Une « Bayrou de secours »
Le candidat-président va peut-être jouer son va tout, en proposant au patron du modem de devenir son premier ministre, puisque l’élection de ce dernier semble problématique, même si les français, majoritairement, sont prêts à le choisir pour partager leurs vacances.

Après plusieurs signes avant coureurs, le 18 avril, alors qu’étrangement Sarközy et Bayrou faisaient campagne dans le même secteur, l’un à Arras, (lien) l’autre à quelques kilomètres de là. lien, Sarközy pourrait bien offrir la place de premier ministre au candidat béarnais.
D’ailleurs dès le 13 avril, Valérie Pécresse, avait estimé que Bayrou ferait un très bon premier ministre de Sarközy. lien
On se souvient que le même jour, Bayrou avait refusé tout mariage avec Hollande ou Sarközy (lien) mais on connait l’inconstance des hommes politiques, et leur faculté à changer d’avis plus vite que de chemise.
Au départ, c’est à Calais que devait se rendre le 18 avril, le président sortant, et on peut s’interroger du brusque changement du lieu de son meeting.
Coïncidence peut-être, mais tout de même, lorsque l’on songe que dans la ville d’Arras, après un deal, l’UMP et le modem, main dans la main, s’occupent des destinées de la ville, on est en droit de s’interroger. lien
Récemment, Bayrou a critiqué les ralliements tardifs en faveur de François Hollande de quelques anciens soutiens sarkozistes, dénonçant « ceux qui veulent toujours être du coté du manche, du coté du pouvoir en place », les comparant à ces animaux pyrénéens qui pratiquent la transhumance, (lien) stigmatisant à l’évidence Fadela Amara, Martin Hirsch, Corine Lepage, son ancienne alliée. lien
En tout cas, Christian Jacob, président des députés UMP s’est mis en colère, dénonçant ces soutiens qu’il juge indignes, Copé déclarant sa « déception », alors que pour Hubert Falco « l’attitude d’Hirsch est frappée d’ingratitude », et que Laurent Wauquiez l’accuse « d’aller à la soupe ». lien
On se souvient que la vice-présidente qu’elle était, avait claqué vigoureusement la porte du Modem allant jusqu’à assister, par provocation peut-être, à un meeting écologiste en Alsace. lien
François Bayrou va-t-il accepter, car si au deuxième tour, Sarközy perd, il entraine définitivement dans sa chute le leader centriste, dont le parti, largement phagocyté par l’autocrate présidentiel, celui-ci ayant attiré dans son camp de nombreux responsables du modem, serait marginalisé pour longtemps.
Si le président sortant gagne un second mandat, connaissant son « caractère affirmé », Bayrou ne tiendrait peut-être pas aussi longtemps que Fillon la place de premier ministre.
En tout cas, d’après le « Canard Enchainé », Marielle de Sarnez, directrice de campagne de Bayrou, ce dernier, sans donner de consigne de vote, voterait à titre personnel pour Nicolas Sarközy, ce qu’elle aurait confié à Hortefeux et Borloo. lien
D’ailleurs, détail cocasse, voire amusant, les français viennent de recevoir les professions de foi de chaque candidat, et ils auront peut-être remarqué que Bayrou, tout comme Sarkozy, a le regard tourné vers la droite.
Seule différence, alors que le candidat du Modem arbore un sourire très ouvert, le sourire du candidat de la droite est moins évident, et ses lèvres sont serrées, comme s’il préparait un « mauvais coup ». photo 1, photo 2
A noter que les autres candidats regardent en face, à part peut-être Mélenchon qui regarde légèrement en haut, comme s’il attendait un miracle venu du ciel. lien
Mais si, en fin de compte, Bayrou refuse la proposition, considérant qu’il s’agit d’un piège tendu, on peut imaginer que l’autocrate président ait une autre carte dans sa manche, proposant la place à Villepin, son ancien meilleur ennemi, celui qu’il voulait accrocher à un croc de boucher.
N’a-t-il pas déclaré le 17 avril qu’il était prêt à pardonner à Villepin, en affirmant qu’il « avait besoin de tout le monde ». lien
Alors, lorsque des politologues avertis déclarent sans hésiter que « la campagne présidentielle est fade et sans intérêt », attendant un improbable sursaut pour réveiller le citoyen qui sommeille, on peut s’interroger sur leur pertinence, car si un président, essayant d’arracher par tous les moyens la décision finale, prêt à s’allier avec ses ennemis, tentant à la limite du désespoir de faire basculer le vote en sa faveur, leur parait sans grand intérêt, on peut être légitimement surpris. lien
En attendant le président candidat laisse planer le suspense et déclarera entre les deux tours celui qu'il aura comme premier ministre, ayant déjà dit-il « une idée assez précise de son choix ». lien
En attendant, l’autocrate président continue à descendre dans les sondages, atteignant la barre des 24%, et au second tour, Hollande l’emporterait avec 6 points d’avance sur son rival. lien
Qu’il se rassure, comme l’a remarqué Serge Llado dans son bêtisier du 18 avril, sur l’antenne d’Europe 1,, Jean Claude Godin, sur les bancs de l’Assemblée Nationale, a appelé tous les députés UMP à voter en masse pour « Sarkoli ». lien
Il peut donc se rendormir tranquille.
Comme dit mon vieil ami africain : « l’amour du méchant est plus dangereux que sa haine ».
L’image illustrant l’article vient de « campagneennord.fr »
Olivier Cabanel
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