-de-la-victoire-2/
Je veux vous parler de L’Archange de la Victoire, Louis-Antoine Léon de Saint-Just. Saint Juste pour les intimes, ce grand homme qui n’a plus de prénom, mais dont l’image et la mémoire au fur et à mesure des siècles furent subjectivement dévoyées par les mœurs politiques de chaque époque depuis sa mort le 10 thermidor An II (28 juillet 1794).
La France affectionne la politique historique du bouc émissaire et le prosélytisme facile qui en découle, alors qu’elle ferait mieux sa propre analyse quand des abominations ont été commises en son nom ou des excès actés en son sein pour sa propre perpétuation. Elle préfère détruire ses héros, dénaturer leur essence, nier la transcendance de leurs motivations désintéressées pour les transformer en épouvantails démoniaques qui portent pour tous le bonnet d’âne de service. Elle choisit de nier leur abnégation patriotique pour mieux admirer les héros étrangers qui, n’appartenant pas à la communauté de cœur, échappent à la critique acerbe du français de base qui a toujours gardé un penchant pour la flagellation Œcuménique.
Le roi est mort, vive Saint Just !
La mort rituelle de Louis XVI dit Capet s’accompagne d’une déchristianisation qui lui emboîte le pas, car Jésus doit tomber en même temps que le roi. La France libérée de ses chaînes spirituelles s’extirpe de l’influence morale étrangère du Vatican. On réquisitionne ses églises non pour les détruire, mais pour les reconvertir en temples de l’égalité où tous les cultes ont leur place comme chaque citoyen.ne dans le cœur républicain. Le siècle des Lumières n’a pas réalisé sur sa fin que les débordements de l’humanité en insurrection ne sont ni contrôlables ni organisables. La spontanéité des accomplissements au présent se fait dans une improvisation presque tribale. Imaginer que quelque homme, club, loge ou gouvernement étranger fort puissant en tire les ficelles, est une fable pour crédules.
Le dévouement des révolutionnaires est renforcé par le fait qu’ils incarnent en chair le peuple souverain conquérant. Celui qui ose s’imposer au centre par l’acte régicide, que l’on considère aujourd’hui comme terrible, mais qui est le fondateur de notre liberté civique. Un véritable patriotisme exacerbé émerge collectivement et démontre tout le contraire du sectarisme royaliste, mais de la fraternité, de l’inclusion par les valeurs communes du noyau républicain. La mort du roi abolit la loi du sang. Par évidence morale, l’esclavage est aboli un an plus tard par la convention nationale le 4 février 1794, pour être rétabli par l’empereur populicide Napoléon Ier qui se conforme au marché commercial de son époque.
Si chaque humain est utile conformément à ses talents, l’authenticité de chacun est révélée par cette interaction d’échange fraternel, qui se substitue à la division communautariste, la compétition par comparaison et la publicité du plus vil. Chacun prend sa place naturellement à sa bonne essence et se transcende ainsi dans sa propre existence. Malheureusement, la nature humaine reste indomptable. L’intéressement personnel des uns et des autres et l’hypocrisie des mœurs sociales ancestrales qui restent inchangées font capoter le processus révolutionnaire à son terme, ralentir intrinsèquement la nature même de tout changement drastique.
La terreur ou la vertu – l’archange multitâche
Saint-Just n’aurait pas aimé qu’on le particularise du gouvernement révolutionnaire ou de la Convention nationale. Exécrant le culte de la personnalité les conventionnels ont essayé vaillamment de nous donner de manière collégiale des institutions dignes des Droits de l’Homme & du Citoyen. Comme un tout et un ensemble l’unanimité doit régner au-delà de toute orthodoxie de vue. Ils ne rayonnent qu’au travers de chaque pierre de changement à ériger durablement, comme la nouvelle assemblée. La ferveur de leur fonction est seulement le reflet de la légitimité du peuple souverain fier de ses avancements, qui les a élus comme représentants députés au service de la patrie et dans un oubli d’eux-mêmes au service des autres, incorruptibles. C’est un véritable sacerdoce républicain de leur point de vue, ce qu’ils nomment la vertu.
Ils se moquent de la gloriole suscitée par la célébrité. Elle fut soudaine pour Saint-Just qui devient l’un des députés les plus notoires de la convention en 48 heures après son discours inquisiteur sur la mort du roi le 13 novembre 1792. Il a justement ce cran pour exprimer tout haut ce qui se trame tout bas dans les clubs populaires de tendance montagnarde. Il monte de son plein gré sur la roche tarpéienne ordalique. Selon lui, c’est au plus jeune de se sacrifier aux basses besognes du groupe.
Il devient le porte-plume du comité de salut public qui lui impose la tâche difficile de rédiger tous les rapports contre les factions comme procureur au service de la convention. L’histoire sélective condamne sa mémoire à jamais dans ce costume d’archange qui les dirige tous par son réquisitoire froid au tribunal révolutionnaire de la mort pour trancher la fraternité en deux. Les brissotins (girondins) tombent le 31 octobre 1793. Les barnavistes de la Plaine les suivent en novembre par petites grappes. Le 24 mars 1794 la faction enragée des hébertistes représentant la sans-culotterie est décimée. Le 5 avril, les dantonistes indulgents passent à leur tour sous le rasoir national. La loi du 22 prairial (10 juin) accélère le processus d’épuration politique dans le but de maîtriser la guerre civile. Saint-Just aussi est guillotiné le 10 thermidor An II, jour de l’arrosoir (28 juillet) avec ses alliés robespierristes et la Commune de Paris, sans procès, dans la plus grosse fournée thermidorienne de l’été 1794.
La terreur, qui est une formule de propagande chère aux sans-culottes et qui circule tout au long de la révolution française, ne cesse pas après leur mort. Elle devient concept politique après-coup, adéquat pour tous les agioteurs vainqueurs de l’après-Thermidor, dédouanant la convention et ses députés de toute responsabilité dans l’élimination des factions et des ennemis de guerre intérieure. Dès Thermidor, les publicistes élaborent une légende noire puissante sur la terreur avec un grand T comme système de gouvernement, que quelques chefs montagnards terroristes auraient imposée pour exercer un pouvoir absolu à l’insu de la convention. Le « triumvirat Robespierre – Saint Just – Couthon », l’hydre à trois têtes est terrassée avec toutes ses nouvelles idées sous le coude, trop bouleversantes pour le commerce déjà international.
L’échec de la révolution est le monde dans lequel nous vivons.
Les conventionnels de 1792 n’avaient pas imaginé cet épilogue d’un seul maître du monde qui, sous la forme du capitalisme vient assujettir toutes les nations à sa propre survivance. Leur défaite a permis au despote moderne de s’installer économiquement dans nos mœurs durablement comme seule paradigme de réalité mondiale, basé sur l’exploitation des êtres et des ressources. Les thermidoriens gagnent la guerre fratricide de pouvoir. Ils préparent le retour des mœurs de l’Ancien Régime déguisé en empereur de l’exploitation, excellent terreau colonialiste pour que la physiocratie bientôt financialiste triomphe pour nous asservir jusqu’à aujourd’hui. L’histoire s’est refermée sur la république idéale que les révolutionnaires de l’an II ont tenté de constituer pour notre salut public, comme s’ils avaient laissé leurs dossiers en cours dans une urne de cèdre pour les prochaines générations.
N’oublions jamais que les fondements du capitalisme comme système s’édifient sur la traite des esclaves grâce au commerce triangulaire entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques, par la collaboration par intérêts communs.
Une sacrée épuration serait nécessaire pour la nation de tous ceux qui ont des responsabilités, de ceux qui ne travaillent pas pour les intérêts de la France ou de l’Europe, mais comme des aristocrates bien placés par le grand capital à nos dépens exclusifs, valets de multinationales, fonds d’investissement, lobbies, laboratoires et corporations à intérêts étrangers. On n’envisage pas de taxation congruente, de prise en compte du contentieux social ou terrestre, de contrôle ou surveillance de ces non-élus par le peuple. Ces gestionnaires d’actifs en bourse, réseaux sociaux, spéculateurs sont aujourd’hui plus puissants et riches que des nations toutes entières. L’argent est le seul être suprême qui vaille. Il ne distingue pas de bien ou de mal par la quantité seule jaugée par l’achat et la vente, au travers desquels tu dois exister et trouver ton salut personnel dans l’individualisme rituel.
La Terreur c’est maintenant.
La tyrannie repose sur le principe régalien de demander toujours plus à ceux qui n’ont déjà plus rien. Taxer les pauvres, c’est comme prélever de l’eau croupissante d’une minable flaque alors que 50 mètres plus loin, il existe un puits débordant d’eau claire et abondante. Comme dans un monde à l’envers, le « maximum » est appliqué aux pauvres par le biais des minimas sociaux de survie. Quand l’indigence devient préférable au travail honnête, c’est toute la structure du système qui est à changer, à remplacer, les citoyens n’aspirent même plus au bonheur, ils y ont renoncé.
Cette barbarie capitaliste dite « libérale » domine toutes les populations mondiales comme ses esclaves, ses contrevenants de dettes et erreurs stratégiques d’intérêts étrangers à payer de leur dîme de soumis. La liberté est flétrie par des guerres fratricides de conquête géopolitique et économique, au nom d’un algorithme qui calcule tout ce que tu vaux. Le monopole absolu sur lequel repose leur pouvoir de nous asservir par la dictature économique et sociale est le tyran à abattre.
L’utopie d’un cœur républicain indestructible se constitue par l’alliage du peuple et de la petite bourgeoisie comme rempart unifié contre la minorité possédante qui, avantagée d’emblée par le capital de naissance, cherche toujours à asservir la majorité à son seul détriment. Légiférer sur toute différence de traitement établie par ce que la nature a produit d’injuste, par des lois et des institutions malléables qui s’ajustent aux mœurs évolutives dans le temps. On a jeté cet idéal révolutionnaire dans la Seine en même temps que les cendres de Marat, plutôt qu’entretenir au Panthéon sa mémoire avec tous les députés représentants en mission les plus exemplaires qui devaient l’accompagner.
Cet article est la suite de PARTIE I – LES REPRÉSENTANTS DU PEUPLE ENVOYÉS EN MISSION aux ARMÉES par la CONVENTION NATIONALE = https://shivashaktishanti.wordpress.com/2023/01/20/saint-just-l-archange-de-la-victoire/
3s ©Shiva Shakti Shanti (2023)
https://shivashaktishanti.wordpress.com/
https://shivashaktishanti.blogspot.com/
https://www.youtube.com/user/ShivaShaktiShanti
Universalisme au Féminin – 3s – Chevalière de Saint Just = https://www.facebook.com/shivashaktishanti.3s
Twitter = https://twitter.com/Shanti3s
Instagram = https://www.instagram.com/shivashaktishanti.3s/
33 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON