Tiens voilà du Bouddha, voilà…
Steven Seagal aurait été identifié par Penor Rinpoché, maître de l'école bouddhiste tibétaine nyingmapa, comme tulku, c'est-à-dire réincarnation d’un grand Lama tibétain (Chungdrag Dorje) (source).
Avant de devenir acteur, Steven Seagal a exercé plusieurs métiers :
-Passionné d’Aïkido dans sa jeunesse, il accède très vite au rang de maître et est le premier étranger à ouvrir un dojo au Japon. Tiens, tiens, le Japon, ce n’est pas la voie royale pour aller vers le bouddhisme tibétain,...
-Il a travaillé pour la CIA, puis est devenu garde du corps du président Reagan. (source).
Du statut de Lama :
Partant de cet exemple surréaliste, il convient d’aller voir du côté de ce qu’est un Lama. Et là, patatras, je tombe des nues, ce n’est pas un Bouddha qui existe au Tibet, ils sont plus de 100 actuellement en vie !
Le Dalai Lama, lui, c’est le super Bouddha, un peu comme Bush ou Obama qui commandent, via l’OTAN, les états vassaux et leurs petits chefs qui en sont membres.
Ils sont donc, au Tibet, plus de cent à être réincarnés, à bénéficier d’un statut de demi-dieu, à avoir le droit permanent de ne rien glander … quand personnellement je me bats pour le droit à une retraite décente ….
Mais enfin, il faut que je me raisonne, et que je m’adapte ; si je me tonds et si je m’habille en robe rouge, j’aurai très certainement aussi droit à des subsides de la CIA, « purée, comme là-bas » ! Cela comporte quand même un risque avec les fachos, s’ils voient ma coupe de cheveux ils vont me laisser tranquille, par contre ma robe rouge risque de leur rappeler la gay pride. Pas simple !
Une religion à géométrie variable :
Cette ambiguïté dans la tenue n’est pas un hasard, elle reflète toute l’adaptabilité que cette religion a su démontrer au long de son existence. En effet la robe de bure, universelle chez les religieux, et parfois transformée en robe de burnes par les prêtres catholiques, elle est en tous cas un élément féminin, donc un signe de paix. La longue barbe poivre et sel, qui décore le visage des religieux grecs et les fait passer souvent pour des popes hautains, est un signe de sagesse. Le crâne rasé, lui, envoie un tout autre message.
Il y a donc à la base une contradiction dans l’acte et le message, dans le discours et le fait, et surtout une constante : le bouddhisme tibétain n’a jamais renié la violence !
Mais alors d’où vient cette image de pacifistes, de bons moines bien gentils et propres sur eux, sinon de nos propres fantasmes, besoins et identifications. Je me suis donc un peu promené de l’autre côté du miroir …
Jusqu’au XIXème siècle et depuis un paquet d’années pour ne pas dire de siècles l’ordre « monacal » règne sur le Tibet. On y coupe allègrement les bras, les jambes, les langues, on viole et on exploite les « serfs », on assure la reproduction pour les femmes et la pédophilie en général, l’illettrisme est de l’ordre de 100% chez ceux qui ne sont pas religieux, ils n’ont aucun droit, de vote évidemment mais aussi de propriété, de salaire. Bref tout va pour le mieux du moment du moment qu’aucun européen ne vient briser ce doux ordre établi (cf. Mon combat pour un Tibet moderne, récit de la vie de Tashi Tsering, Editions Golias).
Mais voila, au XIXème les voyages commencent à former la jeunesse et arrivent des exogènes, des Helena Blavatsky, des Alexander Csoma, qui viennent étudier et comparer, voire y chercher des sources.
Historiquement les caractéristiques du bouddhisme sont de se développer dans les régions extrêmement pauvres, et de s’allier avec le pouvoir en place, quel qu’il soit : en Inde avec le roi Açoka de l’Empire Maurya, en Grèce avec Ménandre, en Chine avec les Tang puis les Tubo puis les Mandchous, ensuite avec les anglais.
Mais il existe une autre caractéristique, son adaptation à l’environnement et notamment en intégrant les cultures des pays et peuples où il s’installe. Les idées révolutionnaires issues des théories de Hegel, Darwin, Marx mettent en danger l’ordre établi, Helena Blavatsky va faire venir le bouddhisme en Europe, lutter contre le matérialisme par la spiritualité, la compassion, la soumission. Son aboutissement, le concept de race-racine, prône l’établissement d’un nouvel ordre mondial fondé sur une métaphysique raciale (Alice Bailey et la métaphysique de la race www.voxnr.com ). La société théosophique voit le jour, elle va faire des émules notamment Alexandra David-Neel, C.G.Jung, et des dissidents tel Rudolph Steiner.
Mais c’est la tradition universelle poussée par René Guénon (extrême droite française) qui va permettre à l’italien Julius Evola (national-socialiste italien) de mettre au goût du jour l’idée et les valeurs d’une civilisation supérieure, d’une race pure, élucubrations sorties du Tantra de kalachakra et se référant à une guerre apocalyptique … et juste.
Mussolini puis Hitler ont surfé sur ces théories, Himmler ordonnant des recherches sur les traditions des peuples nordico-aryens via l’institut Ahnenerbe. Une mission regroupant 5 scientifiques allemands et 20 membres des SS est envoyée au Tibet en 1939 … l’un de ces membres, Heinrich Harrer deviendra durant des décennies le conseiller personnel du Dalai-Lama, et son livre, Sept ans au Tibet, va inspirer Jean-Jacques Annaud …
Depuis, voyageant du nazisme au bio, les 60 dernières années ont montré de nouveau l’adaptabilité du bouddhisme tibétain, sa grande capacité à emmener les gens vers la soumission à l’ordre établi, quel qu’il soit du moment qu’il n’est pas issu des théories Hegeliennes.
Autres liens-sources utiles :
http://fr.328tibet.cn/05/01/200902/t265749.htm
http://fr.thefreedictionary.com/Bouddha
http://www.comprendrebouddhisme.com/connaitre/bouddhisme-bouddha.html
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